HARTLEY. LES UNITAIRES
Mill, pas plus en psychologie qu'en économie politique, n'est un inventeur : ce n'est pas à l'originalité de ses découvertes qu'il doit d'avoir été considéré comme le u second fondateur » de la psychol(^ie de Fassociation, c'est à la puissance de ses facultés d'assimilation et d'exposition, ainsi qu'aux avantages de la situation qu'il occupe, aux côtés de Bentham, au centre même de la propagande radicale et novatrice.
Pendant que James Mill étudie à Édimboui^, cherche sa voie, et finit par prendre le parti de tenter la fortune à Londres, les membres de la secte unitaire conservent intact le dépôt de la philosophie utilitaire et associationiste qui leur a été légué par Priestley. Pour Cooper, pour Cogan, pour Belsham, pour Carpenter**, Hartley reste le maître infaillible, et Priestley son interprète autorisé, en attendant la réaction d'enthousiasme spiritualiste que Ghanning provoquera quelques aimées plus tard dans la secte. La religion qu'ils préconisent, c'est quelque chose comme la religion de Voltaire, la religion du sens commun et des lumières. Ils sont déterministes : mais le dogme de la Providence n'est-il pas favorable à la thèse déterministe? Ils sont matérialistes, tiennent que « la matière peut penser» : mais est-il besoin d'une substance spirituelle, de nature simple, pour que l'existence future soit possible? Prenez, nous dit Cooper, des particules de matière exactement semblables en nombre, en espèce, en situation, en propriétés, à celles qui composaient l'homme à l'instant de son décès; il arrivera
nécessairement que Tètre ainsi formé aura 1 es mêmes connaissances, les mêmes passions, que celles dont jouissait Têtre disparu ; il sera donc soumis aux mêmes mobiles d'action, capable, au même degré, de peines et de récompenses*'. En dernière analyse, le dogme delà résurrection des corps n'est- il pas un dogme matérialiste?
Thomas Belsham, en 1801, publie sous le titre d'€ Éléments de la Philosophie de TËsprit et de la Philosophie Morale» un bref manuel de logique, de psychologie et de morale. Il avertit le lecteur dans sa préface qu'il a essayé d'étudier Kant chez ses commentateurs, mais que, n'ayant pas réussi à le comprendre, il a choisi de ne pas faire mention de son œuvre : il veut vulgariser c la doctrine de l'Association, commencée par Locke, perfectionnée par Gay, mûrie par Hartley, et éclairée par les recherches lumineuses du docteur Priestley » ** ; et c'est dans son livre, comme dans tous les écrits des unitaires, un mélange équivoque de positivisme et de religiosité. Il insiste d'abord sur l'importance sociale de la nouvelle psychologie, qui « met l'homme d'état bien informé et sagace en mesure d'apprécier exactement le véritable intérêt de la collectivité», et, en second lieu, « de diriger les passions diverses et les intérêts rivaux des partis et des individus vers te bien général » *^ Mais il n'oublie pas que le véritables but de son exposé, associationiste, utilitaire, détermi^ niste, matérialiste, c'est l'édification du lecteur : ca^c*— « des vues bien fondées sur la nature humaine et ToblL