THOMAS BELSHAM
gation morale tendent à imprimer à l'esprit un juste sentiment de Tinestîmable valeur de la révélation chrétienne, qui place la doctrine d'une vie future sur le seul fondement que la philosophie puisse approuver : une résurrection des morts »^^. James Mill, en mai 1802, dans VArUijacobin ijemcio**, analyse le livre récemment paru de Belsham : c'est, peut-être, la première fois qu'il a l'occasion d'étudier directement la philosophie de Hartley, et non plus de la connaître seulement par des réfutations académiques. Il la juge sévèrement, oppose, à des hypothèses qu'il tient pour simplistes et gratuites, la méthode d'observation, plus prudente et plus sûre à son gré, qu'appliquent Reid et Dugald Stewart. Quatre ans plus tard, il dénonce encore un matérialisme qui, «soit qu'on le jette dans le moule d'Helvetius soit qu'on le jette dans celui de Hartley», lui paraît « également opposé à la raison, et funeste par ses tendances » ". Puis il pénètre dans l'intimité de Bentham, et, devenu Bartleîen, il accuse l'école de Priestley d'avoir contribué au discrédit de la philosophie de l'association: car Priestley, nous dit-il, « n'était pas assez scientifique, sa pensée ne possédait pas 1^ qualités de patience, de rigueur et de minutie nécessaires pour [qu'il allât au bout des recherches qu'il entreprenait; de sorte qu'il ne put éviter de donner des preuves d'ignorance et d'erreur qui servirent de prétexte au docteur Reid et à >es disciples pour traiter le livre avec mépris, et se dis- >ônser de l'obligation de répondre à ses objections* ". ^*oti, suivant James Mill, la stagnation des études
philosophiques en Angleterre. N'est-ee pas cependant chez un disciple de Priestley qu'il avait appris les premiers éléments de la nouvelle doctrine? Ne reconnaltra-t-il pas plus tard ce qu'il doit au livre de Belsham ? € Mr. Belsham lui-même, écrit-il dans son c Fragment sur Mackintosh», quoiqu'il ne fût pas un métaphysicien bien puissant, comprit clairement quel était le but des recherches du docteur Hartley , et y ajouta quelques utiles réflexions » ^*.
Pendant que les ministres de l'unitarisme se bornent à vulgariser la philosophie de Hartley, d'autres écrivains essaient de la développer, de l'approfondir et d'en appliquer les principes à la solution de problèmes nouveaux. C'est une tendance inhérente à cette philosophie de matérialiser en quelque sorte la pensée, afln de trouver, à l'état de conscience invisible et insaisissable, un équivalent palpable sur lequel aient prise les observations méthodiques du savant. UéUment nerveux, par exemple, peut être considéré comme le signe, ou comme la cause, ou même comme la substance de l'état de conscience. Le moty d'un autre côté, est le signe, et, dans^ certains cas, peut même être considéré comme la subs* tance de l'idée. Erasme Darwin propose une théorie physiolc^ique, Horne Tooke une théorie philologique des phénomènes de l'esprit ; et leurs deux théories, aujourd'hui discréditées, eurent, pendant une vingtaine d'années, beaucoup de succès en Angleterre. Belsham, dans son Manuel de philosophie hartleïenne, cite Darwin et Tooke ^^ James Mill avait probablement connu la