LE PARALLÈLE
On connaît le beau parallèle de Coudé et de Turenno par Bossuet 1 : celui de Corneille et Racine par La Bruyère 2 ; de Rome et de Carthage par Montesquieu 3 ; le portrait du riche et du pauvre dans La Bruyère 4 ; Démosthène et Cicéron par Fénelon 5 ; Caton et César dans Salluste ; Pierre le Grand et Charles XII par Voltaire ; ceux du P. Rapin 6, ceux de Fontenelle, de Thomas (Éloges), etc.
Les Parallèles de Plutarque ont eu une grande réputation classique. Plutarque a comparé vingtquatre hommes illustres de la Grèce avec un nombre égal de Romains célèbres, depuis Thésée et Romulus jusqu'à Démétrius Poliocrète et Marc- Antoine.
La comparaison étant en elle-même une source d'opposition?, le parallèle est, par sa nature, le triomphe de l'antithèse. La différence des sujets fait naturellement jaillir les contrastes.
Lisez ces lignes sur Socrate et Caton. L'antithèse y est à l'état naturel.
La vertu de Socrate est celle du plus sage des hommes ; mais, entre César et Pompée, Caton semble un Dieu parmi les mortels. L'un instruit quelques particuliers, combat les sophistes, et meurt pour la vérité ; l'autre