‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 11 sur 141 · JÀUT-IL BEAUCOUP LIRE · texte numérisé non relu

JÀUT-IL BEAUCOUP LIRE

cent soixante heures, on peut lire lentement, et même la plume à la main, quatre-vingts volumes in-&° de cinq cents pages chacun. L'élève qui, entrant en troisième, s'imposera un plan de lecture sagement conçu et restreint, aura, au bout de quatre ans, acquis un fond de connaissances infiniment précieux pour la composition l. »

De pareilles prévisions sont excessives ; une trop vaste lecture offre des inconvénients. Spencer dit qu'il y a des estomacs qui absorbent beaucoup et digèrent peu. et d'autres qui, avec peu de nourriture, s'assimilent tout.

Voici notre conclusion :

Pour former son goût, pour acquérir du jugement, de l'impartialité critique, un discernement sûr, il faut lire beaucoup d'auteurs, ceux de premier, de deuxième et de troisième ordre. C'est la condition d'une éducation littéraire complète. Un médecin acquiert sa sûreté de diagnostic en voyant beaucoup de malades.

Pour l'assimilation même du métier d'écrire, c'està-dire pour la création de son propre talent, il est préférable de s'en tenir à quelques écrivains supérieurs ; non pas à un seul, — selon l'adage : Je crains l'homme d'un seul livre, — qui pourrait pousser à l'imitation servile, mais à ceux qui diffèrent entre eux, tout en restant les meilleurs. Il est entendu qu'Homère, la Bible, Don Quichotte, Shakespeare

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