‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 12 sur 141 · Petit de Julleville, Le diteours françai», p · texte numérisé non relu

Petit de Julleville, Le diteours françai», p

sont plus que des livres uniques. Ils contiennent tout l'art, tout l'idéal, toute la vérité humaine.

Le mieux serait de lire d'abord les bons ouvrages. Ils serviraient ensuite de critérium pour juger les autres, qui pourraient alors être lus sans péril.

Voici donc le principe : Se faire, par l'étude des écrivains supérieurs, un corps de doctrines qui permette de juger les écrivains ordinaires.

Pour apprendre l'art d'écrire par l'étude des modèles, il n'est donc pas nécessaire de lire beaucoup d'ouvrages ; l'important est d'en lire de bons.

Saint Cyprien Usait sans cesse Tertullien. Saint Augustin, Tertullien et la Bible étaient les livres de chevet de Bossuet. Rousseau ne quittait pas Montaigne et Plutarque. Amyot et les auteurs latins ont créé Montaigne, et les tragiques grecs Racine. Chateaubriand relisait toujours Bernardin de Saint- Pierre.

Tous nos écrivains ont été de grands lecteurs, même Joseph de Maistre. A en croire Lamartine, dans ses Confidences, de Maistre aurait « peu lu ». Or, de Maistre faisait au contraire, depuis l'âge de vingt ans, des recueils où « il analysait et résumait ses lectures ; lisant toujours la plume en main, il amassait dans ces arsenaux de science l'érudition qui a étonné tous ses lecteurs x ».

1. Albert Blanc, Mémoires et correspondance de Joseph de Maistre, p. 64. — J. de Maistre lui-même en parle dans ses Soirées. Voir aussi, sur les extraits de lecture, Madame 9U>etchinet t. I, ch. ii, par le comte de Falloux.

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