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L'ASSIMILATION DE ROUSSEAU : LAMENNAIS

que le mérite littéraire de l'Essai sur l'indifférence (Lamennais s'en défendait à peine) est d'être un reflet de Rousseau *. A l'époque où parut VEssai, Rousseau était dédaigné, et l'on ne remarqua pas cette transposition, qui d'ailleurs n'empêche pas l'œuvre de Lamenmais d'être un beau livre. Cela prouve, en tout cas, qu'on peut, par les voies d'imitation, se faire un nom en littérature.

Alfred de Musset, dans ses Mélanges -, note en badinant et sans aigreur, puisqu'on ressemble toujours à quelqu'un, la similitude de l'Essai de Lamennais avec un livre du célèbre Huet, évêque d'Avranches 3. En parcourant cet ouvrage Musset affirme y avoir retrouvé non seulement des pensées, mais des pages entières du livre de l'Indifférence.

Le talent de Lamennais fut d'ailleurs essentiellement assimilateur. Après VEssai, il imita le style apocalyptique de la Bible dans les Paroles d'un croyant écrites en versets, œuvre de démocratie mystique, qui eut autant de retentissement que les Girondins de Lamartine.

« Lamennais, dit le P. La Broise dans son beau livre de critique sur Bossuet 4, Lamennais n'a été en proie qu'à une inspiration factice ; il a composé à

1. Joseph de Maistre, en louant VEssai sur l'indifiirence, avait très bien signalé « la pointe de Sénèque du style ». CVst plus que la pointe de Sénèque, c'est l'antithèse même de Rousseau.

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