Blair, Couru de Rhétorique, 33» leçon
L'abbé Maury a donné sur ce sujet de très bons conseils :
« Toute épithète qui n'est pas nécessaire pour la clarté, l'énergie, la couleur ou l'harmonie, et qui ne figure point sensiblement dans une période, ne doit jamais y trouver place. Proscrivez-la comme un pléonasme quand elle n'est pas commandée par ces divers besoins. La règle est facile et sûre ; et c'est elle seule que doit consulter votre goût quand vous relisez, la plume à la main, chaque page de votre composition, pour l'émonder, comme d'autant de bourgeons superflus, de toutes ces épithètes oiseuses, qui affaiblissent toujours Vidée quand elles ne contribuent pas à la fortifier.
« Les épithètes sans fonction rendent l'élocution lâche et traînante, Horace, si brillant dans le choix et la grâce de ses épithètes. a prononcé le plus irrévocable anathème contre toute espèce de superfluité dans le style.
« Il est des discours étincelants de traits ingénieux, et qui paraissent néanmoins vides ou pauvres d'idées, comme nous l'avons déjà reproché au père de Neuville, uniquement parce qu'on pourrait en retrancher des lignes entières, sans rien couper dans le vif et sans y laisser la moindre obscurité.
a Mais si le? épithètes vagues donnent au style de la diffusion et de la langueur, les épithètes à prétention peuvent le rendre bizarre et burlesque, par le ridicule d'une fausse énergie.
«Bossuet est original et admirable dans le choix de