‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 135 sur 141 · Taine, Histoire de la littérature anglaise, t. I, p · texte numérisé non relu

Taine, Histoire de la littérature anglaise, t. I, p

l'emploi de ces procédés n'est pas suspect et se dissimule sous la force de la pensée. Gluck est plein de formules du temps. Qu'importe, si son expression musicale vient du fond de l'âme ?

Sans doute, l'abus de l'imitation donne quelque apparente grossièreté à l'enseignement des formules, et les mauvais ouvriers n'en voient que le côté extérieur ; mais, puisque nous reconnaissons que c'est la qualité de la pâte qui fait valoir le moule, l'objection tombe.

« Je sais, dit Daunou 1 dans son bel ouvrage, je sais qu'on reproche à quelques écrivains d'avoir abusé des formes qui expriment les rapprochements ou les contrastes, et j'avoue que, plus les idées sont neuves, moins le langage doit être ambitieux ; mais aussi gardons-nous d'excuser ou de préconiser l'insignifiance, en l'appelant simplicité, et de réprouver comme recherché tout ce qui n'est pas vulgaire : un malheur plus triste et plus ordinaire que la profusion des antithèses est de redire d'un ton familier des choses communes, ou bien de déguiser des idées banales sous des formes inusitées ; travail ingrat qui amène l'affectation ou la sécheresse, et qui ne laisse aucune énergie au discours. »

Les élèves de Voltaire possèdent une partie de l'idéal du style. Les écrivains complets l'ont tout entier. C'est ce qui faisait dire à quelqu'un, à propos de Voltaire : « C'est aussi bien, mais pas comme cela qu'il faut écrire ». Au surplus, il y a de

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