‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 20 sur 141 · E. Benoist, Étude sur Virgile · texte numérisé non relu

E. Benoist, Étude sur Virgile

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d'abord et aux endroits les plus en vue qu'il les pré» sente et qu'il les place. Loin d'en être embarrassé, il y met son honneur, il se pare de ses imitations aVèc orgueil, avec reconnaissance :. »

En constatant î; universelle imitation que les poètes ont faite d'Homère, Voltaire concluait :

« Si ce père de la poésie voulait reprendre sur ses descendants tout ce qu'ils lui ont emprunté, que nous resterait-il de l'Enéide, de la Jérusalem, du Roland, de la Lusiade, de la Henriade et de tout ce qu'on ose nommer en ce genre ? »

Les deux plus illustres exemples de la formation du talent par l'imitation bien comprise sont Virgile chez les Anciens et Chénier chez les Modernes.

Un exemple pris dans Virgile montrera l'excellence de ce procédé.

Voici la description d'une tempête, que nous copions dans Homère :

Ayant ainsi parle, il assembla les nuages et bouleversa la mer, ayant saisi dans ses mains son trident, et il excitait tous les souffles impétueux des mille sortes de vents, et il couvrit de nuées la terre tout ensemble et la mer. La nuit se précipita du ciel. A la fois l'Eums et le Notus s'élancèrent, et le violent Zéphyre, et le Borée qui balaye l'éther roulant d'énormes vagues. Et alors les genoux d'Ulysse et son cher cœur se délièrent d'effroi, et gémissant, il dit en son esprit magnanime : « Hélas I malheureux que je suis ! que va-t-il m'arriver à ce dernier coup ? Je crains certes que la déesse ne m'ait parlé en

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