Cours iamilur de littérature, entretien CLXV
moins comme exercice initial, détermine la formation des talents les plus personnels. 11 s'agit encore de Lamartine.
L'auteur des Méditations lui-même chercha d'abord sa voie 1 et commença par imiter.
Il avoue d'abord que Chateaubriand fut une des mains puissantes qui lui ouvrirent l'horizon de la poésie moderne. Il ajoute :
« Les poètes anti-poétiques du xvme siècle, Voltaire, Dorât, Parny, Delille, Fontanes, La Harpe, Boufïlers, versificateurs spirituels de l'école dégénérée de Boileau, furent ensuite les modèles dépravés, non de poésie, mais de versification. J'écrivais des volumes de détestables élégies amoureuses avant l'âge de l'amour, à l'imitation de ces faux poètes 2.
« André Chénier n'avait pas encore été recueilli en volume ; je n'en connaissais que la sublime et divine élégie de la Jeune Captive, citée en partie par M. de Chateaubriand.
« Bien qu'André Chénier dans son volume de vers ne soit qu'un Grec du paganisme et par conséquent un délicieux pastiche, un pseudo-Anacréon d'une fausse antiquité, l'élégie de la Jeune Captive avait
1. AI. Jules Lemaitre a publié de curieuses études sur les premiers pastiches de Lamartine.
2. • On a remarqué que les hommes les plus originaux, les mieux disposés, comme leur carrière doit en donner bientôt la preuve éclatante, pour l'invention, débutent toujours par imiter un poète qui a excité leur enthousiasme. » (H. Joly, Reçue philosophique, t. XIV, p. 206). Brune tière a dit : « L'imitation est le noviciat de l'originalité. »