LE PASTICHE, BON EXEKOICE
Le pastiche ne peut être qu'un exercice de gymnastique littéraire. Il n'a de valeur que comme moyen de métier, et n'est pas un but par lui-même. Des écrivains ordinaires ont réussi d'excellents pastiches. Attraper la manière d'un auteur prouve le profit qu'on a tiré de sa lecture. Plus on goûte un écrivain, plus on est tenté de le pasticher. On arrive presque à penser comme lui. C'est l'identification de la sensibilité intérieure qui fait trouver la similitude d'expressions ; mais la ressemblance, en général, s'arrête à ce contour extérieur. Les pastiches sont presque toujours froids, quelque illusion que donne la forme ; l'étincelle intérieure manque, l'inspiration personnelle fait défaut, on piétine sur place. Fruit naturel de la lecture, le pastiche est ordinairement le produit d'une facilité inconsciente, involontaire et souvent irrésistible.
« Il m'est arrivé dans ma jeunesse, dit Bayle, que, si j'écrivais quelque chose après avoir lu tout fraîchement un certain auteur, les phrases de cet auteur se présentaient à ma plume, sans même que je me souvinsse distinctement de les y avoir lues \ »
C'est un excellent résultat, facile à renouveler et qui forme l'esprit littéraire.
« Pour contrefaire d'une manière sensible le style d'un poète, on s'atta-me à certains traits caractéristiques, on les exagère et l'on procède comme les dessinateurs de caricatures, qui arrivent, par le