‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 34 sur 141 · LE PASTICHE, BON EXEKOICE · texte numérisé non relu

LE PASTICHE, BON EXEKOICE

Le pastiche ne peut être qu'un exercice de gymnastique littéraire. Il n'a de valeur que comme moyen de métier, et n'est pas un but par lui-même. Des écrivains ordinaires ont réussi d'excellents pastiches. Attraper la manière d'un auteur prouve le profit qu'on a tiré de sa lecture. Plus on goûte un écrivain, plus on est tenté de le pasticher. On arrive presque à penser comme lui. C'est l'identification de la sensibilité intérieure qui fait trouver la similitude d'expressions ; mais la ressemblance, en général, s'arrête à ce contour extérieur. Les pastiches sont presque toujours froids, quelque illusion que donne la forme ; l'étincelle intérieure manque, l'inspiration personnelle fait défaut, on piétine sur place. Fruit naturel de la lecture, le pastiche est ordinairement le produit d'une facilité inconsciente, involontaire et souvent irrésistible.

« Il m'est arrivé dans ma jeunesse, dit Bayle, que, si j'écrivais quelque chose après avoir lu tout fraîchement un certain auteur, les phrases de cet auteur se présentaient à ma plume, sans même que je me souvinsse distinctement de les y avoir lues \ »

C'est un excellent résultat, facile à renouveler et qui forme l'esprit littéraire.

« Pour contrefaire d'une manière sensible le style d'un poète, on s'atta-me à certains traits caractéristiques, on les exagère et l'on procède comme les dessinateurs de caricatures, qui arrivent, par le

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