CHAPITRE IV De l'amplification
L'amplification, procédé général du style. — L'amplification. Exemples pratiques. — Les procédés de style de Cicéron. — L'amplification et les sermons. — Les procédés de style de Démosthène — Voltaire. — L'amplification dans La Bruyère.
L'amplification consiste à développer les idées par le style, de manière à leur donner plus d'ornement, plus d'étendue ou plus de force.
Longin la définit : « Un accroissement de paroles ».
On peut exercer l'amplification sur une phrase d'un auteur ou sur ses propres phrases. C'est un excellent procédé pour former son style. On le recommande dans l'enseignement classique. Un mot peut résumer le songe d'Athalie. Racine en a fait un récit. La véritable amplification, c'est l'art de développer un sujet insuffisamment présenté.
D'une idée en faire deux ; trouver les antithèses d'une pensée ; dédoubler les points de vue ; ajouter des traits frappants ; surenchérir sur ce qu'on a dit ;
accroître le détail en évitant la prolixité ; féconder la sécheresse ; appliquer enfin et varier toutes les ressources de l'art d'écrire : tel est le but qu'on doit se proposer dans l'amplification.
On abusait autrefois de ce procédé, en l'utilisant à la dure confection des vers latins. Cette méthode donnait de mauvais résultats, parce que les élèves, ne possédant que superficiellement le génie latin, manquaient d'inspiration pour trouver les développements. Ils faisaient des vers à tiroir avec le Gradus, ou plaquaient le style des orateurs romains retenus par cœur. Dans la langue française, l'amplification donnait de meilleurs résultats. Elle était la base de l'art d'écrire.
Quoi qu'en dise Antonin Rondelet \ dans un ouvrage de considérations générales où l'on chercherait vainement un exemple, l'amplification ne va pas sans l'invention. L'invention, c'est la découverte. L'amplification, c'est la mise en œuvre. Elle résume essentiellement le don d'écrire.
L'amplification n'est pas du tout le rebours de la sobriété. Développer un sujet qui n'a pas besoin d'être développé, délayer des périphrases, diluer des idées simples, surcharger inutilement son style, c'est tomber, en effet, dans la prolixité et la diffusion.
Un tableau, un paysage, un portrait, une harangue n'ont de valeur que par la condensation. Néanmoins