‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 39 sur 141 · LES PROCÉDÉS DE STYLE DE CICÉRON · texte numérisé non relu

LES PROCÉDÉS DE STYLE DE CICÉRON

Écoutons l'orateur romain :

Peut-on regarder la bonne foi comme ce qu'il y a de plus sacré dans la vie, et n'être pas ennemi d'un homme qui, nommé questeur, a osé dépouiller, abandonner, trahir, attaquer son consul, un consul qui lui avait communiqué ses secrets, livré sa caisse, confié tous ses intérêts ? Peuton chérir la pudeur et la chasteté, et voir d'un œil tranquille les continuels adultères de Verres, son immoralité, ses prostitutions, ses infamies domestiques ? Vous ne pouvez souffrir le mérite des hommes nouveaux ; vous dédaignez leur régularité, vous méprisez leur sagesse, vous voudriez éteindre leurs talents, étouffer leur vertu *. Vous aimez Verres, oui, je le crois ; à défaut de vertu, de mérite, d'innocence, de pudeur, de chasteté, vous trouverez des charmes dans son entretien, dans sa politesse, dans ses connaissances, etc. 2...

Cicéron a un tel génie des mots, une verve si exquise, tant d'imprévu dans la nuance, qu'il atteint par ce moyen oratoire, de grands effets d'éloquence. Mais on voit le péril qu'une pareille imitation peut offrir à un talent ordinaire.

Cicéron est un virtuose qui exécute des variations ; il orne, il répète, il diversifie et, comme dit Auger, il « épuise sa langue ». A chaque page de ses discours, on Ut des tirades plus ou moins longues dans ce genre :

' Diteg-nous, Tubéron, que faisait votre épée dans les champs de Pharsale ? qui cherchait-elle à percer ? à qui

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