Voltaire, Dictionnaire philosophique, art. Scolîastï
5. Victor Hugo, Littérature et philosophie mêlées. Traducteurs d'Homère. Philarète Chasles avait raison de dire : t Parmi toutes ces traductions une seule reproduit-elle fidèle-
Il ne pouvait en être autrement avec les principes de traduction adoptés à cette époque. Pour André Dacier la traduction doit être une « imitation » large où l'on peut se permettre « des expressions et des images très différentes du texte », quoique semblables x.
Quant à Mme Dacier, son but était de « donner à son siècle une traduction » d'Homère « qui, tout en conservant les principales beautés de ce grand poète, pût faire revenir les gens du monde de leur préjugé 2 ».
Comment s'étonner qu'avec de pareilles idées on ait tant tardé à nous donner une traduction vraie d'Homère ?
« Dacier, dit Palissot, traduisait Homère laborieusement et pesamment, comme il eût traduit les aphorismcs d'Hippocrate 3. »
« L'erreur, déclare Sainte-Beuve, c'était de croire qu'un poète dont l'expression est i;n tableau et une peinture continuelle, fût fidèlement rendu par une traduction tout occupée d'être suffisante, polie et élégante 4. »
Boileau le sentait bien, lorsqu'il disait, malgré ses
ment l'original ? Je ne le crois pas ; il s'élève entre le traducteur et son modèle un voile immense, un nuage de vingt-sept siècles. » {Études sur l'antiquité, p. 64 : Les traducteurs d'Homère.)