‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 54 sur 141 · LA TRADUCTION DE LECONTE DE L1SLE · texte numérisé non relu

LA TRADUCTION DE LECONTE DE L1SLE

Mme Dacier défigurait Homère bien plus que la brutalité de Leconte de Lisle : car, s'il y a dans Homère, la noblesse, la délicatesse, la grandeur, la profondeur des caractères, le récit, l'âme, l'idéal, il y a aussi un réalisme, une crudité, une violence de peinture qui ont frappé tous les critiques, en tête desquels le précurseur Vico, qui insiste longuement sur le côté barbare, brutal et sauvage d'Homère.

« Ce style, dit-il, si fier et d'un effet si terrible, avec lequel Homère décrit dans toute la variété de leurs accidents les plus sanglants combats, avec lequel il diversifie de cent manières bizarres les tableaux de meurtre qui font la sublimité de Y Iliade 1. »

« A côté de l'élévation et de la dignité, dit Bonald, on retrouve fréquemment dans Homère la naïveté du premier âge et la familiarité grossière des premières mœurs 2. »

Non seulement Homère est un admirable réaliste ; mais il disparaît de son œuvre, il n'intervient pas, il est impassible. C'était, on le sait, la théorie favorite de Flaubert.

« Homère, dit Fénelon, met toute sa gloire à ne point paraître, pour vous occuper des choses qu'il peint, comme un peintre songe à vous mettre devant les yeux les forêts, les montagnes, les rivières, les lointains, les bâtiments, les hommes, leurs aventures, leurs actions, leurs passions différentes, sans

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