‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 65 sur 141 · LA MAUVAISE IMITATION DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

LA MAUVAISE IMITATION DE CHATEAUBRIAND

avait de caduc, ils se sont solennellement ensevelis dans un oubli mérité.

Lisez ces lignes :

Tandis que l'indomptable chevalier se livrait ainsi à la fougue de sa brute imagination, les lueurs du foyer prolongeaient jusqu'au fond de la salle l'ombre démesurée de sa noble stature, qui s'élevait jusqu'aux voûtes blasonnées. On eût dit le génie des temps barbares * renouvelant ses grandes invasions ; ou plutôt ce superbe athlète du régime féodal semblait l'archange des ténèbres * placé aux portes de la lumière pour l'empêcher de pénétrer dans un monde heureux de son ignorance, de ses pudiques illusions, de sa crédulité et de ses mystères.

(Marchangy, Tristan le Voyageur, ch. i.)

Et ceci encore :

Si par hasard le chasseur perce l'épaisseur des bois qui ferment l'entrée de la résidence ignorée, s'il pénètre à travers l'aubépine qui a poussé entre les pierres du seuil infréquenté 3, il s'étonne à la vue de cette femme charmante devant laquelle se sont arrêtés les siècles...

L'ivresse est pour les Bretons, ce qu'est le sommeil à ceux qui souffrent, ce qu'est le délicieux opium que distille le pavot noir de la Thébaide pour V amoureux Abencerrage rêvant au bruit des fontaines de V Alhambra.

C'est tout à fait le style de Chateaubriand en froide réminiscence.

Voici, pour finir, un passage de D'Arlincourt où

t. « Le génie de la solitude, le génie des airs », expressions dont Chateaubriand a tant abusé.

2. « L'ange des ténèbres, l'ange des amours ».... Les Martyrs sont pleins de ces sortes d'anges.

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