‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 72 sur 141 · Voltaire, Essai sur la poésie épique. Conclusions · texte numérisé non relu

Voltaire, Essai sur la poésie épique. Conclusions

3. Emile Egger, Mémoires de littérature ancienne et modem?, p. 211.

banales du Télémaque, la description de l'Amour (Liv. IV) et celle d'une armée (Liv. X.)

« On ne voit dans Télémaque, dit-il, que des princes comparés à des bergers, à des taureaux, à des lions, à des loups avides de carnage. En un mot, ses comparaisons sont triviales et, comme elles ne sont pas ornées du charme de la poésie, elles dégénèrent en langueur...

« On m'a demandé souvent s'il y avait quelque bon livre en français écrit dans la prose poétique du Télémaque. Je n'en connais point, et je ne crois pas que ce style pût être bien reçu une seconde fois. Le Télémaque est écrit dans le goût d'une traduction en prose d'Homère et avec plus de grâce que la proso de Mme Dacier ; mais enfin c'est de la prose 1... »

M. Remy de Gourmont croit que Télémaque est mauvais et qu'il est devenu un cliché parce qu'il a été trop imité.

« Télémaque, dit-il, l'œuvre la plus imitée, phrase à phrase, de toutes les littératures, est pour cela même définitivement illisible. C'est dommage, peutêtre, et c'est injuste ; mais comment goûter encore « les gazons fleuris — ces beaux lieux — qu'elle arrosait de ses larmes — un silence modeste — une simplicité rustique — les doux zéphirs — une délicieuse fraîcheur — le doux murmure des fontaines ?

1. Voltaire, Mélanges. Connaissance des beautés et des défauts de la poésie. Art. Amour.

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