LA DESCRIPTION GÉNÉRALE : FLORIAN
femme comme type opposé à l'homme, ne ferai-je pas malgré moi une description générale ? Non, si les détails de votre tableau, moral ou physique, se rapportent exclusivement au type-femme. Votre description sera générale, c'est-à-dire mauvaise, si vos traits sont généraux, c'est-à-dire se rapportent à d'autres types qu'au type-femme. Vous dites, par exemple, que la femme a les yeux brillants. Cela ne signifie rien parce que les enfants, les adolescents et bien des hommes aussi ont les yeux brillants.
Voici un combat de taureaux par Florian. C'est pour le coup qu'il fallait relire Homère. L'intensité du tableau était, non dans le nombre, mais dans la particularité des détails. Florian. au contraire, n'a vu qu'un combat de taureaux en général. Il nous en donne le caractère total, il peint ce qui s'\ passe habituellement, il en fait un cliché de narration facile. Du bruit, des cris ; le taureau furieux, regarde, hésite, se précipite. Le cavalier se gare, attaque, évite les cornes, lance son voile et frappe. La bête bondit, mugit, parcourt l'arène et expire.
Sur ce thème Florian brode un peu de littérature, de rhétorique et d'amplification, et c'est tout ; qu'on en juge :
Le signal se donne, la barrière s'ouvre, le taureau s'élance au milieu du cirque ; mais, au bruit de mille fanfares, aux cris, à la vue des spectateurs, il s'arrête, inquiet et troublé ; ses naseaux fument ; ses regards brûlants errent sur les amphithéâtres ; il semble également
en proie à la surprise, à la fureur. Tout à coup il se précipite sur un cavalier qui le blesse et fuit rapidement à l'autre bout. Le taureau s'irrite, le poursuit de près, frappe à coups redoublés la terre, et fond sur le voile éclatant que lui présente un combattant à pied. L'adroit Espagnol, dans le même instant, évite à la fois sa rencontre, suspend à ses cornes le voile léger, et lui darde une flèche aiguë qui de nouveau fait couler son sang. Percé bientôt de toutes les lances, blessé de ces traits pénétrants dont le fer courbé reste dans la plaie, l'animal bondit dans l'arène, pousse d'horribles mugissements, s'agite en parcourant le cirque, secoue les flèches nombreuses enfoncées dans son large cou, fait voler ensemble les cailloux broyés, les lambeaux de pourpre sanglants, les flots d'écume rougie, et tombe enfin épuisé d'efforts, de colère et de douleur.
(Florian, Gonzalve de Cordoue, V.)
Nous ne blâmons pas, bien entendu, la scène, l'intention, le drame. Florian avait le droit de choisir la façon dont les choses se sont passées. Nous nous plaignons que tout cela ne soit ni réel ni vu, et qu'aucun détail vivant ne rompe cette facture conventionnelle. On a traité là un fait divers dans ses caractères prévus. Jamais Homère ne décrit ainsi.
De pareils défauts sont plus choquants encore dans la description oratoire. L'éloquence vivant d'amplification, on conçoit combien il est facile de tomber dans le lieu commun, à l'aide de jolies phrases qui ne sont pas des peintures.
Fléchier entreprend de décrire la désolation qui a éclaté partout à la mort de Turenne. 11 ne sait