ŒUVRES SOCIALES DANS L’INDUSTRIE AMÉRICAINE
Le gros argument que le patronat américain préconise en faveur des œuvres sociales est l’augmentation du rendement qu’elles provoquent. Ces œuvres créent une atmosphère nouvelle, rendent l’ouvrier plus heureux et font qu’il travaille plus facilement et, par conséquent, plus vite. Ces œuvres sociales ont été accompagnées dans l'usine par différentes mesures tendant à rendre le travail plus agréable et conforme aux prescriptions de l’hygiène et de la sécurité.
Avant de passer en revue ces œuvres et ces diverses mesures, nous allons dire quelques mots de celui qui fut l’âme et l’instigateur de ces nombreuses réalisations, nous voulons parler de l’Ingénieur social.
L’ingénieur social
La plus importante décision, en vue de faire naître le climat psychologique qui pousse l’ouvrier à la production, est celle qui porte création de la fonction d’Ingénieur social.
L’Ingénieur social est l'intermédiaire naturel entre le chef et les ouvriers. Il enseigne au patron « comment établir le point de contact désiré entre lui et son étatmajor et les simples soldats de son armée industrielle (1)»
Mais il est surtout et avant tout le chef et l’âme du service social. Ses attributions sont les mêmes que celles de notre surintendante ou assistante sociale d’usine. Nous
(1) TozMmaw, l’Œuvre de l’Ingénieur social. Paris, 1910.
les étudierons plus tard, mais dès à présent, il faut souligner que l'Ingénieur social dirige un service très important, qu’on reconnaît à ses fonctions une autorité, une influence qui le font siéger dans les conseils d’administration. En Amérique, l’Ingénieur social a ainsi de puissants moyens d'action pour former un esprit de collaboration dans l’usine. En France, un poste semblable n’existe pas. Il y a très peu d'hommes à la tête d’un service social et leur autorité n’est qu’un pâle reflet de celle de leur collègue américain. Quant aux surintendantes ou assistantes d’usine, malgré leur compétence, leur savoir et leur succès on ne leur reconnaît qu’un rôle secondaire. Elles n’ont pas l’autorité de l’Ingénieur social américain. C’est pourquoi il faut attacher à la formation de l’Ingénieur français une très grande importance. Le progrès social dans l’usine dépend presque uniquement de cette formation.
L’Eclairage. — On a reconnu, en Amérique, que l’éclairage, qu’il soit naturel ou artificiel, est devenu un facteur de production au même titre que la force motrice. On vit dans une usine, après avoir sensiblement amélioré l’éclairage, la production augmenter de 10%. Puis, ayant rétabli l'éclairage primitif, diminuer de plus de 10%.
Un bon éclairage a amené une sensible réduction du nombre des accidents.
L’Aération. — Les Américains ont placé dans les ateliers des ventilateurs amenant de l’air purifié et porté à la température voulue.
Mrs, Tarbell raconte qu'ayant visité une tannerie et une blanchisserie où un système de ventilation moderne était adapté, elle n’eut à aucun moment « cette sensation d’étouffement et de suffocation si commune dans les salons et les théâtres » (1).
La Température. — Des températures standard sont maintenues aussi près que possible des chiffres fixés après études.
Les Parcs. — Les patrons, poussés par les Ingénieurs
() TARBELz, New ideals in business. N.-Y., Mac Millan, 1916.