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ŒUVRES SOCIALES DANS L’INDUSTRIE AMÉRICAINE

sociaux, ont ménagé autour des bâtiments des espaces permettant de créer des parcs. Ils ont essayé de réaliser cette formule : «l’usine dans le jardin ».

La Sécurité — Les chefs d'industrie, conseillés adroitement, se sont efforcés de placer l’ouvrier dans les conditions de travail les plus agréables. Ils savent que l’ouvrier est la plus grande richesse qu’ils possèdent. Pour le protéger, tout un travail d'amélioration a été mis en œuvre : c'est le rôle du « Safety Program ».

Pour adopter ce programme on employa deux moyens : l'éducation et la propagande.

L'éducation se fit surtout par des conférences où les ouvriers pouvaient apporter leurs suggestions. On organisa des concours et les meilleures idées étaient récompensées.

La propagande fut très active. Des affiches furent apposées dans les ateliers et des papillons glissés dans les enveloppes de paye.

Pour lutter contre les accidents on inventa des appareils de sécurité.

On créa des comités composés de chefs de service ou uniquement d’ouvriers. Ces comités faisaient l’éducation de l’ouvrier et veillaient à l’application du Safety Program.

Toute une série de mesures. — On ïinstitua dans les usines des services médicaux, des restaurants qui sont, avec les sports, les deux grands moyens pour développer chez les employés l'instinct de sociabilité et l’esprit de camaraderie, d’équipe.

L’Ingénieur social organise des bals, des soirées théâtrales, des réunions de sports, où tout le personnel se retrouve, fait connaissance et cause.

Souvent la direction témoigne par sa présence, tout l'intérêt qu’elle porte à ces manifestations.

Journaux d’usine. — D’autres créations permettent à la direction de se rapprocher du personnel et de communiquer avec lui, ce sont les publications d’usines : jour-

naux et revues.

La direction saisit ainsi les occasions d’expliquer des

décisions qui peuvent paraître injustes alors qu’elles sont nécessitées par l'obligation de maintenir la discipline ou par les conditions économiques.

Ces journaux sont un excellent moyen pour éduquer le personnel et lui inculquer notamment les notions d’hygiène.

L'usine devient véritablement un centre d’éducation, d'éducation sociale, morale, sportive, générale.

Les sociétés sportives très populaires profitent de la publicité, les exploits sont commentés et la photographie des équipes est en bonne place.

Un match de football gagné est une véritable victoire pour l'usine.

Cette façon de concevoir l’esprit d'équipe enthousiasme surtout les jeunes; le patronat américain a compris que pour susciter le même esprit chez les personnes plus âgées il fallait faire intervenir d’autres éléments psychologiques. Cest dans ce sens que les publications font une large part à l’esprit de famille. Elles réussissent à rompre l’anonymat en publiant les nouvelles concernant les événements familiaux : naissances, baptêmes, fiançailles, mariages, décès, etc. Les ouvriers s'intéressent aux familles de leurs camarades et ont le sentiment d’être respectés et considérés comme de véritables collaborateurs de l’entreprise.

Grâce aux journaux et revues l’usine devient un « centre attractif auquel l’ouvrier s'intéresse »(1).

Les revues les plus populaires et les plus efficaces au point de vue du progrès social sont celles qui sont dirigées à la fois par des ouvriers et des représentants de la direction.

Clubs. — La plupart des usines ont leurs sociétés sportives masculines et féminines qui se divisent en de nombreuses sections.

La plupart de ces sections ont leurs «club», nous dirions leur cercle, où les membres se réunissent l’hiver.

Ces cercles sont généralement installés dans des locaux somptueux où tous les sportifs et sympathisants sont

() E. MaureEL. L’Ingénieur social dans l’industrie. Paris, 1929.

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