CHAPITRE V
ORGANISATION SCIENTIFIQUE ET SOCIALE DU TRAVAIL DANS L’INDUSTRIE AMÉRICAINE
Le taylorisme ne s’occupait que de la partie technique chez le travailleur. Il ne considérait l’homme que dans son effort de production. Il a été rénové, humanisé par le «scientific management ». Le scientific management devient, comme dit R. Bruère, « Une science qui s'occupe non seulement des choses inertes mais des hommes ».
Il aboutit à un accroissement du rendement individuel car on fit correspondre à ce dernier une augmentation de salaire. (Il importe de rappeler que les hauts salaires aux Etats-Unis furent une cause de la prospérité nationale.)
Les patrons, voulant conserver leurs bons éléments, ont éliminé les syndicalistes politiciens et les fomenteurs professionnels de troubles et de grèves.
Chez Ford, n'importe qui pouvant être employé à l'usine et pouvant remplacer n’importe quel ouvrier tant le travail est mécanisé, les postulants les plus déchus physiquement et psychologiquement sont les plus appréciés de la direction car ils constituent, paraît-il, une maind'œuvre très stable. Un pour cent des ouvriers quittent l'usine au cours de l’année. Le turnover est insignifiant. Des inspecteurs surveillent les habitations et la conduite des ouvriers (nous trouvons ici une manifestation de l'esprit puritain).
Les préoccupations sociales du patronat américain pour les ouvriers ont augmenté considérablement les frais généraux mais nous avons vu qu’un meilleur rendement a été obtenu ainsi qu’une plus grande stabilité de la main-d'œuvre. Un des principaux moyens de développer ces résultats fut la création du « personnel management ».