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ORGANISATION DANS L’INDUSTRIE AMÉRICAINE

accueillis et travaillent dans des conditions saines; il faut rendre les ouvriers heureux, et surveiller leur bonheur.

On éveille l’intérêt, la curiosité de l’ouvrier en lui expliquant la marche de l'usine, l’utilité du produit qu’il fabrique, sa place dans la production, en lui exposant les notions économiques indispensables à la marche de l’entreprise. On affiche des graphiques de production, graphiques de qualité, de quantité, et d'économie.

Ainsi l’ouvrier a conscience de son utilité et de son importance sociale.

Les boîtes aux suggestions tiennent en éveil l'esprit des ouvriers. Le directeur s’entretient avec les auteurs des suggestions et les récompense.

Dans la plupart des usines, des règles, excluant le favoritisme, fixent l’avancement. L’ouvrier américain croit qu’il porte dans son sac son bâton de maréchal.

Le nouveau venu n’est pas précipité brutalement dans l’atelier. On lui présente ses camarades qui le guident et le conseillent.

Un « instructeur » est spécialement chargé de cette prise de contact. Il fait visiter l’usine au nouvel arrivant qui voit directement l'application des règlements. Un instructeur technique l’initie à sa nouvelle tâche.

Le début, ainsi compris, élimine la période d’adaptation et évite surtout le gaspillage de la matière première. Du point de vue psychologique l'influence est considérable. L’ouvrier est heureux de se sentir guidé, conseillé; il accomplit son travail avec plaisir et sûreté; il a le sentiment d’être traité humainement par la direction et d’être un des collaborateurs d’une grande équipe.

Le cicerone n’a pas omis de lui montrer les salles où les ouvriers peuvent parfaire leur éducation, leur instruction en vue de passer contremaîtres.

Contremaîtres américains

Les contremaîtres américains doivent suivre des cours où ils apprennent la technique du «maniement des hommes ». Constamment en contact avec ses subordon-

nés, le contremaître, pour faire respecter son autorité, est parfois obligé à une certaine énergie qui évite diffcilement les froissements. Le contremaître est souvent un bon ouvrier, adroit sur sa machine mais ignorant dans l’art de commander. Carnegie aurait dit: «toutes les grèves proviennent d’un corps de contremaîtres inexpérimentés ».

D’après MM. Metcalf et Tead «le contremaître est responsable du fonctionnement de son atelier ainsi que de l’organisation des méthodes et des principes de fabrication qu’impose la direction ».

Donc son rôle est surtout de surveillance et de direction des ouvriers.

Des cours soigneusement organisés préparent le bon ouvrier à sa nouvelle fonction. Mais certains patrons décidèrent que ceux qui monteraient en grade seraient des gens vraiment aptes à commander et ils demandèrent aux tests de leur donner les indications utiles et indispensables à cette sélection.

Les tests. — La méthode des tests, invention française due aux D’ Binet et Simon, appliquée par eux dès 1905, a été adoptée par l’Amérique avec « l'enthousiasme de la jeunesse ».

Les tests classent l’individu dans la vie sociale : « c’est lui qui décide si vous serez affecté à des fonctions d’artiste, de comptable ou de portefaix, admis au tableau d'avancement ou maintenu dans les cadres inférieurs (1)». On les classe en trois catégories : 1° Les tests de métier; 2° Les tests d'aptitude spéciale; 3° Les tests d’intelligence générale.

Seuls les deux premiers donnent des renseignements utiles.

L'application brutale des tests n’irait pas sans froissements; l’ouvrier ne comprendrait pas pourquoi on l'oblige à faire tel travail de préférence à d’autres qui l’'intéressent davantage.

(1) StEGFRiED, Opus cit., p. 171.

ORGANISATION DANS L’INDUSTRIE AMÉRICAINE 43 Œuvres sociales

L’employment manager semble avoir hérité d’une grande partie des attributions des ingénieurs sociaux. C’est ainsi qu’il dirige les œuvres sociales, surveille l’hygiène, la propreté des locaux, l’aération, l’éclairage, les restaurants, les clubs sociaux ou sportifs.

Pendant ses inspections, il doit s’entretenir avec les ouvriers, les contremaîtres, écouter les suggestions et étudier les améliorations possibles.

Pendant ses tournées, il doit s'occuper des salles de repos, des lavabos, des fontaines d’eau potable, veiller à la sécurité, maintenir la discipline et la tenue des ouvriers.

Chaque jour il doit surveiller les cours, l’apprentissage, se montrer dans les clubs, encourager les activités sociales ainsi que les organisations récréatives et sportives.

Un rapport transmis au comité directeur termine les inspections.

L’employment manager est aussi secrétaire des conseils d’usine qui sont devenus très nombreux.

Conclusion

L'ensemble des mesures que nous avons passées en revue rapidement a augmenté d’une façon considérable le bien-être des travailleurs, et sans que le patronat ait eu recours à la contrainte.

L’employment manager a été l’artisan principal de ce progrès social.

C’est lui qui a débarrassé l’usine des vieilles notions d’autoritarisme et a su faire naître dans les ateliers et services un esprit nouveau : l’esprit de collaboration.

Cet esprit de collaboration se manifeste notamment dans l’organisation des comités d’usine dont nous allons

dire quelques mots.

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