‹ La formation sociale du Prussien moderneChapitre 11 sur 96 · Id., p · texte numérisé non relu

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ÉTUDES SUR L'INDUSTRIE TEXTILE ni

vince rhénane ; plus exactement, on y trouve, en gros, 1/3 de luthériens, 1/3 de calvinistes, et 1/3 de catholiques. Or, de ces trois cultes, le premier est surtout officiel et le second, celui de la bourgeoisie des affaires. Dans les deux cas, l'ouvrier insuffisamment encadré tombe vite dans l'irréligion. Les progrès du catholicisme sont assez récents, mais il faut surtout les attribuer à l'immigration de manœuvres venus de l'Eifel et des régions rhénanes pauvres ; leur formation sociale, moins solide que celle des catholiques de la plaine, les rend moins capables de former des groupements autonomes. Ce sont donc les syndicats socialistes qui senties plus puissants, et c'est autour d'eux que l'unité se forme.

On a cru, pendant longtemps, que le mouvement syndical allemand était voué à une certaine impuissance. On ne tenait pas assez compte des obstacles légaux que les syndicats avaient à vaincre, et aussi du retard des transformations industrielles de l'Allemagne. Dans beaucoup d'endroits, à Krefeld par exemple, ce fut seulement à la fin du siècle dernier, que les métiers mécaniques à tisser remplacèrent les métiers à la main, et c'est alors que les syndicats commencèrent sérieusement à se constituer.

En vérité, l'Allemand est admirablement préparé à l'association, et quand le jour fut venu, le mouvement syndical prit rapidement une grande allure, dépassant aujourd'hui en ampleur celui des Trade-Unions anglaises. La statistique du 1" Janvier 1913 indique les chiffres suivants, qui, depuis lors, ont augmenté :

2 552 000 membres appartenaient aux syndicats socia-

listes ; 400 000 aux syndicats chrétiens ; 100 000 aux syndicats Hirsch-Duncker ;

3 052 000 membres en tout.

En y ajoutant les associations catholiques, protestantes, jaunes, etc., on arrive à plus de 3 400 000, environ le tiers des salariés de l'industrie.

A la même époque les Trade-Unions comptent à peine plus de 3 000 000 de membres, et les recettes totales s'élèvent à près de 100000000 fr. en Allemagne contre 75 000 000 en Angleterre, mais par suite de leur ancienneté, les Trade-Unions ont un fonds de réserve beaucoup plus grand, à savoir : 140 000 000 francs * contre 90000000.

Quels ont été les résultats obtenus par l'effort syndical d'outre-Rhin ?

Si l'on pense, avec M. Paul Bureau 2, que le but principal du syndicat est d'arriver à la conclusion de contrats collectifs de travail, la situation apparaît plus avancée en Allemagne qu'en France, car les Gewerkschafterij pas plus que les Chriilichen Gewerkvereine n'ont perdu de vue à aucun moment ce but précis et pratique. Au 31 décembre 1911, on estimait que 1 550000 ouvriers vivaient sous le régime du Tarijvertraff, c'est-à-dire du contrat collectif 3.

Ces résultats n'atteignent pas encore ceux de la Grande-Bretagne puisque, vers la même époque, dans ce pays, les contrats collectifs s'appliquaient à 2 400000 ouvriers *, mais il convient de ne pas oublier la différence d'âge qui existe entre les organisations ouvrières des deux contrées.

Le Tarifvertrag est très répandu dans l'imprimerie et dans le Bâtiment. A Elberfeld-Barmen, il est complètement réalisé dans ces deux industries, et aussi dans

i. Paul Louis, Le syndicalisme européen. Alcan, 1914, p. 66.

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