‹ La formation sociale du Prussien moderneChapitre 51 sur 96 · Voir supra, p · texte numérisé non relu

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qu'elle, elle possède des maisons de vente ou des agents en province et à Tétranger.

Pour ne pas sortir du domaine que je connais particulièrement, je me bornerai à parler de l'expansion commerciale de TA. E. G. en France. Cette société possède à Paris une filiale qui s'appelle la Société française d'électricité et qui se charge spécialement d'écouler les produits de l'A. E. G. Alors que la plupart des maisons similaires cherchent avant tout à faire de grandes installations, tout au moins des entreprises de montage qui fassent honneur à leurs techniciens, l'A. E. G., sans négliger ce genre d'activité, veut surtout vendre aux petits installateurs ; elle leur accorde les conditions les plus favorables et évite le plus possible d'entrer en concurrence avec eux. Elle leur donne des catalogues extrêmement détaillés où ils trouvent tout ce dont ils peuvent avoir besoin. C'est presque une maison de vente au détail et les grands stocks qu'elle possède lui permettent de livrer rapidement n'importe quel article.

A Bruxelles, il y a une simple succursale de la maison de Berlin. Le plus curieux, c'est que des voyageurs partent de Berlin, de Paris et de Bruxelles pour visiter la clientèle, et empiètent parfois les uns sur les autres, se faisant ainsi concurrence : « L'essentiel, disait l'un d'eux, c'est que la marchandise sorte des ateliers de la maison, peu importe par quelle voie I »

Cette pratique, plutôt anarchique, peut être plus ou moins avantageuse pour le petit installateur et aussi pour la maison, quoiqu'elle ne suppose pas une stabilité voulue des rapports commerciaux. On peut s'étonner davantage que des commis consentent à voyager dans ces conditions. Cela suppose qu'ils ont devant eux un champ d'action presque illimité.

Dans l'étude de Texpansion mondiale de l'Allemagne, le rôle des juifs ne doit pas être négligé. De même, dans les productions intellectuelles, il convient de séparer ce qui leur revient^ de ce qui est dû aux Germains. Quoi qu'il en soit, les descendants d'Abraham ont prospéré en Prusse, et aujourd'hui tout le quartier aristocratique de l'agglomération berlinoise est juif : Charlottenbourg, surtout les alentours du Kurfûrstendamm. Dans cette partie ouest de la capitale, de larges et nombreuses avenues ont été ouvertes. Les appartements de 5 à 10000 francs n'y sont pas rares, et il en est de 15 et de 20000 francs, contenant une quizaine de chambres et davantage.

Les juifs ont introduit le luxe et la vie mondaine dans la rude Vandalie. La vieille noblesse, trop pauvre pour soutenir la comparaison, a fui ce voisinage et s'est réfugiée à Potsdam, le Versailles prussien. Pour se sauver la face, elle a jeté lanathème sur Berlin, la ville maudite, la cité des Hébreux et de la Sozial-demokratie, le foyer du luxe et de la corruption !

1. Citons au hasard et dans des ordres divers Meyerbeer, Heine, Jacobi, le peintre Liebermann, Offenbach, les deux Mendelssohn (le philosophe et le musicien), Karl Marx, etc.

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