II. — La classe populaire urbaine
Les assistés. — En dessous de la classe ouvrière proprement dite, on trouve une catégorie inférieure qui vit en garni ou dans des logements d'une seule pièce; c'est une population vicieuse ou flottante composée de familles plus ou moins désorganisées. Beaucoup de ces familles sont assistées, et cela les place dans une situation à part, car non seulement les assistés ne jouissent d'aucun droit politique, mais leurs enfants doivent fréquenter des écoles spéciales comme nous l'avons vu*.
Nous avons étudié tout particulièrement le système d'assistance d'Elberfeld. Il jouit d'une renommée mondiale, a été copié par maintes villes allemandes, et a amené certaines modifications dans les méthodes anglaises et américaines 2.
Quelques mots d'abord sur l'origine du système. Anciennement, l'assistance était un service purement paroissial, par conséquent confessionnel, et c'est en 1800 seulement qu'il fut parlé pour la première fois à Elberfeld d'une organisation civile de l'assistance, mais pendant longtemps les ressources ne provinrent que de contributions purement volontaires.
Vers le milieu du siècle dernier, les systèmes en vigueur étaient devenus notoirement insuffisants, et, dès 1843, la ville commença à donner des subsides. Une enquête fut faite, et elle établit les points suivants :
1° Chaque administrateur des pauvres (Armenpfleger) avait à s'occuper en moyenne de 200 assistés, ce qui empêchait toute enquête sérieuse. Il en résultait que ce