II. OBSERVATION (M. Oberling
Femme âgée de 37 ans qui, le 18-1-1922 entre dans le
service de M. le professeur Bard pour des troubles digestifs
et des douleurs dans la région sacrée. Des antécédents héréditaires nous retenons que sa mère est morte d’un cancer py-
Jorique. Elle même souffre depuis 7 ans d’algies lombaires et
de troubles dyspeptiques, douleurs après les repas, constipa-
tion, anorexie. Elle a été traitée par différents médecins pour
ptose du rein et de l’estomac. Les douleurs sacrées ont apparu trois semaines avant son entrée à la clinique. En plus, elle dit avoir maigri de 24 kilogs en une année. À l'examen on note une constitution robuste une paleur excessive des téguments et des viscères. Les organes thoraciques ne révèlent rien d'anormal. |
La palpation abdominale est douloureuse, on sent dans l'hypochondre droit une masse résistante grosse comme le
poing ; au courant d'examens pratiques ultérieurement on
apérçoit de multiples petites tumeurs dans = cavité abdomi-
nale.
L'épreuve du Gaïac dans es selles est nettement positive.
Peu de temps après son admission la malade est subitement prise d'une forte dyspnée dont l’auscultation ne démontre aucune cause probante et qui n’est nullement soulagée par. inhalation d'oxygène.
C'est dans cet état de forte … que la malade succombe deux jours plus tard le 30 janvier 1922.
À l'autopsie, on constate un gros cancer ulcéré de l’esto-
mac occupant toute la région pylorique. Il existe une oarcl- __ nose très étendue des ganglions mésentériques rétropancréa- tiques, trachéobronchiques, médiastinopostérieurs, sous-claviculaires et cervicaux. Le Dans des cavités pleurales se trouvent quelques centimè- Mr tres cubes d’un liquide jaunâtre, légèrement trouble et quel- F ques adhérences fibreuses aux sommets, les poumons sont peu collectés (710 grs et 570 grs) de consistance turgide uniforme. La surface pleurale présente une teinte pâle, rose grisâtre. En de nombreux endroits on reconnaît de petits dépôts fibrineux. Etendu sur toute la sunface se trouve un réseau légèrement saillant, de teinte grisâtre, correspondant évidemment à des Jymphatiques injectés Je parenchyme pulmonaire présente à Ja coupe une teinte rouge clair, La palpation ne révéla nulle part des foyers de densification. A la pression on fait sortir un liquide clair, spumeux en quantité très modérée. fn exa- Be - minant de plus près, on constate que la surface de coupe est # littéralement criblée de granulations saillantes blanc grisâtre, la plupart d’entre elles sont à peine visibles, d’autres plus volumineuses de la grosseur d'un grain de mil, les plus grosses n’atteignant pas le volume d'un grain de chènevis.
On pose le diagnostic d’épithélioma propylorique avec métastases ganglionaires très étendues et lymphangite cancéreuse diffuse du poumon :
Ce diagnostic se vérifie entièrement au microscope. Les
vaisseaux lymphatiques sont tous remplis de cellules noplasiques. Sur la microphoto on voit les lymphatiques autour des Æ bronches distendus par les cellules cancéreuses comme par une masse d'injection. Souvent les vaisseaux sont dilatés, sur =. les coupes qui les intéressent longitudinalement on peut facilement suivre leur trajet qui dessine des cordons monolifor- ; mes traversant plusieurs champs microscopiques. L'aspect des cellules cancéreuses diffère suivant les poinis, Tantôt elles sont
arrondies, isolées, baignant dans la lymphe, tantôt elles sont groupées en amas dans lesquels se trouvent des lumières glandulaires caractéristiques tapissées par des cellules cylindriques. Toujours le noyau est volumineux, hyperchromatique, le propoplasma relativement clair. En somme le néoplasme reproduit l'aspect d'un épithélioma cylindrique de l'estomac à type stomacal. Le parenchyme pulmonaire ne présente en dehors d'un léger œdème aucune altération notable. Il y a donc Jlymphangite cancéreuse diffuse du poumon sans aucune invasion du parenchyme pulmonaire proprement dit. On ne peut expliquer ce fait que par une évolution très rapide du processus.
IT. OBSERVATION (M. Bard)
Jeune homme de 30 ans marié, entré à l'hôpital le 22 Mai 1902 et mort le soir du même jour.
HIT avait été pris assez brusquement l’avant-veille le 20 au soir d’une violente dyspnée, le matin du 21 il s’y était joint des douleurs également violentes à l’épigastre. La dyspnée avait cependant débuté progressivement une quinzaine de jours auparavant ; mais n'était devenue intense que depuis 48 heures. La respiration était régulière, de très grande amplitude, il n’y avait ni toux, ni expectorations, l’auscultation ne révélait que des bruits exagérés sans râles. Le malade n’avait pas de céphalée, pas de vomissements, ses pupilles étaient normales, il avait des selles moulées non moélaniques, par d’œdème. Bien qu’il n’eût pas uriné de toute la journée, la vessie n’était pas distendue ; un cathétérisme ramena 200 grs d’urine: très albumineuse et renfermant des cylindres assez nombreux. Le pronostic était manifestement très grave, mais de diagnostic fort embarrassant. Le patient disait s'être toujours bien porté jusqu’au commencement de février, sauf quelques douleurs gastriques et quelques régurgitations au cours. de l’année
précédente. Le 6 février il avait été pris brusquement étant en chemin de fer, de douleurs violentes à l'estomac, accompagnées d’un vomissement de sang très abondant, état qui l'avait obligé à se faire ‘admettre à l'hôpital, Le lendemain de 2 son enirée, un nouveau vomissement de sang s’élait produit ; accompagné de selles. moœælaniques ; le moœlena s'était répété ‘ de le 13 sans vomissement. On avait fait le diagnostic d’ulcère simple. Pendant son séjour à l'hôpital il contracta la diphtérie; mais il n'eut qu’une angine légère qui guérit au bout de trois
jours sans injection de sérum ; les urines ne furent pas examinées et il quitta l'hôpital de 5 Mars. Ur En présence de ces renseignements on envisagea l’hypo-
thèse d’une perforation de l'estomac ; hypothèse qui fut rejetée devant l'absence de ballonnement et de modification de
= la sonorité. La prédominance de la dyspnée, l'absence de signes anormaux à l’auscultation, l’anurie relative conduisirent admettre une crise d’urémie et il fut même envisagé l’opportunité d’une décapsulation du rein. Des applications de ventouses, des injections de sérum artificiel n'amenèrent pas s# de soulagement. La marche rapide des événements ne permit pas de donner (suite au projet d'intervention chirurgical. A l’autopsie faite par le Professeur Zahn on constate outre une néphrite avec tuméfaction de la substance corticale sans sclérose, un cancer de la petite courburd de l'estomac d'aspect
ulcéreux, avec de nombreuses métastases ganglionaires rétropéritonéales, péribronchiques, sous hépatiques et pancréatiques. Le poumon gauche présente une plèvre épaissie au sommet, il existe surtout à la base une injection blanchâtre de tous les vaisseaux lymphatiques (carcinome). A la coupe on trouve le lobe supérieur pâle et extrêmement œdématié ; cependant l’inférieur est plus rouge et sans œdème. En outre à la coupe, on distingue de nombreux points blanchâtres excessivement petits mais faisant saillie (sans indication de leur
DE Et
mi DOS de
nature), Le poumon droit se comporte exactement comme Île gauche. On constatait sur les parois externes de l'estomac une série de lymphatiques infiltrés irradiant de la petite courbure sur les deux faces de l'organe s'étendant en arrière jusqu’au
voisinage du tiers supérieur de la face postérieure, s’arrêtant en avant à faible distance de la petite courbure : sur les poumons, l'absence de noyaux métastatiques et par contre la gé-
néralisation des lymphangites, se présentant sur les coupes
sous l'aspect d’un semis de grains de semoule donnant l'impression d’une granulée très fine. Sur da face externe, outre les lynrphangites sous-séreuses, on motait des zones alternan-
tes d’atélectasie et d’emphysème, de régions carminées et de -
régions lJivides, rappelant l'aspect des poumons atteints de
bronchite capillaire. Pas d'examen histologique.