SOL CE
Mais, voyons enre de quelles façons diverses opèrent
ne | les différentes associations de mutualité, dans l’administra- 1e, | tion de leur ‘‘Caisse des malades”? Quelques-unes ont la adopté le principe de la décentralisation des pouvoirs, 1a- dans leur administration générale: de ce nombre, par exemple, l'Alliance Nationale, l'Ordre des Forestiers de Catholiques, etc. Celles-là confient à leurs cours ou cercles les Padministration de leur ‘‘Caisse des malades”, tout en on """"{" réservant au bureau principal ou central l'administration de Ë de la ‘‘Caisse de dotation”. D’autres associations, au contraire, ont cru devoir opter pour le système de la cenjen tralisation des pouvoirs, entre les mains d’un Bureau s1s- de direction unique ou souverain, estimant ce système ant plus propre à assurer l’homogénéité et le fonctionnement ail, normal et régulier d’une institution de mutualité. I’ Union res, Franco-Canadienne, l'Ordre Indépendant des Forestiers, tri- les Artisans Canadiens Français, ete, appartiennent à cette tre dernière catégorie. Ici, la ‘‘Caisse des malades’? est admiae, | nistrée au bureau central, tout comme la ‘Caisse de nt dotation’?. An | Bien des choses ont été dites pour ou contre chacun && die. | ces deux systèmes d'opération de la ‘Caisse des malades’? ; rit, maints arguments sont continuellement fournis pour en NRse faire ressortir les avantages ou pour en accentuer les in- Ro convénients réciproques. La solution définitive du conflit qui grandit entre les deux reste encore à trouver. Ce sera dr peut-être la gloire de l’économie sociale catholique que de ad- q k ve sqè contribuer sa bonne part à fournir cette solution. Et il ne A serait pas minime, le mérite du service ainsi rendu à la | in mutualité. |
Les partisans du système de la décentralisation des fonds de secours en maladie, communément appelée: caisses locales, invoquent en sa faveur la prétention que la ‘Caisse des malades”? est, de cette façon, plus efficacement contrôlée, quant à la bonne condition sanitaire des agrégés que les intéressés locaux y laissent admettre, et quant à la collation des bénéfices de maladie, qu’ils accordent avec la plus grande circonspection, sachant qu’ils seront seuls à subir les hausses ou les baisses de leur ‘‘Caisse”” locale. [ls reprochent au système de centralisation de payer inutilement beaucoup de bénéfices qui ne sont pas dus en réalité, et dont les solliciteurs, par défaut de contrôle suffisant sur place, fraudent l’association. Ils accusent en conséquence celle-ci de travailler à sa ruine, en enlevant aux membres l'opportunité de surveiller, comme pour leur compte personnel, la distribution des bénéfices en maladie.
Pour leur défense, les adeptes de la centralisation des fonds de secours en maladie, plus ordinairement dénommée: caisse centrale, répondent que tout engage les membres à exercer le même contrôle que dans l’autre système sur l'admission des nouveaux confrères et l'application des bénéfices en maladie, lorsqu'il y a lieu: puisque leurs intérêts personnels sont également en jeu, dans le premier comme dans le second cas. Ils admettent, néanmoins, volontiers qu’en théorie, le système de centralisation semble commander peut-être un peu moins qu’il ne devrait la sollicitude des sociétaires à cet égard. Ils ajoutent que le danger n’est pas moins grand, avec la caisse locale
qu'avec la caisse générale, en ce qui éoncerne la distribution des bénéfices, par suite du favoritisme qui tend à s’introduire entre confrères locaux se connaissant tous et pouvant se dire: ‘‘si tu travailles à me frustrer de mes bénéfices, cette fois-ci, la prochaine fois que tu seras dans le cas den solliciter toi-même j'aurai mon tour”. Il n’y a pas à douter, vu la faiblesse humaine, que cette spécieuse argumentation puisse exercer de réelles et délétères influences,
Mais le grand argument des anti-décentralisateurs est celui-ci: avec le système de la caisse locale, il peut arriver et il est arrivé déjà que les fonds viennent à manquer dans la ‘Caisse des malades”, par suite d’insuffisance dans le nombre des agrégés locaux, ou bien à cause de maladies trop nombreuses ou trop fréquentes dans une localité particulière, et que des bénéficiaires ayant d’incontestables droits ne puissent obtenir les secours voulus, en temps d'incapacité de travail, après avoir longtemps et fidèlement payé pour s'assurer ces secours. Avec la caisse centrale, les charges portant sur la masse des associés, sont mieux réparties et l’on ne peut citer un seul cas où des bénéfices légitimement dus n’aient pu être payés, sous ce système. Donc, il remplit mieux et plus efficacement les vues de la mutualité humanitaire.
Cet argument a de la valeur, on ne saurait le nier. Supposons, en effet, d’après la démonstration que nous faisions plus haut de la proportion possible des bénéfices, qu'une caisse locale de secours en maladie compte moins de dix-sept agrégés — et c’est le cas pour un très grand
nombre de petits cercles ou petites cours—comment seront réalisés les fonds nécessaires pour payer un sociétaire malade pendant quinze semaines et retirant $75.00 dans une même année? Les partisans de la décentralisation devront il sûrement s'appliquer à faire disparaître convenablement cette diffisulté avant d’insister trop sur la supériorité générale de leur système.
M. Robillard, que je tiens à citer encore ici, est un partisan déterminé de la caisse centrale, et il s’en explique comme suit :