OBSERVATION IV
Val., âgé de 66 ans, domestique, entre dans le service de M, Device le 12 mars 1919 pour « Vomissements ». En dehors
ot.
d'un éthylisme très marqué, rien d'intéressant à noter dans ses antécédents.
L'affection actuelle remonte à 1 an environ. A cette époque, après avoir mangé, le malade ressentait une sensation de corps étranger au niveau du sternum, sensation qui disparaisgait pas l'ingestion d'un verre d'eau. Il avait un peu maigri et perdu ses forces, mais l’état général se maintetenait encore bon. C'est au mois de janvier 1919 que la maladie s'aggrava et que les signes devinrent caractéristiques. Immédiatement après avoir mangé sa soupe le malade était obligé de se lever de table pour rendre ce qu’il venait d'ingérer, indifféremment solides et liquides, et cela quotidiennement après chacun des repas. Il y a une quinzaine ces vomissements se sont considérablement espacés et le malade n'en a eus que deux ou trois après avoir avalé du pain mal mastiqué. Jamais il n’a eu de grands vomissements à jeun le matin ou dans l'intervalle des repas. Jamais d’hématémèse, ni de mélaena. A l'entrée, le malade se plaint seulement de pesanteur épigastrique, immédiatement après le repas. L'appétit subsiste, diminué. L’amaigrissement est considérable, les forces se sont évanouies lui rendant tout effort impossible. Teint jaune. L'abdomen est rétracté, le creux épigastrique sensible, mais l'exploration en est négative, on ne voit pas de voussure, on ne sent pas de tumeur.
Le 15 mars 1919, le malade vu à la radioscopie donne les résniiats suivants
Le E:smuth s'accumule dans l’œsophage, arrêté au niveau du cardia. L'œsophage n'est pas sensiblement dilaté, il ne se vide que lentement, un peu de Bismuth persistant encore au niveau du cardia dix minutes après l'ingestion. Quant à l’image gastrique elle indique une cavité stomacale très réduite de volume par un gros néoplasme à peu près généralisé à tout le viscère. |
Le 18 mars, on note que le malade n'a présenté, depuis son entrée, des vomissements qu’à 3 reprises. À signaler aussi de temps à autre des régurgitations purement salivaires, et subjectivement quelques douleurs épigastriques peu violentes.
Le 20 mars, la laparotomie est faite par le Docteur Delore, qui trouve un énorme cancer gastrique occupant presque tout l'estomac et remontant très haut près du cardia. Devant l’impossibilité de faire une anastomose, on arrête là l'intervention.
Le 28 mars. Le malade n’a pas vomis depuis son opération ; se sentant très amélioré il demande à sortir.
OL