CHAPITRE I
Les Embranchements.
La Morphologie statique doit étudier la forme des animaux en elle-même, considérée comme donnée, et rigoureusement abstraite du milieu ambiant. On ne doit pas, notamment, tenir compte des rapports d'orientation de cette forme avec le monde extérieur et ne pas chercher, entre autres choses, à distinguer ce que d'une façon banale on appelle un centre et un dos; puisque le ventre et le dos ne sauraient être autrement définis que comme ordinairement tourné vers le sol ou éloigné du sol quand marche Fanimal, c'est-a-dire en introduisant des éléments extrinsèques. £
Considéré en lui-même, Têtre présente une surface extérieure et une surface intérieure, dite tube digestif en raison du rôle qu'elle remplit. Ces deux surfaces ^ se raccordent en une ou deux ouvertures. Quand il y en a deux, l'une est nommée la bouche, l'autre Vanus ; la bouche est le point d'entrée des aliments, l'anus le point par où sont rejetés les excréments
(fig- 5).
Les deux orifices ensemble sont donc définis morphologiquement :
Fig. 5. — Raccord do la surface extérieure et de la surface intéritMire d'un animal— l,par deux ouverlures; 2, par une seule ouverture : Ey surface cxlérieuro; /, surface intérieure; Bf bouche; A, anus; A' -k-B', blaslopore.
{N. B. Dans le croquis 1 la lettre / est mal repérée; elle doit désigner la ligne ponctuée qui figure la surface intérieure.)
L..-Sll
ils ne sont au contraire distingués que par des rapports avec le milieu extérieur, et celte distinction ne pourra être prise en considération que si elle concorde absolument avec d'autres caractères intrinsèques.
Quand il y a un seul orifice, A' -{- B\ on Tappelle blastopore. On établit parmi les animaux plusieurs types ou embranchements en raison des rapports de position de la surface intérieure avec une dépendance définie de la surface extérieure que Ton nomme
système ners^eux. Le système nerveux, qui peut être plus expressément caractérisé par sa structure et son rôle, Test déjà suffisamment par la façon dont il dépend de la surface extérieure, à laquelle il est toujours attaché par un certain nombre de liens que Ton appelle des nerfs. Les points d'attache sur la surface extérieure sont faciles à préciser et s'appellent les organes des sens (fig. 6).
Puisque nous ne voulons tenir compte ni du ventre ni du dos, ni d'aucun caractère retiré du rapport de Tanimal avec le monde ambiant, nous nous arrangerons de manière à représenter les êtres de telle sorte que leur système nerveux soit vertical et placé à notre droite. Assez souvent les relations du système nerveux avec la surface extérieure sont peu nombreuses et localisées dans une région de l'animal; dans les cas où elle est manifeste, cette région, banalement nommée tête, se placera en haut; si elle n'est pas visible, il y aura indétermination. La bouche aussi bien que l'anus auront, par rapport aux coordonnées que nous prenons, une position variable sur laquelle nous renseignerons dans chaque cas.
CuviER reconnaissaitquatre embranchements. Après bien des essais, on en admet aujourd'hui sept qui ont été proposés par Leuckart en 1848. Suivant de plus près la définition même de l'embranchement et les principes de Cuvier, nous admettrons deux sous-règnes : les Protozoaires et les Métazoaires ^ et nous subdiviserons ces derniers en cinq embranchements qui sont les Vertébrés, les Mollusques, les Articulés, les Echinodermes, les Gastréades,
Fîg. 6. — E, surface extérieure; sftj système nerveux; iV, nerf; os, organe des sens.
Caractéristiques des Embranchements.
Le Vertébré est caractérisé par cela que son système nerveux est parallèle à la surface intérieure; c'est-à-dire qu'il ne croise, ni
LES EMBRANCHEMENTS
n*entoure en aucun cas celle-ci (fig. 7). Chez tous les animaux, les Protozoaires étant mis à part, le système nerveux entoure le tube
Fig. 7. — Schéma du tvpo Vertébré.
E, surface extériouro; /, surface intérieure; «n, système nerveux; B^ bouche; il, anus; T, ventre; D, dos.
Fig. 8. — Schémas: 1, du type Mollusque; 2, du type Articulé.
E, surface extérieure; /, surface intérieure; j«, système nerveux; B, bouche; A, anus; r, ventre; D, dos.
digestif et cela explique la valeur statique de la division proposée par Lamargk en Vertébrés et Invertébrés.
Le type Mollusque s'exprime en disant que le système nerveux entoure deux fois la surface
intérieure, ou, ce qui revient au même, qu'il fait un double collier autour du tube digestif(fig. 8).
La caractéristique du type Articulé est la présence d'un seul collier autour du tube digestif (fig. 8).
Dans le type Echinoderme^ le système nerveux n'entoure aussi qu'une seule fois la surface intérieure; mais il se divise en cinq parties
Sfls
Fig. 9. — Schéma du type Échinodcrme.
Et surface extérieure; /.surface intérieure; sn
système nerveux; 1?, bouche: A; anus.
d'égale importance qui sont disposées d'une façon rayonnée (fig. 9). "
Dans le type Gastréade, le système nerveux est réduit au collier
qu'il forme autour de la surface Intérieure, et celle-ci ne se raccorde avec la surface extérieure que par une seule ouverture, à la fois bouche et anus; il est le plus souvent fort difficile de reconnaître dans cet embranchement un ventre et un dos (fig. 22).
Les Protozoaires vont être mis à part de tout le reste, plutôt que caractérisés comme embranchement, par Tabsence complète de surface intérieure définie et de système nerveux. Il ne peut y avoir par suite entre les deux aucun rapport permettant d'établir un type d'organisation. Un Protozoaire est un être le plus souvent microscopique composé d'une petite masse de substance, que nous apprendrons à connaître sous le nom de protoplasme ou sarcode, et au centre de laquelle on aperçoit d'ordinaire une masse distincte ou noyau (fig. 24).
Donc, conservant expressément les principes de Cuvirr, ajoutant seulement dans le règne animal les Protozoaires qu'il ne connaissait pas, nous proposons avec la plupart des zoologistes la distinction entre Protozoaires et Métazoaires; et c'est h ceux-ci seulement que nous appliquons le critère retiré de la position des groupes d'organes.
Le tableau suivant résume ces propositions.
Sous^règncs.
Embranchements.
Vertébrés.
Mollusques.
Règne
Métazoaires
Articulés.
Animal
Protozoaires.
Echinodermes.
Gastréades.
Les embranchements des Vertébrés, des Mollusques et des Articulés sont caractérisés de la façon même que Cuvibr a inaugurée; les Echinodermes et nos Gastréades composent à peu près son embranchement unique des Rayonnes, et il semble bien que nous échappions aux principes de la Statique en subdivisant celui-ci en deux autres. Dans les deux embranchements que nous proposons, les rapports de position de la surface intérieure et du système nerveux sont essentiellement les mômes, et nous ne pouvons guère invoquer pour motif de la distinction que la présence de deux ouvertures au tube digestif dans un cas et d'une seule dans l'autre. Or ceci est déjà une considération tirée du degré de complexité dans l'organisation, c'est-à-dire une vue cinématique des objets. Cependant observons que pour assurer l'Identité de position de la surface intérieure et du système nerveux dans un cas et dans l'autre, Il faudrait affirmer l'identité de l'orifice B de l'Echlnoderme avec A' -\~IÏ du Gaslréade et repousser l'identité du même A -^-B avec A de l'Echlnoderme. Nous n'avons pour le faire aucune raison statique
LES EMBRANCHEMENTS
retirée d'une propriété intrinsèque de ces formes elles-mêmes; il convient donc de les séparer et d y voir deux types.
Description des Types d'organisation.
En outre du trait d'organisation qui les caractérise et que nous venons de signaler, tous les ani- ^^^ jj ^^ maux appartenant à un même embranchement possèdent en commun un certain nombre de propriétés, qu'ils peuvent au reste partager plus ou moins avec les autres embranchements. C'est en exposant ces propriétés que nous allons nous avancer peu à peu de notre première notion trop abstraite à une connaissance de plus en plus concrète des types animaux.
I. Le Vertébré. — Nous allons décrire d'abord les organes dans
Fi g. 10. — Projection sur un pi d'un Vertèbre N, système nerveux central ; «, n^alc : o, oreille ; gs^ ganglion s| thique —A, surface intérieure ou \ — fl, rein; m, uretère — C, cœur aorte; car, artère carotide; de, cardinale antérieure ou postéri< veine sus>hépatique ; FC), sectioi inférieure; VC^^ section abdom rieure — CA, corde dorsale ; v, p
CK VCR
peuvent se représenter par une figure longitudinale; c'est-à-dire par leur projection sur un plan déterminé. Nous compléterons par la projection sur un second plan perpendiculaire au premier.
Chez les Vertébrés, il existe une région où se groupent trois organes sensoriels importants (fig. 10) : le nez, w, l'œil, Œ et l'oreille, o. C'est la tête; le système nerveux, TV, y prend un développement plus grand que partout ailleurs et il porte le nom particulier A'' encéphale. Comme nous l'avons dit, le système nerveux, Nj ne rencontre ni n'entoure la surface intérieure ou tube digestif, /. Cette surface digestive présente un certain nombre de plissements secondaires, dont nous devons signaler le plus important que l'on nomme le foie, F,
Les Vertébrés possèdent en commun une sorte d'organe en forme de cylindre plein, situé entre le système nerveux et le tube digestif et que Ton appelle la corde dorsale y Ch, Cet organe axial a d'ailleurs une importance variable.
Il existe un système clos de canaux dans lesquels circule un liquide particulier : le sang. Chez les Vertébrés, ce liquide est rouge et animé d'un mouvement régulier dans un sens déterminé. Le système de canaux qui le contient est V appareil circulatoire. Celui-ci est formé de plusieurs conduits longitudinaux, c'est-à-dire disposés suivant la plus grande longueur de l'animal. On distingue un premier conduit, antineural, qui dans les diverses sections de sa longueur porte les noms de çeine porte, FP, vaisseaux du foie, veine sus'hépathiquey VSH, veine cave,' VCi, et cœur, C^. Cette dernière section présente une complication variable, mais elle est toujours douée de parois épaisses, capables de se contracter et de se relâcher alternativement, et, par ce jeu, d'imprimer un mouvement au liquide sanguin. Il existe un second conAml, paraneural, qui porte les noms d'aorte, AO^ et d'artère carotide, car. Les deux vaisseaux antineural et paraneural sont réunis l'un à l'autre par une ou plusieurs branches passant sur le côté du tube digestif et que l'on nomme crosses aor tiques, AOi.
Un autre système longitudinal est constitué par les vaisseaux dits veines cardinales, VCR, antérieure et postérieure, qui se réunissent au vaisseau antineural, en arrière du cœur, par un tronc auquel on a donné le nom de canal de Cuvier ou ductus Cuvieri, dC. A cet ensemble s'ajoute un gros tronc qui longe le foie, ou le traverse sans se ramifier, et qui vient rejoindre le système antineural au point
1. Dans les traités descriptifs on ne distingue pas entre les deux sections de la veine cave VCi et VCs ; nous pensons devoir appeler l'attention sur ce point très important. Notre description est fondée uniquement sur la place des organes : elle est purement morphologique ; les organes ont, au contraire, été dénommés en raison de leur rôle, c'est-à-dire par des considérations physiologiques. Et nous nous trouvons en présence d'un exemple des innombrables et nécessaires désaccords entre les abstractions statiques.
tES EMBRANCHEMENTS
HJ
RT
b^*v CI
Signalé sur notre figure entre les deux sections VSH et VCi, Ce dernîer vaisseau, FC,, est la çeine caçe^ dite aussi çeine caç^e inférieure. A leurs terminaisons, ces gros troncs sont résolus dans un réseau de vaisseaux excessivement fins ou capillaires qui établissent de nouvelles communications, dont le rôle physiologique est très grand.
Un organe important, le rein, Jî, communique par un petit canal nommé uretère^ ii, avec l'extérieur et sert à rejeter au dehors les produits solubles inutiles ou nuisibles à l'animal.
Tous ces organes se trouvent chez tous les Vertébrés. On y rencontre aussi très généralement une série de pièces osseuses, c'est-à-dire durcies par un dépôt abondant de carbonate et de phosphate de chaux. Ces pièces, appelées çertèbresy (*, sont en nombre égal à celui des racines nerveuses dont nous allons parler, et contribuent avec celles-ci à donner à la région dorsale du Vertébré une disposition que l'on nomme meta-mériquey voulant exprimer par là que l'ensemble de cette région est formé par la répétition rythmique de parties pareilles.
Le plus souvent, le Vertébré possède quatre membres, et en tous cas il n'en présente jamais plus de quatre. Les membres sont soutenus par des pièces osseuses, articulées entre elles, fonctionnant comme des leviers et qui sont suffisamment indiquées par la figure 11.
La masse importante du système nerveux, iV, dite aussi système ners^eux central^ est un tube qui émet tout le long de son parcours des filets, appelés racines nerçeuses. Celles-ci présentent sur leur trajet des renflements appelés ganglions. Le plus voisin du système nerveux central porte le nom de ganglion spinal, gs (fig. 10); il en existe un second un peu plus loin, au voisinage de l'aorte et qui est le ganglion sympathique, gsy. Dans la région céphalique, le tube nerveux se renfle en une masse que l'on nomme encéphale, et se transforme en cinq vésicules séparées par des constrictions Ces vésicules portent les noms suivants :
Prosencéphale : cerveau antérieur.
Thalamencéphale : cerveau intermédiaire.
Mésencéphale : cerveau moyen.
Métencéphale : cervelet.
Fig. 11.
Squelette du membre do Vertébré.
Hh\ humérus ou fémur; WT, radius ou tibia ; T/*, cubitus ou péroné; CT, carpe ou tarse; D, métacarpe ou métatarse et doigts.
Les premiers noms se réfèrent au membre antérieur; les seconds au postérieur.
Myélencéphale : moelle allongée.
Le cerveau antérieur est recoupé par un sillon médian en deux lobes latéraux appelés hémisphères.
La cavité du tube, appelée dans le tronc canal de Tépendyme, porte dans ces diverses vésicules différents noms pointés sur notre figure (fig. 12).
La disposition des organes sera beaucoup plus exactement comprise si nous les représentons dans une tranche transversale, projetée
sur un plan perpendiculaire à celui de notre figure précédente et horizontal. Sur cette coupe d'ensemble (fig. 13), nous allons retrouver les par- Pr ties décrites et compléter leur description.
D'abord le système nerveux central, N^ se YW montre comme uncylindre creux à parois épaisses, M«> dont la cavité centrale, ep^ est le canal de Vèpen- ^\ dyme^ ou bien, dans la région de la tête, les ^^ çentfûcules cérébraux.
Nous retrouvons la racine nerveuse que nous avons signalée et dont le par-
Fig. 12. - Schéma do rencéphalo des Vertébrés; vue COUrS rclic le tubc UCrVCUX
latérale et dorsale. central, Ic ffanfflion spi-
yr, prosoncéphale; T//, Ihalamoncéphalc; Ms, mésen- i i»
phale; ^/,Tnétencéphale; Afy, myélencéphale; g7>, glande Ual, gsp, et le gaUgllOn
pinéalc; t«A infundibul.un; /, //. ///. IV, 1" 2*, 3- et 4- svmpathique, l'SÎ/. A CCttC
ventricules cérébraux; tM, trou de Mouro; AS, aqueduc «^ *^. * \^ *'
deSyiviu». première racine, que Ton
appelle aussi racine dorsale, parce que chez le Vertébré le dos est toujours de son côté, est adjointe une racine que par opposition avec la précédente on appelle alors ventrale^ et qui, partie aussi du tube nerveux, ne présente sur son trajet aucun renflement ganglionnaire et va rejoindre la première au delà du ganglion spinal, pour constituer avec elle un nerf mixte. Ce nerf, d'une part, se termine sur les masses musculaires, 3/, qui forment la paroi du corps en une région, /«/, dite plaque motrice^ et, d'autre part, envoie des filets à la peau sur laquelle ils s'attachent en formant de petits organes sensoriels,/, qui, dans la région représentée, donnent surtout à l'animal des impres-
LES EMBRANCHEMENTS
IKS
sions tactiles, c*est-à-clîre concernant la dareté, la résistance on la température des objets.
Nous retrouvons également la vertèbre que cette nouvelle figure nous montre composée de plusieurs pièces. L'une de celles-ci est centrale, c'est le centrum de la vertèbre, 67; d'autres, tournées de façon à entourer le tube nerveux, présentent une forme d'arcs qui leur a valu le nom à'arcs neuraux, an; ces pièces portent le plus souvent sur le côté une apophyse ou saillie appelée apophyse transversCy at. D'autres pièces encore, dirigées vers les vaisseaux sanguins, constituent les arcs hémaux, ah. Le centrum de la vertèbre englobe plus ou moins étroitement la corde dorsale, Chy qui en demeure plus ou moins distincte suivant l'intensité de la calcification.
La position des vaisseaux sanguins : aorte, veines cardinales, veine cave, veine porte, se trouve précisée sur notre figure ainsi que celle des reins.
Tous les organes dont nous venons de parler sont séparés de la surface interne, /, par une double paroi, qui du côté extérieur s'appelle somatopleure y sm, et du côté intérieur splanchnopleurej sp. Entre les deux lames existe un vide, cgj qui est la cavité générale. Une semblable enveloppe à double paroi constitue ce qu'on nomme une séreuse^ et celle qui nous occupe porte encore chez les Vertébrés le nom àe péritoine dans la région postérieure au cœur, et de péricarde dans la région du cœur.
Entre tous les organes précédemment décrits, on trouve de la place vide ; elle est comblée par un tissu spécial que l'on appelle le mésenchyme, ms, et dont, provisoirement, nous nous bornons à
fr
-db
Fig. 13. — Coape par an plan transYersal des organes chez le Vertébré.
N, STstême nerrenx central : ep, canal de l ependvme; gsp, ganglion spin»l ; gsy^ ganglion sympathique; rm^ racine ventrale : /, terminaison nerrense sur la pean; m/, terminaiM>n nerveuse» sur un muscle — Jf, niasses muscalaires; E^ rein; eg, cavité générale; sp, splanchnopleure: sm, somalopleurc — AO, aorte; T/», veine porte; VCKy veines cardinales; VC^, section abdominale de la v<'ine cave inférienre — ms, mésenchyme ; F, vertèbre ; Ct. centrum ;\an, arcs nenranx ; ah, arcs hémaux : a/, apophyses transverses ; Ch. corde dorsale — /, surface inlérienre ou tnbe digestif.
indiquer la position par de petites croix. Au contact des organes qu'il limite, le mésenchyme leur forme comme des enveloppes auxquelles on donne des noms particuliers suivant Torgane enveloppé. En outre, au sein du mésenchyme, sont creusées des lacunes ou des canaux constituant le système lymphatique, qui d'autre part communique avec le système sanguin en venant s'ouvrir dans la veine cardinale antérieure.
Il est à remarquer qu'au moins dans leur ensemble, tous les organes du Vertébré sont disposés d'une façon symétrique par rapport à un plan. Le plan de symétrie va du milieu du ventre au milieu du dos, c'est sur lui que se trouve projetée notre figure 10. Dans la réalité concrète, certains organes apportent un trouble de détail à cette symétrie. Il en est spécialement ainsi pour la surface intérieure. Théoriquement cylindrique, elle a, en fait, un axe beaucoup plus long que la distance séparant la bouche de l'anus; par suite, le tube qu'elle forme se contourne en replis très compliqués. Ceux-ci entraînent avec eux le péritoine et masquent le plus souvent la symétrie intérieure dans la région ventrale du corps.
II. Le Mollusque. — Le Mollusque est caractérisé par ce que le système nerveux entoure deux fois la surface intérieure dans la région où celle-ci porte le nom d'œsophage, ou, comme on dit encore, parce que le système nerveux fait un double collier œsophagien. Le système nerveux n'est pas un tube, comme celui du Vertébré, mais est constitué par un certain nombre de masses renflées ou ganglions^ qui sont reliées entre elles par des filets plus déliés appelés connectifs. Une paire de ces ganglions existe toute seule sur le côté du tube digestif qui correspond à la face dorsale de l'animal; on les appelle ^ano^Z/o/i5 cérébroïdes, GC (fig. 14). Par le double collier qui s'en détache, ils se relient à deux systèmes différents de ganglions. Le premier système est constitué par l'unique paire, GXy des ganglions pédieitx. Le second système est une chaîne plus longue qui porte trois paires de renflements GZi, 6.Z,, GZ^, Les premiers sont les ganglions pallêau.v; les seconds, les ganglions intestinaux ; les troisièmes, les gang/ions viscéraux. Aux ganglions cérébroïdes se rattachent les organes des sens très caractérisés comme l'œil, 6P, et l'oreille ou otocyste, o, bien que celle-ci soit le plus souvent au voisinage immédiat des ganglions pédieux.
Les Mollusques ont une notable partie de leur corps enfermée dans une production calcaire appelée coquille, Cq ; et la disposition d'un certain nombre de leurs organes présente un rapport harmonique avec cette circonstance. En particulier, la surface intérieure, ou tube digestif, est contournée de façon à ce que ses deux ouvertures soient en dehors de la coquille. La bouche, B, est dans le voisinage des
LES EMBRANCHEMENTS
organes sensoriels et Tanus, A^ s'ouvre dans un replî de la peau formant une poche dite cavité palléale y cp, La surface intérieure présente plusieurs plissements dont nous ne signalerons pour Tinstant que
le plus volumineux ou 1.1*
foie, Fy dont l'ouverture est située au delà d'une dilatation qu'on appelle estomac.
Un liquide, fort différent de celui que nous avons appelé sang chez le Vertébré et qui porte cependant le même nom, circule dans un système de canaux ou vaisseaux sanguins. Parmi ceux-ci, il importe de distinguer un système longitudinal antineural dont les diverses sections portent en Anatomie descriptive les noms de : aorte descendante y AOdy cœur y C, et aorte ascendante y AOa.
Ce système équivaut morphologiquement au vaisseau antineural des Vertébrés; il lui est homologue mais non analogue :
contradiction fréquente et dont nous savons la raison en dehors des phénomènes. Le seul rapport, exact à la fois en analogie et en homologie, est que sur l'un comme sur l'autre se trouve le cœur, organe propulseur du liquide sanguin.
Il existe aussi un vais-
.Ci<- /B
GX
hi
yfP
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--or .6r
Fig. 14.
— Projection sur un plan longitudinal des organes d'un Mollusque.
Cq, coquille ; cp, cavité palléalu ; br, branchie — • CC, ganglions cërébroïdes; GXy ganglions pédicux ; CZi, ganglions palléaux; GZ^, ganglions intestinaux; CZj, ganglions viscéraux ; û?, œil; o.otocystc—/, surface intérieure ou tube digestif; By bouche; i4,anus; A', foie — c^p, cavité générale péricardique; cgg^ cavité générale génitale; a, rein ou corps de Bojanus ; o§r, ouverture génitale ; or, ouverture rénale — AOdy aorte descendante ; C, cœur; i40a, aorte ascendante ; vpn, vaisseau parancural —pp, propodium; msp, mésopodium; mtp, métapodium.
seau paraneural, i^pn, qui
se relie au vaisseau antineural par un conduit situé dans le milieu du double collier œsophagien. Le canal paraneural ne présente pas exactement la même disposition dans toutes les classes de l'embran-
chement, parce que sur son trajet s'interposent diversement des ruptures ou lacunes, dont nous allons expliquer la signification tout à l'heure. Suivant l'importance de ces lacunes, suivant aussi la place de leur communication avec le vaisseau paraneural, on obtient des dispositifs qui ont semblé essentiellement différents.
Les deux systèmes antineural et paraneural communiquent encore par l'intermédiaire des lacunes situées dans un organe particulier appelé blanchie, bi\ Cet organe, saillant dans la cavité palléale, présente de très nombreux plissements, qui rendent très grande sa
surface de contact avec le milieu \^y <^^ / /p^ or ambiant. Il sert à la respiration,
^ ' ' ' c'est-à-dire aux échanges gazeux
du sang avec l'air extérieur dissous w dans l'eau au milieu de laquelle vit l'animal. Le sang revient de cette branchie au vaisseau antineural, en arrière du cœur.
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Fig. 15. — Projection sur un plan horizontal do certains organes d'un Mollusque, c/?, cavité palléale; br, branchie — 6'Z, ganglion nerveux — /, surface intérieure ou tubo digestif; i4, anus ^cgp, cavité générale péricardique; c^, cavité générale génitale; Rj rein ou organe do Bojanus; or^ ouverture rénale; og-, ouverture génitale — C", cœur; i7;/t, vaisseau paraneural; c6r, vaisseau branchial — wSf mésenchyme.
Comme chez les Vertébrés, se trouve une cavité générale. On peut chez les Mollusques distinguer dans celle-ci deux régions, l'une est la séreuse du cœur ou casfité générale péricardique, cgp, l'autre une séreuse, dans la paroi intérieure de laquelle se forment les éléments génitaux destinés h perpétuer la vie de l'animal :
c'est la ca\>ité générale génitale, cgg. L'une et l'autre s'ouvrent au dehors, chacune par un conduit qui vient déboucher dans la cavité palléale, celui de la première en
or
, celui de la seconde en og. Une
région localisée de la cavité générale péricardique est spécialement affectée à débarrasser le sang des produits nuisibles solubles, c'est le rein ou corps de Bojanus, R.
La description se complète et se précise par le simple examen de la projection d'un certain nombre des organes sur un plan horizontal perpendiculaire à celui de la figure précédente (fig. 15). Bornonsnous seulement a faire remarquer que nous avons représenté toutes les parties comme symétriques. Elles le sont en effet dans la plupart des cas, mis à part le trouble secondaire apporté par le contournement du tube digestif. Il est cependant toute une classe, celle des
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Gastéropodes, chez laquelle la symétrie est beaucoup plus profondément affectée, et dans laquelle nous pouvons voir disparaître un rein, une cavité générale et une branchie. Entre tous les organes décrits existent des vides comblés par le mésenchyme, qui double les organes d'une membrane d'enveloppe, et dans lequel peuvent, comme chez les Vertébrés, se creuser des lacunes dont l'ensemble constitue un système lymphatique susceptible de se mettre en communication avec l'appareil sanguin. Mais, tandis que chez les Vertébrés ces lacunes sont fort étroites et suffisamment endiguées en général pour mériter le nom de canaux lymphatiques, et que leur ouverture dans l'appareil vasculaire est très petite et très localisée, nous trouvons chez les Mollusques des lacunes très vastes, très diffuses, pouvant communiquer largement avec la partie paraneurale du système vasculaire, à tel point que celle-ci devient indistincte en des régions plus ou moins importantes de son cours, et peut même ne plus être visible du tout. Le vaisseau antineural, au contraire, n'est jamais effacé par des lacunes. La présence de ces lacunes a pour conséquence que les Mollusques ne possèdent point à la terminaison de leurs gros troncs le fin réseau capillaire que nous avons signalé chez les Vertébrés, et qu'il n'y a pas de distinction nette à établir entre leur sang et leur lymphe ; leur liquide sanguin serait plus exactement appelé hémolymphatique même au point de vue morphologique seul. On a donné et l'on donne parfois encore le nom de cavité générale à l'ensemble de ces lacunes ; c'est une grave confusion, contre laquelle se sont élevés les morphologistes compétents^
Il faut, en terminant, signaler comme fort général chez les Mollusques un organe appelé pied et qui sert aux divers modes de locomotion. On y peut distinguer trois parties : l'antérieure ou propodium y ppy la moyenne ou mésopodium^ msp^ et la postérieure ou métapo" diuniy mtp,
III. L'Articulé. — Si nous voulons donner sur l'organisation de l'Articulé des renseignements pour compléter ceux qui déterminent l'embranchement, il nous sera utile de distinguer dès maintenant deux sous-embranchements : celui des Arthropodes et celui des Vers annelés. Tous les deux possèdent le caractère de l'embranchement, savoir un simple collier nerveux autour de l'œsophage. Il résulte de cela que les ganglions cérébroïdes se rattachent, non plus à deux systèmes, que nous avons appelés GXet GZ chez les Mollusques, mais à un seul système, GX,
nia. Sous-embranchement des Arthropodes. Le sous-embran-