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oir Dynamique Technique, ch. V et VU

Génération. — Croissance et Régénération.

Nous avons étroitement défini la génération soit comme une somme d'individus issus d'un même germen, soit, dans un autre sens pour lequel il vaudrait mieux peut-être employer le mot de genèse^ comme l'activité d'un germen rigoureusement qualifiée par les processus très nets de la maturation. II ne peut y avoir de la sorte d'autre genèse que de Vovogenèsey et le bourgeonnement non plus que la scissiparité ne doivent jamais être dénommés blastogenèse ou schizogenèse. Ces phénomènes ne nous semblent en aucune façon des genèses : comme tous ceux qui ont pour fondement la division cellulaire banale suivie de différenciation, ce sont de simples actes de croissance.

Pour bien préciser notre pensée, il importe de distinguer ce que tous ces phénomènes ont de commun et de différentiel : tous ont pour fondement commun la division cellulaire active; c'est par là qu'ils ont pu être confondus, mais ils sont effectivement séparés, parce que ceux de la genèse partent d'une seule cellule spécialement préparée, tandis que ceux de la croissance et du bourgeonnement partent d'une ou plusieurs cellules qui sont tout simplement indifférentes.

II résulte de là que la définition de l'individualité que nous avons opposée à la nôtre et rejetée comme imprécise en ce qui concerne les zoïtes réalisés englobe une confusion de plus, si nous tenons compte de la façon dont ils se réalisent. Les uns, en effet, sont produits par l'évolution d'un œuf, les autres, par l'évolution d'un bourgeon; on met donc en parallèle deux processus qui nous semblent éminemment distincts, si Ton retire de toutes les recherches modernes sur la préparation des éléments génitaux les enseignements qu'elles contiennent.

Dans les cas où se manifeste le bourgeonnement, l'imprécision relative au terme d'individu, le parallélisme mal fondé établi entre les résultats du bourgeonnement et de l'évolution de l'œuf avaient conduit de nombreux auteurs à concevoir une sorte d'alternance entre des individus nés génitalement et des individus nés par bourgeonnement. En outre des difficultés de principe que nous avons

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signalées, celte manière de faire rassemble quelques cas particuliers dans un chapitre confus^ mal raccordé avec l'ensemble de nos connaissances, et, en quelque sorte, isolé au milieu des phénomènes généraux.

L'assimilation que le terme de générations alternantes prétend établir avec le cycle très net des Cryptogames vasculaires et des Muscinées nVst au reste guère fondée; car, chez ceux-ci, Ton voit alterner une genèse par œuf fécondé et une genèse par spore. Or celle-ci est une cellule spécialement préparée, d'une façon presque aussi rigoureuse que Tœuf, et d'ailleurs elle n'a point d'équivalent parmi les animaux. Chez les Protozoaires, en eflet, la sporulation semble toujours précédée d'une conjugaison ou tout au moins d'une karyogamie; elle traduit donc l'apparition d'un individu nouveau, suivie de sa fragmentation.

La spore des Métaphytes est comme une seconde sorte d'œuf, capable d'évoluer sans fécondation, et les cellules qui chez les Métazoaires forment l'ébauche d'un bourgeon n'ont aucun rapport avec cela. Aussi devons-nous renoncer au thème spécial des générations alternantes, et nous résoudre à traiter çà et là, au cours de ce livre, à la place qui nous paraîtra le mieux convenir à chaque cas, les manifestations que l'on a coutume de grouper sous cette rubrique.

Après avoir rigoureusement réduit la genèse à la préparation et à l'évolution ultérieure de l'œuf fécondé ou non, concentrons notre attention sur les phénomènes de pure croissance et surtout sur ceux qui en sont des modalités un peu particulières.

La croissance ordinaire, que nous pouvons en quelque façon considérer comme normale chez les animaux, ne se fait pas sans changements de forme, et ceux-ci sont réalisés par des plissements de surface. Le mode simple du plissement peut être dans une foule de circonstances remplacé et en quelque sorte restauré par des processus d'allure métabolique. Cette proposition étant pour ainsi dire le thème fondamental du présent ouvrage, nous n'avons pas à la développer à cette place d'une façon particulière; mais, puisque en soulevant la question d'individualité nous avons aussi soulevé celle de la croissance, il faut dire, pour compléter notre pensée, que nous faisons rentrer dans les phénomènes de croissance, et spécialement dans le faciès métabolique de celle-ci, toutes les manifestations désignées par les termes suivants : bourgeonnement ^ construction secondaire de la forme par disques imaginaux^ ou iplus généralement par disques réparateurs, bourgeonnement interne, production de gemmules, cicatrisation, régénération et greffe.

Tous ces processus forment une série continue et cohérente, parfaitement distincte de la genèse. Chacun d'eux, d'ailleurs,

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s'introduit comme conséquence d'actions extérieures actuelles, connaissables sinon exactement connues; au contraire, le déterminisme des phénomènes de genèse et de la différenciation génitale est incontestablement plus primitif et directement lié au fonctionnement élémentaire du protoplasme.

Parmi les processus que nous venons de signaler, le bourgeonnement se distingue moins d'ailleurs par sa nature même que par ses effets. Tandis que l'active production de cellules nouvelles a pour résultat ordinaire chez les animaux de produire des replis et, par suite, d'introduire le milieu ambiant dans la masse vivante, le

bourgeonnement , au

1 j -contraire, occasionne

des saillies qui font

pénétrer l'être dans le

milieu extérieur. Cette

conformation plutôt ca-

ractérisque des plan-

V^ tes, comme l'avait déjà

remarqué Cuvier, se

^ rencontre au reste chez

J les animaux qui sont,

Fig. 527. — Larve de (rtof^o/iAorum /u/eum, dérivation COmmC cllcs, immo-

cctodermique de la chambre péribranchiale (Caullbry). i -i fivaf'nn

PBy chambre péribranchiale j/^, fente branchiale. fl ft * 1

Rapporté à la notion de croissance le bourgeonnement se traduit comme une localisation de celle-ci, et plus ordinairement comme diverses localisations successives et répétées tantôt sur une région et tantôt sur une autre.

Dans les formes très simples, comme les Cœlentérés, le bourgeon est une saillie composée d'ectoderme et d'endoderme; et il n'est pas surprenant de le voir acquérir une forme semblable à celle de l'être sur lequel il s'est formé, car dans la simplicité du type il n'y a pas un grand choix d'éventualités.

11 en est tout autrement s'il s'agit d'un animal de forme très compliquée, comme par exemple d'un Tunicier, groupe bien étudié à cet égard, et l'on peut être à bon droit surpris de voir un bourgeon, d'abord simple vésicule h deux feuillets, acquérir par des complications successives une forme que l'on est fondé à dire identique à celle qui s'organise directement aux dépens de l'œuf. Là, sans doute, est la raison qui fait comparer cette évolution à la production d'individus nouveaux, surtout si l'on ne prend pas garde que la forme n'est point

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