Voiv Dynamique Technique j ch. Vil
CINEMATIQUE
PB
l'individualité. Mais cette construction d'une forme totale est-elle plus surprenante que la reconstruction de la patte coupée sur une Salamandre et qui se refait sur le même type, différenciant les mêmes os, les mêmes muscles, et d'une façon générale les mêmes tissus. Il s'agit évidemment de processus identiques qui diflPërent seulement par le degré et point du tout par la nature essentielle.
Caullery* a vu le lien qui existe entre le bourgeonnement et la
régénération, et a développé ^^ à son point de vue cette ma-
nière de comprendre.
I Au surplus, la différenciation
du bourgeon bien que conduisant a la même forme que la différenciation de l'œuf n'y aboutit pas par les mêmes moyens. Il y a dans les procesi sus évolutifs de la première
catégorie une certaine latitude, une certaine indétermination très générale pour les phénomènes de réparation et de métabolie, à peu près inconnue, d'autre part, dans les ontogénies provenant sans trouble de la division d'un œuf.
Pour en citer quelques exemples, signalons que d'ordinaire, chez les Tuniciers, la paroi extérieure de la vésicule dont se compose le bourgeon provient de l'ectoderme de la larve sur laquelle elle est née, tandis que la paroi intérieure dérive de l'endoderme; plus expressément elle est une saillie des tubes épicardiqiies (van Beneden et Julin). D'après Hjort, les Botryllidés font exception à celte règle et les deux vésicules emboîtées dont il s'agit sont l'une et l'autre d'origine ectodermique.
La cavité péribranchiale résulte chez la larve, née de l'œuf, d'un double plissement ectodermique (fig. 527); elle est chez le bourgeon formée par deux replis endodermiques (fig. 528). De même, le système nerveux chez l'oozoïte dérive tout entier de l'ectoderme, tandis que chez le blastozoïte il dérive de l'endoderme (Pizon). On
est
Fig. 528. — Diplosoma gclatinosum, ddrivatioa ondodermiquo do la chambro péribranchiale dans lo bourgeon (Caullery).
ec, cctodermo; enrf, endoderme; PB^ chninbro péribranchiale; tep^ tubes épicardiquos ; est, estomac; A, rectum de la larve; r, rectum du bourgeon.
1. Caullery. Bull. Se. de la France ei de la Belgique, t. XX VIII, 1895.
Mi.
aperçoit sur les figures 529 et 530 la vésicule interne qui donne par des plissements extérieurs à elle, les deux moitiés de la cavité péribranchiale, le tube nerveux, le tube digestif, les tubes épicardiques, et qui finalement détache a sa région postérieure une vésicule close, C -h /?/*, ébauche du cœur et du péricarde. Il est assez général chez les Tuniciers que l'organe génital du blastozoïte soit un prolongement de celui de Toozoïte.
La multiplicité de la forme répétée dans le soma coexiste avec Tunité et la continuité du germen, qui simplement subit des phénomènes d'évidente croissance, sans rien de plus. On voit d'ailleurs de fort importantes modifications survenir dans
Fig. 529. — DLstaplia rnagnilarva, organogénie du
bourgeon (Bonnevik d'après Hjort).
TNj tube nerveux ; Cp, chambre péribranchiale ;
n, rectum; Ep, dpicardium; Of, ovaire.
■TK
Ov
Fig. 530. — Distaplia magnilarvay organogénie du bourgeon (Bonnevie d'après Hjort). TN, tube nerveux; Cp^ chambre péribranchiale: R, rectum; ov, ovaire; C-\-pr, cœur et péricarde.
le thème général et le modifier profondément en accusant encore son caractère métabolique de construction secondaire. L'oozoïte
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peut apparaître par morceaux distincts qui ne se soudent que plus tard.
Chez les Diplosomidœ et les Didemnidœ, en effet, chaque blastozoïte se forme, comme Ganin Ta le premier reconnu avec netteté, aux dépens de deux ébauches, Tune thoracique, l'autre abdominale ou pylorique (Giard). Cette duplicité de Tébauche est un phénomène tout à fait important qui siiffit parfaitement à nous montrer combien ridée d'individu n*est pas coïncidante avec celle de bourgeon ; mais,
Fig. 531. ^ Larvo simple de Leptoclinum (Caullbry). s, endostjle; fy œsophage; e, estomac; /, intestin; r, rectum.
à part cela, les processus en tant qu'ils tiennent aux lois des connexions morphologiques, peuvent s'identifier avec les précédents. Caullery, en effet, a mis en lumière dans les deux ébauches séparées l'action des tubes épicardiques comme chez tous les Tuniciers, ce que l'on contestait dans ce cas.
Les tubes épicardiques produisent donc :
1** Dans le bourgeon thoracique : la cavité branchiale, la cavité péribranchiale, le tube nerveux,
2^ Dans le bourgeon abdominal : lé cœur et le péricarde.
Le tube digestif est complété par un bourgeonnement particulier de celui du zoïte en croissance. Le rectum provient d'un bourgeon rectal et le reste de l'anse d'un bourgeon œsophagien.
La multiplicité des ébauches pour un seul zoïte est parfois encore poussée plus loin, et Caullery signale chez Diplosomoïdes Lacazii que le premier blastozoïte apparaît en trois morceaux, un bourgeon abdominal ordinaire et deux demi-bourgeons thoraciques; l'auteur
CROISSANGK ET REGENERATION
en question ne sait assurer si chacun d'eux se complétera ultérieurement ou se soudera à son symétrique.
Le rapport du bourgeonnement avec une réparation ou une greffe et sa distinction d'avec une genèse précise ressort encore des faits suivants relatifs à la production du premier zoïte sur une larve de Diplosoma.
A l'ordinaire, un œuf d'Ascidie donne une larve nageuse dans laquelle se différencie un complexe d'organes répondant a une seule fois la forme typique du Tunicier (fig. 531) ; tel est par exemple le
cr.^
Fig. 532. — Interprétation de la larve double dans les Ascidies du genre Diplosoma (Caullery). La larve parait composée de deux zoïtes dont les organes semblent ainsi répartis : 1«r zoïte apparent — 5, organe sensoriel; <, thorax; eo, endostyle; eo, estomac; to, intestin;
ro, rectum; ao^ anus — 2* zoïte apparent : T, thorax; tb^ endostyle; fb^ œsophage; eb^ estomac;
ib, intestin; ab, anus — <7, partie réunissant les rectums des deux zoïtes; x, partie réunissant les
deux estomacs; l et X, son insertion sur le premier et le second zoïtes apparents.
cas dans le genre Leptoclinum, Ultérieurement des bourgeons se produisent qui répètent la forme primitive. Dans le genre Diplosoma^ la larve dès le moment de l'éclosion comporte un complexe d'organes suffisant pour correspondre à deux fois la forme typique du Tunicier (fig. 532).
Salensky^ qui a suivi de près les processus de l'évolution des organes pense qu'il y a scission en deux de l'oozoïte primitif. Caullery* donne de cette apparence une interprétation différente,