Gàullert, C. B, Acad, Se
qui nous parait mieux conforme à Tensemble des phénomènes du bourgeonnement chez les Tuniciers.
D'après lui les deux complexes d'organes résultent d'un bourgeonnement précoce, réalisé sur le type que nous venons de décrire chez les Didemnidés et légèrement compliqué de ce fait qu'il y a eu confusion d'organes et échange de {>iscères entre Voozoïte et le blastozoïte. Ce serait un exemple excellent pour affirmer l'indépendance de la forme et de l'individualité, aussi bien que la plasticité de la morphogénie par bourgeon.
Prenons les deux zoïtes tels qu'ils semblent constitués. Ils ne sont pas tout h fait équivalents : l'un a une vésicule sensorielle, *S, que l'autre n'a pas. C'est la différence même qu'il y aurait entre un oozoïte et un blastozoïte. Désignons donc provisoirement par O le premier complexe d'organes et par B le second.
La fig. 532 donne l'indication convenable pour retrouver toutes les composantes des formes. Notons que les deux complexes sont reliés par des tractus : une bandelette, «, unissant les 2 estomacs, eo etei, et constituant le reste d'une large communication entre ces deux estomacs pendant les phases antérieures du développement, et un tube, g, reliant les deux rectums ro, et rb.
Ces deux résidus sont très importants, car ils nous permettent d'isoler dans la fig. 532 une combinaison d'organes (fig. 533) absolument identique aux organes de l'oozoïte normal du Leptoclinum (fig. 531). Donc l'oozoïte morphologique serait non pas le complexe répondant à l'unité physiologique que nous avons désignée par O, mais une combinaison différente exactement représentée fig. 533 et que l'on pourrait symboliser par
avec la condition = 1.
Et inversement le blastozoïte morphologique serait représenté
par le complément [- - •
Ce qui reste pour former le blastozoïte vrai peut-il être déduit d'un bourgeonnement en deux ébauches comme c'est le cas chez les Didemnidés? Sans difficulté. Le bourgeon thoracique est formé par T, fby aby et le bourgeon abdominal par io et le cœur, dont nous
Fig. 533. — Zoïte réel composé par moitié des organes appartenant à l'un et à l'autre des deux zoïtes apparents do la fig. 532 (Caullery).
Mômes lettres que fig. 532.
CROISSANCE ET BÉGÉNÉRATION 597
n'avons rien dit ; les cœurs se trouvent d'ailleurs échangés ainsi qu'une partie des viscères. La situation des tubes épicardiques au milieu de ces complexes confirme l'interprétation précédente.
Dans des cas, assez peu fréquents du reste, la localisation de la croissance qui constitue le bourgeonnement, au lieu de se faire successivement en diverses régions de la masse matérielle qui a commencé par être un œuf, se manifeste sur une zone donnée et s'y maintient. Il résulte de la que les différents bourgeons produits sont repoussés en ligne droite par les nouveaux qui s'organisent. C'est le bourgeonnement linéaire, mode de croissance bien exprimé
chez les Cestodes^ La
^JTÏ ^ — :*=^'~r- i^-^^ région où la croissance
se localise et qui garde une perpétuelle activité se trouve en arrière de ce que l'on nomme la tête du Cestode. Les bourgeons '^ nouveaux, d'abord très
petits, grandissent, se différencient et reproduisent chacun une forme qui rappelle d'assez près celle d'un
Pjg. 534.— Gemmales dans les tissas à'Esperella fibrexilis TT«44mit/\/^o (H. V. WiLsoN). iremaioae.
Cniy cellules mésenehymateuses rassemblées; G, gemmules. Le bourgeonnement
linéaire, parfois distingué sous le nom particulier de strobilisation, se retrouve aussi dans le cycle évolutif des Méduses acraspèdes.
Les modes de bourgeonnement précédemment énoncés ont pour caractère commun de répéter à plusieurs exemplaires une forme prototype, sans qu'il y ait lieu à aucun moment de croire que l'individualité soit multipliée. Il est un autre mode dit bourgeonnement interne qui répète aussi la forme, et l'on pourrait dire qu'il multiplie l'individualité si l'on ne prenait pour critère de celle-ci que la localisation dans l'espace et les manifestations de conscience. Pour nous qui repoussons comme insuffisant ce critérium, nous dirons que l'individu toujours unique se fragmente, et que chaque fragment répète la forme primitive. Un semblable bourgeonnement interne se manifeste à diverses reprises dans l'évolution des Trématodes' ainsi que chez les Eponges où il constitue la production des gemmules,