‹ La forme et la vieChapitre 169 sur 243 · H.V. WiLSON. Journal of Morphoîogy, t. IX · texte numérisé non relu

H.V. WiLSON. Journal of Morphoîogy, t. IX

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régénération chez les animaux supérieurs est ce que Ton nomme la cicatrisation. Chez un Mammifère par exemple ou chez un Oiseau, une blessure même importante comme la section d'un membre se cicatrise, c'est-à-dire que les cellules mises à nu par la blessure prolifèrent : les éléments écrasés ou lacérés sont absorbés par les phagocytes, des bourgeons charnus font saillie, se rejoignent et un épiderme se différencie, qui redonne à la région considérée du corps une limite d'avec le milieu ambiant ; mais la forme demeure altérée pour toujours. Les processus des diverses cicatrisations sont intéressants à suivre dans le détail suivant l'organe lésé, suivant la nature de la lésion, mais nous ne pouvons nous étendre davantage sur ce sujet ayant seulement pour but de signaler le rapport qui existe entre lui et les précédents.

Chez les Vertébrés plus inférieurs, l'altération de la forme après lésion peut ne pas être permanente, et Ton sait combien chez les Reptiles, et plus spécialement chez les Lacertiliens, la régénération de certaines parties comme la queue est une chose fréquente. Le tissu cicatriciel, composé de cellules indifférentes, est le siège d'une active croissance et fait saillie comme un bourgeon qui s'allonge; dans l'intérieur de celui-ci, les éléments subissent une différenciation qui reproduit une partie de la forme de la même façon qu'un bourgeon ordinaire peut la reproduire toute.

La régénération est également possible parmi les Amphibiens; elle est en particulier très facile pour les membres, qui une fois coupés repoussent sur le mode primitif avec le nombre normal de doigts.

Les Poissons régénèrent plus rarement les parties qu'on leur enlève. Cependant en 1897, L. Léger a cité le cas d'un Protoptère qui, à la suite d'une infection bactérienne, avait perdu entièrement toute sa queue et les deux nageoires antérieures tronquées presque au ras du corps. L'animal fut retiré en cet état de la motte de vase desséchée dans laquelle il avait été apporté du Sénégal. Nourri abondamment, le Poisson régénéra toute sa queue ainsi que les nageoires antérieures, le tout au bout de trois mois.

MiNGAzziNi ainsi que Lœb ont observé chez les Tuniciers des restaurations de parties coupées. Caullery de son côté a obtenu le même résultat en sectionnant des cormus qui spontanément se détruisent en partie, et la réparation s'effectue par les mêmes processus dans les deux circonstances.

Les Crustacés refont d'une façon pour ainsi dire usuelle les appendices qui leur sont enlevés à la suite d'un accident quelconque. Chez ces animaux, la cicatrisation préparatoire au bourgeonnement réparateur rencontre une opposition résultant de ce que Tépiderme chitinisé ou calcifié maintient la plaie béante ; le liquide hémo-

lymphatique s'en échappe en abondance, ce qui rapidement épuiserait ranimai. Aussi, comme on peut s'en assurer avec la plus grande facilité au moins chez les Crabes, Tanimal blessé ampute lui-même l'appendice déjà tranché, de manière à reporter la section sur une articulation. C'est ce qu'on nomme une autotomie. L'amputation volontaire s'effectue rapidement à la suite de quelques contorsions et contractions brusques : la plaie dès lors reportée sur une jointure molle se cicatrise d'abord et ensuite bourgeonne.

Parmi les Annélides, bon nombre d'espèces survivent h une section de leur corps en deux moitiés ; et même chaque moitié refait la partie qui lui manque. Certaines Polychètes marines se

Fig. 536. — Réparation de Tuhularia tenella (Bickpord). A y région antérieure en reconstruction.

coupent ainsi le corps par un procédé que Ton peut comparer à l'autotomie et qui se réalise à l'occasion de la maturation brusque des éléments génitaux ^

Chez les Echinodermes également, surtout chez les Astéries, la réparation des bras accidentellement enlevés est une chose tout à fait fréquente.

Dans l'embranchement des Cœlentérés, une moindre différenciation des tissus permet de pratiquer d'importantes ablations et de suivre avec plus de facilité la régénération; aussi les études sur ce sujet sont-elles abondantes.

Quand on a coupé un Cœlentéré, le premier phénomène auquel on assiste est la cicatrisation de la plaie. Tremblet, en coupant longitudinalement une Hydre d'eau douce {Hydra sfiridis)^ a vu dans chaque fragment les bords libres de la plaie s'accoler, se souder et refaire par là seulement un nouveau Polype.

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