‹ La forme et la vieChapitre 170 sur 243 · y OIT Dynamique Technique, ch. XII · texte numérisé non relu

y OIT Dynamique Technique, ch. XII

602 CINÉMATIQUE

En étudiant la régénération sur Tubularia tenella, E. Bickford* a vu à la suite de sections transversales se produire d'abord et toujours une cicatrisation. Les cellules endodermiques s'allongent vers le centre de la coupe et finissent par construire un septum qui donne une occlusion complète (i, 2, fig. 536). Parfois les manifestations réparatrices ne vont pas plus avant, spécialement si le fragment vivant est trop petit. Mais si le morceau en expérience est suffisamment étendu, il peut après la cicatrisation régénérer tout Thydranthe ; normalement, c'est-à-dire le plus souvent, le zoïte régénéré ressemble au zoïte antérieur et est orienté comme lui. Au-dessous de la cicatrice, un courant intérieur de liquide surnourrit la région ^4, dont les cellules prolifèrent pour constituer un blastème au sein duquel se différencient les tentacules.

Nous avons eu occasion de comparer à ces régénérations posttraumatiques celles qui surviennent après des dégénérescences normales : la comparaison en question peut justement être faite à propos de Tubularia. A l'automne on observe une régression complète des hydranthes, et il ne reste que les cordons radiculaires par lesquels est attaché le cormus. Au printemps renaîtront sur ceux-ci de nouveaux zoïtes.

On s'est préoccupé de savoir quelle dimension minima pouvait avoir le fragment capable de régénérer un Polype de Cœlentéré. Déjà Trembley, en divisant une Hydre en plus de trente morceaux, avait montré que la plupart des fragments étaient capables de reconstituer la forme entière. Nusbaum' a refait l'expérience et confirmé le résultat en spécifiant que chacun des petits morceaux se recourbait en soudant ses bords de façon à ce que l'endoderme fût interne et l'ectoderme externe. Lœb^ a reproduit le même phénomène avec des fragments diblastiques de Cerianthe. Dicqueman a remarqué sur Metridium dianthus que, quand on détache un individu d'un aquarium, de petits fragments de la base et des stolons radiculaires restent fixés au support et sont suffisants pour régénérer l'être entier. P. Fischer* a vérifié le fait sur Actinia equina.

De ces observations il faut conclure que des fragments très petits et sans forme peuvent régénérer un être donné. Il y a toutefois des catégories déterminées qui ne produisent jamais rien : tels sont en particulier les tentacules de l'Hydre, à moins qu'ils ne retiennent à leur base une petite partie du cercle oral. La question se pose alors de savoir si certaines régions ou certains tissus sont essentiels pour

Page 1