‹ La forme et la vieChapitre 178 sur 243 · Voir Dynamique Technique , ch. I · texte numérisé non relu

Voir Dynamique Technique , ch. I

Il serait bien téméraire de dire oui certainement; mais il serait également imprudent de dire non jamais ! La vérité est que nous ignorons, que provisoirement il faut faire abstraction de tout cela, et c'est justement celte abstraction qui consiste h définir le protoplasme par son assimilation fonctionnelle Impliquant la nécessité qu'il soit créé en dehors de notre action et de notre savoir. Il ne s'agit pas là d'une donnée ou d'un fait, il s'agit d'une ignorance à laquelle nous passons outre. Le terme d'assimilation n'est sans doute même pas tout à fait exact, car le protoplasme ne s'ajoute pas des matériaux nouveaux identiquement semblables à ceux qui le constituaient, mais seulement pas trop différents, c'est-à-dire des albuminoïdes. Tout revient à parler de la synthèse des albuminoïdes par d'autres albuminoïdes, semblables ou voisins, ou très diff*érents, nous n'en savons rien.

Au surplus, relativement à la nécessité d'être dans le milieu avant que d'y grandir, certaines circonstances, rares il est vrai et brèves, mais peu importe, nous permettent de voir les corps inertes se comporter d'une façon qui n'est pas moins extraordinaire que celle dont les corps vivants nous donnent l'exemple habituel. Soit un milieu liquide composé d'un sel minéral en dissolution sursaturée. D'après les expériences de Gernez, ce milieu peut se maintenir liquide tant qu'aucune circonstance ne le trouble; mais, qu'un petit cristal du môme sel vienne à rencontrer ce milieu éminemment propre à son accroissement, il réalise immédiatement cet accroissement et fait cristalliser autour de lui non seulement la quantité de sel qui dépasse la capacité de dissolution de l'eau, mais encore tout ce qu'elle avait dissous. Et ce dernier point constitue une véritable extraction faite par le cristal et dont il n'aurait pas été capable en d'autres circonstances, par exemple en tombant dans un milieu simplement saturé.

A côté de l'abstraction fondamentale qui conduit à construire le concept de madère \fi\fante conformément aux données de la Physique et de la Chimie, mais sans qu'on puisse utiliser assez rigoureusement ces données pour avoir autre chose qu'un concept, la Dynamique n'emploie pas d'abstractions qui lui soient spéciales.

La notion de type, en effet, ou de variation ou même d'anomalie et de monstruosité n'existe pas pour elle. Il ne s'agit plus en effet avec cette méthode que de reconnaître, dans les manifestations diverses de la forme, des effets dus à des causes permanentes ou passagères dont il importe seulement de rechercher la nature, la grandeur et la durée.

La considération du temps en Dynamique ne se fait pas d'une façon qui lui soit propre; mais on doit en tenir compte exactement, comme on le fait en Mécanique, afin d'établir des rapports néces-

saires entre la durée d'application des forces, c'est-à-dire la longueur du temps pendant lequel agissent ou ont agi les causes capables d'amener des modifications dans la forme, et la durée ou la grandeur des effets qui en sont résultés.

Nous insisterons d'une manière précise sur ce point qui est pour nous susceptible de donner une notion nette de l'hérédité en général et, en particulier, de la répétition ontogénique des caractères que ne doit pas conserver l'adulte.

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