CHAPITRE II
Dynamic[ue de la Fécondation.
Depuis les travaux de ces dernières années, il est à peu près universellement admis que l'œuf, avant de subir les phénomènes de maturation, ne possède point de centrosome. Ceci veut dire évidemment qu'il est dans un état vital où ses rapports d'osmose avec l'extérieur sont faibles.
Si l'interprétation proposée par Balbiàni^ est exacte : à savoir que la substance ou la région qu'il a lui-même longtemps décrite comme spéciale sous le nom de corps ntellin (fig. 569) n'est que le W vestige d'une sphère attractive qui s'évanouit, nous pouvons dire que l'œuf passe par un état où l'osmose se ralentit, par un état de repos osmotique.
Il n'en est tiré que par l'apparition des phénomènes de maturation. Le sens dynamique qu'ils peuvent avoir nous échappe encore
tout à fait. Nous devons nous bor- V
ner aux renseignements que leur
généralité nous donne sur leur ^>fif- ^^*- — Ovuie.
importance. Quoi qu'ils puissent ^' ^^y^"' cr, corps viteUin de BaU,iani. signifier, ils se présentent soit
avant, soit pendant la fécondation, mais ne changent en aucune façon le cours de celle-ci ni la signification des phénomènes dont elle s'accompagne.
Les œufs parthénogénétiques conservent leur centrosome, c'està-dire restent toujours en échanges actifs avec le milieu extérieur, et cette activité suffit à y déterminer la segmentation, sans qu'il soit besoin du réveil dû aux combinaisons nouvelles qu'entraîne la fécondation.
L'entrée du spermatozoïde dans l'œuf décrite par H. Fol en
1. BjLLBiAJfi. Centroiome et ** DoUerkern*', Journal de rAnatomie et de la Physiologie.
1879 est un phénomène bien connu aujourd'hui. La plus grosse part du spermatozoïde est faite de son noyau à Tentour duquel toutefois se tient une petite quantité de protoplasme. Il y a lieu de distinguer 2 catégories de manifestations : 1® les mouvements des noyaux spermatique et ovulaire dits aussi pronucleus mâle et pronucleus femelle ; 2^ l'apparition des asters.
Bien que chronologiquement les deux sortes de manifestations se passent en même temps, elles ont pour causes deux propriétés physiques différentes.
I. Mouvement et Fusion des Pronucleus. — Le noyau d'une cellule, avons-nous dit au chapitre précédent, se tient en une place qui lui est assignée par sa tension superficielle. Le pronucleus femelle éloigné pour un temps de sa place normale pour l'émission des
globules polaires, tend à y revenir aussitôt que celle-ci est achevée.
De même le spermatozoïde, pour la plus grande partie de sa masse composé de nucléine, tend, aussitôt entré dans l'œuf, h gagner une place en rapport avec sa tension superficielle, c'est-àdire le centre de l'œuf, tout au moins dans le cas général.
Ainsi, le pronucleus mâle et le pronucleus femelle ne se rendent pas l'un vers l'autre :
ils se rendent tous deux au même endroit. Autrement dit, ils ne sont pas attirés l'un vers l'autre par chimiotactisme ou par force d'affinité chimique ; ils convergent en un certain lieu adéquat à leur tension superficielle, qualité physique qui est sensiblement la même pour tous les deux et qui les conduit au même lieu. Ce n'est pas à dire que le chimiotactisme soit tout à fait nul et ne soit pas capable de faire dévier un noyau en l'attirant sur l'autre; mais c'est une force secondaire et qui particulièrement ne décide pas le début du mouvement.
Fig. 570. — Chemins parcourus par les pronucleus mAles et femelles dans des œufs diflfërenls de Toxopneustes
(E. WiLSON).
d^ pronucleus mâle; Ç pronucleus femelle.