OSMOSE ET FÉCONDATION
Arrivés Tun et l'autre au même endroit ils s'y fusionnent. Les croquis ci-joint (fig. 570) empruntés à Wilson montrent dans 4 œufs différents d'une même espèce d'Oursin les chemins parcourus par les pronucleus. Si le spermatozoïde est entré dans l'œuf par un endroit éloigné du point d'émission des globules polaires, les 2 pronucleus ne se rencontrent pas avant leur place définitive (A et B).
Si le spermatozoïde au contraire pénètre au voisinage du point où se trouve le pronucleus femelle, tous les deux gagnent isolément le centre, mais peuvent converger en route {C et D). Malgré la
Ji Fig. 571.— Pénétration du spermatozoïde dans l'œuf de Toxopneustes^ yue à un fort grossissement
(E. Wilson).
fusion opérée, le trajet se poursuit en commun; ce qui prouve que le mouvement na pas pour objet la fusion, puisqu'il ne s'arrête pas, bien que celle-ci soit accomplie ^
II. Apparition des asters. — Dans ce déplacement équivalent, les deux pronucleus ne sont pas, vis-à-vis du protoplasme où ils plongent, dans les mêmes conditions. Le pronucleus femelle est en équilibre d'osmose avec le protoplasme où il s'est développé et où il a toujours séjourné. Le pronucleus mâle au contraire, venu du dehors, a par
1. Chez les végétaux Phanérogames aussi se produisent des phénomènes de même ordre, mais seulement dans la région du sac embryonnaire où l'apparition des membranes de cellulose n'est pas précoce, et où les noyaux peuvent chercher et trouver une position en rapport avec leur tension superficielle dans le protoplasme.
D'après les nouvelles recherches de Guignard*, Tune des cellules issues du tube pollinique, Tun des anthérozoïdes, presque réduite à son noyau, vient se fondre soit avec la cellule polaire supérieure, soit avec Tinférieure, soit avec l'ensemble des deux quand elles sont réunies. La seule formule générale est que ces trois noyaux de trois origines différentes arrivent par des voies diverses ù confluer. Physiquement, cela revient à dire qu'ayant à peu près la même tension superficielle par rapport au protoplasme du sac embryonnaire, ils cherchent et trouvent une commune position d'équilibre où ils se rencontrent et se soudent.
* Guignard. Sur les anthérozoîdei et la double copulation sexuelle chez les végétaux angiospermes. — C. R. Ac. Se, Avril 1899.
tous les phénomènes de sa vie antérieure une composition chimique qui diffère de celle du plasma ovulaire plus que le pronucleus femelle. Aussi voit-on le premier noyau donner lieu à des phénomènes d^osmose que ne manifeste pas le second.
Lorsque le spermatozoïde vient juste d'entrer dans Tœuf, il n'occasionne d'abord rien de particulier, / (fig. 571). Au bout d'un moment, l'osmose s'établit entre la petite quantité de plasma qu'il introduit et le plasma ambiant et détermine un spermaster, dont les rayons convergent sur la partie précédemment postérieure du spermatozoïde qui maintenant se tient en avant (// et ///).
Le spermaster est donc un centre d'osmose différent de ceux que nous avons considérés jusqu'ici. C'est le centre d'une osmose interne et non d'une osmose avec l'extérieur.
La figure 571 montre l'effet de cette osmose dans un arrangement de vacuoles rayonnant à partir du spermatozoïde, et point du tout
disposé suivant les normales à la surface générale. Comme résultat de cette osmose, le spermatozoïde se nourrit et grossit; sa partie nucléaire d'abord très petite peut arriver à atteindre la taille du pronucleus femelle, comme l'a signalé Ed. van Beneden dès 1883. Il esta remarquer également que la petite quantité de plasma sperma tique, appelée ici sphère attractive, va aussi en grandissant. On n'accorde dans les théories modernes qu'une très faible attention au protoplasme spermatique; c'est un grand tort à notre avis.
Nous pouvons imaginer que l'osmose est localisée entre la petite quantité de plasma spermatique et une zone sphérique du plasma de l'œuf, OS (fig. 572). Le rayon de cette zone va toujours en croissant. Il n'importe; considérons-le d'une certaine grandeur à un certain moment. Les échanges du noyau spermatique avec le plasma ovulaire sont faibles; le noyau joue d'abord dans l'osmose un rôle d'écran. En sorte que la petite sphère de protoplasme d'abord spermatique et qui attire à elle des substances empruntées h l'œuf tend à grossir davantage dans la direction 0 C et à se changer en un ellipsoïde. Mais le noyau spermatique en se déplaçant dans le sens de la flèche ne laisse pas à cette déformation le temps de se réaliser et l'aster au début ne modifie pas sa forme convergente.
Fig. 572. — Dynamique do la fécondation. (Voir le texto).