OSMOSE ET FECONDATION
Il en va de même jusqu'au moment où le noyau spermatique arrivé au lieu convenable h sa tension superficielle ne bouge plus, ou tout au moins se déplace moins vite que
la sphère d'osmose ne se déforme. ..t;"
Celle-ci étant changée en un ellipsoïde par suite du rôle d'écran que joue le noyau d'un seul côté, les rayons de l'osmose interne ne sont plus convergents, mais deviennent dans chaque plan méridien tangents à une développée à 4 points de rebroussement AA BB y dont les points A et A ont surtout attiré l'attention jusqu'ici (fig. 573).
Ce n'est pas que les 4 points n'aient jamais été vus à la fois; ils ont même été vus souvent et d'abord on les crut pathologiques. Il faut peut-être
comprendre ainsi le phénomène aperçu par H. Fol et qui l'a conduit à l'interprétation du quadrille des centres dont nous avons parlé
Fig. 573. — Dynamique de la
fécondation.
(Voir le texte).
(fb-
Fig. 574. — Fécondation do Nereis pendant l'émission des globules polaires (E. Wilson) éi pronucleue mâle; gp^, gp^, premier et second globules polaires.
p. 577. Ces 4 asters ont aussi été reconnus par Wilson qui les attribue à une polyspermie, ce qui d'ailleurs n'est pas une explication inadmissible, mais je doute qu'elle soit toujours applicable.
J'insiste sur le fait que le centrage peut amener une polarisation quadruple, prise ordinairement pour double, par la seule raison des échanges entre les deux plasmas et avant toute approche des noyaux. Le fait est bien figuré par E. Wilson, notamment dans la fécondation de Nereis où le spermaster est dédoublé dans le temps que le pronucleus femelle est encore en voie d'émettre les globules polaires (fig. 574).
Il se peut aussi que les divers phénomènes ne soient pas successifs mais simultanés. Dans l'œuf d'Oursin par exemple que nous avons reproduit fig. 524, le noyau mâle ne s'arrête pas avant d'être rendu contre le pronucleus femelle, et l'on voit tout à la fois l'arrêt du noyau mâle, la fusion des noyaux, et le dédoublement de l'aster. Le second phénomène n'est pas la cause du troisième, c'est le premier; et le cas de Nereis prouve bien la justesse de cette conclusion, puisque la suppression de la fusion nucléaire n'empêche pas la division de la sphère attractive.
La polarisation cellulaire obtenue, la division suit son cours.
Il est digne de remarque que la première division d'un œuf ne ressemble en rien à une division ordinaire. Elle est le résultat de phénomènes internes, le résultat de l'osmose entre le spermatozoïde et l'œuf à l'intérieur de celui-ci et non le résultat des échanges entre une cellule et le milieu.
Aussitôt que les deux cellules filles sont séparées l'une de l'autre, elles prennent avec le milieu leur équilibre d'échanges ; et l'accroissement ultérieur de ceux-ci amène des divisions nouvelles.