Artemia Millhauseni : septembre
et que le corps devenait plus petit. Les animaux en un mot prenaient les caractères d'une autre espèce du même genre A. Mùlhauseni (fig. 731).
En expérimentant sur plusieurs générations, l'auteur en question a efTectivement reconnu que la salure de plus en plus élevée conduisait les formes d'une espèce à l'autre ; et que de plus une dessalure progressive faisait prendre aux animaux les caractères du genre Branchipus,
La suppression d'un sel minéral ordinairement contenu dans Teau où se développe normalement un animal détermine aussi des troubles importants.
En 1893 Driesch reconnaît que Ton effectue des variations dans la segmentation en diluant d'eau douce l'eau de mer où se trouvent des larves d'Echinus; cependant par le retour à l'eau de mer on obtient des Pluteus réguliers.
PoucHET et Chabry en faisant évoluer des œufs d'Oursins dans de l'eau de mer privée de chaux ont vu que les baguettes calcaires, qui d'ordinaire soutiennent les bras du Pluteus, ne se développent pas, et qu'en même temps les bras non plus n'arrivent pas à croître en expansions accusées, mais qu'ils consistent à peine en de petites saillies marquées par un épaississement ectodermique.
En constatant ainsi des actions si puissantes sur la forme qu'elles constituent des monstruosités, il est tout indiqué d'admettre que des modifications très faibles dans la composition du milieu à un moment donné sont les causes mêmes des variations légères qui surviennent parmi les animaux et qui peu à peu différencient les espèces.
Parmi les modifications du milieu qui affectent un être donné, il ne faut pas oublier celles qu'il est capable d'y apporter lui-même parle fait seul qu'il vit et qu'il excrète. C'est à cette cause sans doute qu'il faut rapporter le nanisme des animaux élevés dans des espaces étroits rapidement saturés de toxines.
L'injection de toxines dans les organismes produit des lésions diverses, graves quelquefois, et les expériences de Charrin et Gley ont montré que certaines d'entre elles peuvent être héréditaires.
Nous nous bornons de parti pris aux quelques expériences précédentes dont les résultats ne sont pas contestables, et qui suffisent pour apporter la preuve complète que les modifications chimiques du milieu sont capables d'affecter profondément les êtres vivants. C'est au reste une partie de la science qui réserve de nombreuses découvertes au fur et à mesure que s'étendront les recherches.