KM
-pu.
Fig. 745. — Mâle pygmée de Chondracanthus gibbosus fortement grossi
(Claus).
an^f arifj antennes; md^ mandibule; mxi, première maxille; mx\, nue^^y les deux parties do la seconde maxille; j»|,p), pattes; or, œil; 7, testicule; 5^, spermatophores; i, intestin.
Fig. 746. — Mâle de Bonellia viridis, schéma d'après
Spbnqbl.
/, intestin; x/», spermatozoïdes; pn^ entonnoir néphridien; n, néphridie; o ^^ son ouverture qui sert à évacuer les produits génitaux.
ni bouche, ni anus. Découverts par de Lagaze-Duthiers, ces petits êtres furent reconnus par Kowalewsky pour les mâles de la Bonellie sur laquelle ils vivent au nombre de deux à vingt. Leur développement larvaire ressemble à celui de la femelle, mais leur bouche et leur anus ne se montrent jamais ; ils vivent en parasites ou plutôt en commensaux dans la trompe et dans Tœsophage de la femelle. Au moment de la maturité sexuelle ils émigrent dans une
anfractuosité des téguments, au fond de laquelle arrive l'oviducte et ils fécondent les œufs au passage.
Les Myzostomes (fig. 644) qui sont parasites sur les Crinoïdes offrent, ainsi que les Cirripèdes, des dispositions variées. Chez certaines espèces, comme Myzostoma cirriferum^ tous les individus arrivent h peu près à des conditions équivalentes de nutrition et sont hermaphrodites avec la maturité mâle précédant la maturité femelle. Dans d'autres (M. glabrurriy M. gigas^ M, Carpenteri) les
individus favorisés sont encore hermaphrodites mais accompagnés de mâles pygmées. Enfin Myzostoma inflaium et quelques autres espèces ont des mâles nains associés à de gros individus femelles.
Des animaux bien inférieurs en organisation aux précédents, puisque nous avons pu en faire des Mésozoaires^ offrent une série relative a la sexualité tout à fait comparable à ce que nous venons de voir.
Parmi les Orthonectides, en effet, nous remarquons que Rhopalura Giardi, le moins parasite de tous puisqu'il vit dans une chambre incubatrice d'Ophiure en communication avec le dehors, possède les deux sexes, mâle et femelle, même il y a deux sortes de femelles. R. Intoshi comprend des individus mâles et femelles. R, Julini a aussi des mâles et des femelles; mais Caullery et Mesnil, qui ont découvert l'espèce, décrivent dans les femelles un rudiment de testicule. Enfin Stœchartruin des mêmes auteurs n'a que des individus hermaphrodites.
GiARD et BoNNiËR ont reconnu chez les Isopodes parasites une série de phénomènes des plus intéressants et qui tendent toujours à montrer le rapport de la surnutrltion et de la sexualité femelle, avec d'autant plus de netteté, semble-t-il, qu'on en suit la succession sur les mêmes individus en accord avec les diverses phases de leur éthologie.
Les Cymothoadiens sont des Isopodes peu parasites et peu dégradés, on y rencontre des individus mâles et des individus femelles. Mais ces animaux sont tous successivement mâles dans leur jeunesse et femelles quand ils vieillissent.
Chez les Cryptonisciens les mâles arrivés au stade que les auteurs
Fig. 747. — Deuxième forme larvaire du mâle de Portunion Kossmanni (GiARDetBoNMKR). r, rostre; rp, repli chitineux;
a/)f, an^f première et seconde
antenne ; pif pléïopode ; ur, uro-
pode.
DIMORPHISME SEXUEL
nomment la seconde forme larvaire (fig. 747) fécondent les femelles, puis eux-mêmes se fixent, mènent une vie plus étroitement parasite et évoluent en femelles ; et s'ils ne réussissent pas cette fixation , ils meurent en forme larvaire. Les phénomènes paraissent semblables chez les Entonisciensy par exemple dans le genre Portunion, Une larve cryploniscienne, soit la plus vigoureuse d'un lot arrivé d'un seul coup sur un Crabe, soit la première arrivée, se fixe, fait par inflammation proliférer les téguments de l'hôte et arrive à se
Ce
Fig. 748. — Portunion msenadis, très jeune femelle (Giard et Bonnibr).
CCy céphalogaster; li, antenne interne; /e, antenne externe; a, lamelle ascendante de la lame incubatrice du l**- segment thoracique ; r, lamelle récurrente de la même lame; ep^ lame pleurale du 2» segment abdominal.
Fig. 749. — Portunion mxnadis^ jeune femelle (Giard et Bonnier).
Ce, céphalogaster; //, (e, antennes interne et externe ; /, lame incubatrice du !•' segment thoracique; 0,r, ses lamelles ascendantes et récurrentes; //, lame incubatrice du 2* segment thoracique ; ep, lames pleurales des segments abdomi-
trouver logée comme h l'intérieur de celui-ci (voir p. 727). Elle se transforme d'abord en asticot (fig. 748) puis en femelle très déformée (fig. 749 et 624) en gardant toutefois un rudiment de testicule et de vésicules séminales vers le 7* anneau. Dans le même temps les autres larves du groupe, moins bien placées dès le début ou arrivées plus tard, restent mâles. Mais entre ceux-ci il se fait encore un choix; l'un d'eux se fixe sur la femelle, subit une dégradation parasitaire et est le mâle pygmée actif. Les autres demeurent cryptonisciens et jouent le rôle de mâles pygmées supplémentaires. Si le mâle actif vient à disparaître, l'un des autres prend sa place et évolue à son tour en mâle adulte dégradé.
Chez Hemioniscus balani^ Cryptoniscien parasite des Balanes, KossMANN avait déjà pensé que les mâles et les femelles ne constituent pas deux séries d'individus distincts, mais que les femelles
résultent de la transformation des mâles eux-mêmes, comme suite d'une vie parasitaire plus accentuée. Cette idée, qui reposait sur une interprétation fausse, est parfaitement exacte ainsi que Caullehy et Mksnil* en ont donné la preuve positive. Après avoir établi que la glande prise par Kossmann pour le reste des testicules chez les femelles n'a rien à voir avec l'organe génital et n'est probablement que l'hépatopancréas, ils ont montré, en étudiant une série de stades du passage des mâles aux femelles, les faits suivants. Dès le moment où les glandes génitales mâles se vident, leur paroi antéro-interne prolifère et donne ainsi naissance à l'ovaire que Ton voit se développer graduellement aux stades ultérieurs. La dégénérescence du testicule paraît s'effectuer avec accompagnement de processus phagocytaires.
Nous avons ainsi reconnu des phénomènes relatifs a l'introduction de la sexualité, puis à l'introduction de l'un ou de l'autre genre de sexualité. Dans un même sexe il survient de plus un dimorphisme entre les individus qui le portent. Dans la plupart des cas on connaît aussi mal les effets que les causes de ce dimorphisme intrasexuel : on peut en attendant citer quelques exemples.
Relativement au sexe mâle les faits sont fort rares. Cependant Fritz MCller a signalé deux sortes de mâles chez un Isopode du Brésil, le Tanais dubiuSj cas à rapprocher de celui du Portunion que nous exposions tout à l'heure.
La chose est plus fréquente pour les femelles; sans parler du dimorphisme résultant de l'état parthénogénétique ou sexué, on rencontre deux sortes de femelles dans le genre Neurotemis parmi les Névroptères. Certains Papillons de Malaisie ont aussi deux sortes de femelles, P. Memno/iy ou même trois sortes, P. Pamnon. Il est à noter que l'une des sortes de femelles est plus voisine que l'autre du mâle par la couleur et la forme. On constate encore le même fait chez les Dytiscus ou \es Hydroporus parmi les Coléoptères.
Enfin, chez des animaux d'organisation beaucoup plus simple, le même phénomène se manifeste. Pour les Orthonectides les plus importantes observations, dues à Giard et à Metschnikoff, ne sont pas d'accord ; mais on peut extraire de leur ensemble la manière de voir suivante.
Les femelles de Rhopalura Giardi (Metschnikoff) sont de deux formes.
Les unes plus arrondies produisent dans leurs cellules internes des œufs qui par déhiscence de l'être tombent dans la cavité générale de l'Ophiure hôte. Ils se divisent, et par un phénomène d'épibolie donnent une Planula ciliée qui est toujours un mâle [Rhopalura ophiocornsBy Giard].