‹ La forme et la vieChapitre 229 sur 243 · Daveivport. Anat. Anzeig.t · texte numérisé non relu

Daveivport. Anat. Anzeig.t

qui reconstruisent Tindividu après la dégénérescence spontanée dont nous parlions tout à Theure, et qui d'ailleurs sont identiques à ceux par lesquels s'édifient les bourgeons sur un cornius en voie d'accroissement. De cet ensemble d'observations Caullery fait avec raison ressortir l'identité des phénomènes de bourgeonnement, de réparation post-traumatique et de réparation métabolique.

Dans la nature, les phénomènes de traumatisme sont plutôt exceptionnels et ne peuvent du reste en aucune façon être signalés comme un processus évolutif; ils sont néanmoins utiles à considérer au point de vue expérimental, en raison de la lumière qu'ils jettent sur les phénomènes que l'observation nous révèle.

Parmi les actions physiques qui sont aussi efficaces qu'un traumatisme pour détruire les organismes totalement, ce qui ne nous intéresse pas, ou partiellement, ce qui est justement notre sujet d'étude, se placent en premier Heu les variations saisonnières, qui affectent d'une manière ou de l'autre toutes les contrées du globe. Les alternatives de chaleur et de froid, soit par l'action directe de la température, soit par la dessiccation et l'hydratation dont elles sont accompagnées, soit par l'abondance ou la rareté de la nourriture végétale qu'elles occasionnent, sont susceptibles d'apporter dans beaucoup d'organismes animaux des troubles très importants.

Dans l'état actuel de nos connaissances, le problème est encore brut et de nombreuses études expérimentales sont nécessaires pour savoir si toutes les circonstances dont nous avons parlé agissent ensemble, ou s'il est des cas de destruction organique placés sous la dépendance des unes, et d'autres cas sous la dépendance des autres.

Avec les renseignements dont on dispose aujourd'hui, on ne peut que s'en tenir à une très grossière approximation; et nous nous bornerons à signaler les métabolies légères ou importantes qui ont été indiquées comme phénomènes d'hivernage ou d'estivation. Etant obligés de renoncer provisoirement à savoir quels caractères de l'hiver sont particulièrement actifs, il convient d'appliquer avec d'autant plus de sévérité le seul critère que nous ayons et de ne ranger parmi les phénomènes d'hivernage que ceux dont le début est lié à l'arrivée de l'hiver. Et, puisque nous essayons de trouver dans ces phénomènes l'allure métabolique, précisons que dans un hivernage net l'arrivée du froid doit précéder les premiers phénomènes de destruction organique. Si l'arrivée du froid s'intercale au milieu de la métabolie, par exemple pour retarder la réparation, comme cela arrive notamment dans les cormus de Tuniciers, il s'agit évidemment dans ce cas d'une métabolie que l'hiver n'a point causée, mais qu'il est venu simplement entraver. Les phénomènes de cette sorte doivent donc être séparés de ceux que nous voulons étudier ici et traités autre part.

DÉTERMINISME DES METABOLIES 863

L'hivernage proprement dit est assurément très fréquent dans le règne animal, mais il est bien loin d'avoir été étudié avec le soin qu'il mérite. Les cas qui ont le plus fortement attiré l'attention, sont relatifs à certains Mammifères comme les Ours et les Marmottes qui passent toute la mauvaise saison dans un état de torpeur et d'immobilité. Durant ce sommeil hivernal il y a incontestablement une destruction organique profonde ; le détail n'en a pas été suivi de près et il est difficile de savoir si les tissus différenciés en muscles, en glandes, etc., ne subissent pas quelques petites dégénérescences accompagnées de phagocytose, mais il est bien certain que dans cette période toutes les réserves graisseuses sont entièrement absorbées, et rien que cela suffit dans l'état actuel des idées pour rapprocher cette torpeur hivernale d'une métabolie légère.

Les manifestations vitales qui se produisent pendant l'hivernage de la Marmotte ont été complètement étudiées par Raphaël DuBOIs^

La Marmotte (Arctomys) même dans la période d'activité estivale s'abandonne à de longs et profonds sommeils, qui à l'approche de la mauvaise saison deviennent de plus en plus longs pour passer graduellement à la torpeur hivernale. Celle-ci dure de cinq à six mois, soit cent soixante jours. Pendant cette période, la Marmotte se réveille pour uriner et déféquer toutes les trois ou quatre semaines.

La température du Rongeur hibernant peut s'abaisser de 36o5 jusqu'à 406. Pendant le sommeil, le Mammifère devient donc comme un animal à sang froid; mais il y a à ce refroidissement une limite qui ne peut être dépassée. L'abaissement de la température extérieure endort la Marmotte aux environs de -j- lO®. Si la baisse descend jusqu'à 0^, l'animal se réveille, se réchauffe, et ne supporte un pareil froid qu'en restant éveillé. Sous la neige, dans son terrier calfeutré, au milieu du foin emmagasiné, il ne doit pas souvent avoir à supporter de température aussi basse.

La perte totale de poids pendant l'hibernation est de 20 0/0; elle est continue, sauf qu'à de certains moments il se produit de petits accroissements dus sans doute, puisque l'animal ne se nourrit pas, à une plus énergique fixation d'oxygène. Cette modification momentanée dans les phénomènes intimes de nutrition montre que le sommeil n'est pas un état simple caractérisé seulement par le ralentissement ou l'arrêt des échanges; il se passe à l'intérieur de rèlre des transformations complexes, et l'état histologique des tissus serait sans doute intéressant à suivre.

La proportion d'acide carbonique augmente dans le sang de l'animal qui va s'endormir et s'y accumule pendant le sommeil. Le

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