‹ La forme et la vieChapitre 230 sur 243 · R. Dubois. Annales de VUniversilé de Lyon · texte numérisé non relu

R. Dubois. Annales de VUniversilé de Lyon

sang, en état de veille, contient moins de CO* que pendant le sommeil; dans cette dernière période, la courbe d'émission de ce gaz est donc basse, ce qui est un rapport avec les phases de destruction métabolique.

L'habitude de Thibernation est pour les animaux sous l'influence directe des conditions du milieu actuel, car les Marmottes en captivité perdent l'habitude d'hiverner.

Les Ours, les Blaireaux, les Loirs se comportent à peu près de même; mais, pour les Ours tout au moins, il semble que le sommeil soit moins profond, les réveils plus fréquents et la baisse de la température du sang beaucoup moindre.

Les phénomènes d'estivation se présentent dans certains cas comme liés à la disparition de la nourriture qui accompagne la sécheresse. Dans les régions où un long été, qui dessèche absolument les Graminées, alterne avec une saison pluvieuse qui refait des pâturages luxuriants, les Ruminants subissent des phénomènes d'estivation qui ne sont pas sans rapport avec ceux de l'hivernage des Ours et des Marmottes. Une longue adaptation a fait surgir sur plusieurs d'entre eux des réserves graisseuses spécialement localisées, tantôt en une bosse (Chameaux, Bœufs, Bisons, Bubales, etc.) tantôt dans une volumineuse queue comme celle des Moutons d'Arabie et plus encore de Perse. Pendant la saison sèche, ces réserves sont entièrement digérées, et les organes dans lesquels elles se trouvent deviennent peu à peu flasques et flétris pour se regonfler à la suivante saison des pluies. Il n'y a pas torpeur et immobilité pendant la digestion des réserves en sorte que la métabolie est moins importante que dans le cas précédent, mais elle est de même nature.

D'autres fois, c'est directement par sa sécheresse que Tété détermine des métabolies plus ou moins profondes. Depuis bien longtemps, on sait que la dessiccation suspend tous les phénomènes vitaux chez certains animaux comme les Rotifères^ les Tardigrades et les Anguillules du vinaigre^ et qu'une réhydratation ramène le mouvement et la vie chez ces animaux desséchés que l'on nomme pour cette raison revwiscents. On n'a point tenté de savoir ce que devenaient les tissus au cours de cette suspension des phénomènes vitaux, plus répandue qu'on ne pense et fréquente en particulier chez les Branchipes, en sorte qu'il serait téméraire peut-être d'en parler comme d'une métabolie légère et rapide. Il y a cependant des cas bien nets où la résistance à la dessiccation est le résultat d'une métabolie très prononcée. Tel est en particulier celui qui a été signalé par Giard* touchant le Margarodes vitium^ Cochenille vivant

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