Kleinenberg. Zeitachri/Î fîir wiss. Zool
SIGNIFICATION DES FORMES LARVAIRES
rement, pour ne pas en tirer d'ailleurs les mêmes conséquences que l'auteur en question. Poursuivant en effet cette conception jusqu'au bout, et sachant que le développement de l'Astérie est une métabolie qui ressortit à la fixation, nous considérons aussi le changement de
la Trochophore en Annélide ^ ^ comme une métabolie dont il
»/ / convient de rechercher le déter-
minisme. Nous avons déjà dit que nous croyons le voir dans
Fig. 765. — Développement du Polygordiiis (Hatschkck).
ce, couronne ciliée — da, aire palpaire; pt palpe — m, mésoblaste — J9, bouche; A, anus — r/>, rein provisoire.
Fig. 766. ^ Pelagonemertes Moseleyi (0. BOrqkr d'après Mosblby).
/r, trompe; e/r, étui de la trompe — i4, anus; diy diverticules intestinaux — gc^ ganglions cérébroïdes; nlvy nerf latéro- ventral ; ov, ovaire; og, conduit latéral do l'organe excréteur et vasculaire.
l'entrave apportée aux changements évolutifs par l'adaptation trop juste de la forme larvaire à son milieu.
Parmi les plus graves obstacles qui pourraient s'opposer à cette interprétation se dresse l'opinion, longtemps classique, que les Archiannélides sont à la fois les plus primitives et les moins modifiées des Annélides, et celles qui présentent avec le plus de netteté le stade trochophore. Or les travaux modernes affaiblissent de plus en plus cette idée, et l'on commence à considérer les Archiannélides,
ainsi que le proposait Eisig dès 1887, comme des formes hétérogènes et en bien des points régressives, spécialement dans l'importance de leur métamorphose larvaire (fig. 765) qui est loin d'être générale ou seulement primitive.
Une Némerte pélagique, Pelagonemertes (fig. 766), nous permet d'imaginer ce que pourrait être une jeune Annélide si le stade trochophore ne s'intercalait pas dans son ontogénie. Pelagonemertes Moseleyi est spécialement suggestive à ce point de vue avec sa faible métamérie endodermique, exprimée seulement par 5 paires de diverticules intestinaux. Moseley avait, dès 1875, décrit cette forme comme un état jeune de P. RoUestoni^ dont l'adulte possède 13 paires de diverticules intestinaux. O. Bûrgbr pense que ce n'est point une forme jeune, vu que ses ovaires ont un développement adulte ; comme du reste les deux types ont été trouvés à des profondeurs très différentes et à une grande distance l'un de l'autre (sudouest de l'Australie et sud-ouest du Japon), il propose d'y voir deux espèces distinctes. Notons que chez la Némerte la vie pélagique crée une forme peu métamérique pour exprimer l'hypothèse que peut-être la même éthologie a arrêté la métamérie dans la larve pélagique Trochophore.
Si, comme le disent Caullery et Mesnil*, l' Annélide primitive avait une organisation bien plus compliquée que la Trochophore dans le sens métamérique, ce que nous croyons tout à fait, qu'est-ce donc que la Trochophore? Nous y voyons une adaptation très précoce qui a arrêté la forme et l'a empêché de subir son évolution normale. Ni le niésoblaste n'a pu se développer par entérocœlie, ni le système nerveux n'a pu se différencier tout le long de la face ventrale; celui-ci s'est d'abord borné à paraître dans le lobe céphalique. L'un et l'autre système organique se trouvent refaits par l'activité de cellules spéciales ou téîoblastes, processus que Wilson* déclare avec raison ne pouvoir être primitif. Ces téloblastes (fig. 767) nous semblent les disques réparateurs d'une forme entravée; et ce n'est point une objection à notre manière de voir que ces cellules soient de très bonne heure reconnaissables, au cours même des phénomènes de gastrulation, car les disques imaginaux qui réparent l'Insecte parfait ne sont pas moins visibles sur la Chenille avant aussi qu'elle ait commencé aucune métabolie. Ce sont des phénomènes très comparables et qui ne sont pas plus embarrassants dans un cas que dans l'autre.
Privée de mésoblaste et de système nerveux périblastoporîque, la larve a sa cavité de segmentation comblée par un mésenchyme