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Fig. 53. — Schéma de la flexion du Gas- Fig. M. — SrlK^ma de renroulement du

téropodc déjà tordu. Gastéropodc déjà tordu et fléchi.

Mêmes lettres que fig. 52; T, hépato- Mêmes lettres que fig. 52; f\ hépatopancréas. pancréas.

est un refoulement vers la droite de tous les orifices qui, chez les Céphalopodes, sont repoussés du côté neural dans le plan de symétrie. Les téguments, également refoulés vers la droite, constituent un repli palléal qui limite une poche palléale principalement développée à droite. La présence de la coquille contre le côté gauche a même pour effet, dans la plupart des cas, la suppression d'une partie des organes gauches, et le Gasléropode moyen, c'est-à-dire le plus souvent rencontré, ne possède qu'un rein, qu'une oreillette au cœur et qu'une branchie. Enfin, pour être complet, le vide résultant de la suppression des organes gauches produit un appel de leurs correspondants de droite, et au résumé un déplacement de ceux-ci vers la gauche, déplacement qui simule la torsion mais qui

n'en dépend pas. La torsion étant t:, ce déplacement n'en est jamais qu'une petite fraction -'î:

L'ensemble de ces phénomènes constitue la flexion du Gastéropode, et, sans se confondre avec la torsion comme le professe Lang, elle s'ajoute à celle-ci pour augmenter la dissymétrie du corps. (Pelseneer, Amaudrut).

3° D'une façon accessoire quoique très fréquente, la coquille de plus s'enroule en hélicoïde, et cet enroulement est aussi bien indépendant de la flexion que de la torsion qui pourraient exister sans lui*.

Le sens de l'enroulement est en rapport avec le côté sur lequel est tombée la coquille ; il est dit dexUe lorsque la coquille est tombée h gauche, c'est-à-dire dans le cas le plus fréquent, senestre dans le cas contraire. Les deux termes dextre et senestre ont été définis de p. ^ diverses façons qui sont équi-

I. - Coquille senestre [Physa gigantea). valcutCS ; pratiquement OU

II. - Coquille dextre [Lymnea stagnalis). pg^^ adopter la Suivante

(fig. 55) : « L'observateur « place la coquille la pointe en bas et l'ouverture dirigée vers le € côté où lui-même regarde. Si l'ouverture ainsi posée est en outre « située sur la droite de l'observateur, la coquille est dite dextre; « si l'ouverture est h gauche de l'observateur, la coquille est € senestre. »

Au résumé torsion ^ flexion, enroulement sont chez le Gastéropode trois séries indépendantes quant h leur nature, mais dont les effets concordent, parce que tous ils ont pour résultat d'accentuer, toujours dans le même sens, la dissymétrie du corps.

Puisque, pour comprendre le caractère fondamental du type Gastéropode, nous avons été amenés à considérer la morphologie générale du système nerveux, achevons en quelques mots de tracer les grandes lignes de sa disposition. Les organes des sens auxquels il se relie : les tentacules, les organes tactiles, l'œil et l'otocyste reçoivent des nerfs qui, en tous les cas, partent des ganglions cérébroïdes. La

t. L'indépendance de la torsion et de l'enroulement est manifeste si l'on pense que la première est toujours égale à tt et le second h (2/i + j^,,jir

généralité du fait, qui paraissait douteuse pour les otocystes, la plupart du temps situées dans le voisinage des ganglions pédieux, fut établie d'une façon péremptoire par de Lacaze-Duthiers et depuis bien des fois

contrôlée. l- iCB

La morphologie semble dans la circonstance apporter une preuve à la loi statique suivante :

€ Les ganglions cét rébroïdes jouent le « rôle de cerveau « et innervent les € organes des sens, € et réciproquement € les organes des € sens sont toujours « innervés par les € ganglions cérébro- € ides. » La réciproque cependant n'est pas vraie, et de La-

CAZE-DUTHIERS lui-

même a découvert chez les Gastéropodes un organe sensoriel nommé depuis osphradiuniy organe situé sur le côté droit chez les formes dextres, sur le côté gauche chez les formes senestres, auquel aboutit un fort nerf issu du ganglion GZ^ droit ou gauche suivant le cas.

Le tube digestif, par le déplacement de l'anus résultat de la flexion, prend une forme d'ensemble recourbée en un U à deux branches inégales. La longue branche de l'U présente un pelotonnement qui se loge dans la partie du corps abritée par la coquille, et qui, obéissant à l'en-

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Fig. 56. — Organisation générale d'un Gastéropode. f, /|, !'• et 2e paire de tentacules; of, œil; gsp^ glande suprapédieuso; f/», glande pédieuse; Op, opercule; //ir, muscle columellaire — GCy ganglion cérébroïde; ot, otocyste; GX^ ganglion pédieux; GZ{, GZ^, \*' et 2«gauglion de la chaîne paliéo-viscérale — B, bouche ; /•, radula ; /•*, hépato pancréas ; A, anus — or, ouverture du corps de Bojanus, ou rénale; o^, ouverture génitale — Ce, ventricule du cœur; Co^ oreillette; AO^, aorte céphalique AO^t aorte abdominale; ap^^ ap^, artère pédieuse.

roulenient de celle-ci, a reçu le nom de tortillon. C'est également dans cette partie enroulée du corps que le foie, F(fig- 56), trouve sa place. Des glandes salivaires, ordinairement au nombre de deux paires et dont les conduits excréteurs viennent déboucher dans le bulbe, sont avec le foie les seuls accidents de la surface intérieure. Dans le bulbe, parfois prolongé par une trompe protactile, se trouve une raduldy r, mise en mouvement par des muscles spéciaux et constituée par un filament, plus ou moins long, recouvert de petites

dents cornées dont la forme, la disposition et le nombre servent à distiuguer des ordres (lig. 57).

L'appareil circulatoire montre une u région antineurale bien nette, hors de laquelle le cœur, ordinairement composé d'une oreillette, Co, (fig. 56) et d'un ventricule, 6V, est un peu déjeté sur le côté, au lieu de rester dans l'axe même du conduit général . j^ comme chez le Céphalopode ou

l'Acéphale. Cette disposition, d'ailleurs, n'est pas sans rapport avec la dissymétrie générale du Gastéropode. Quoi qu'il en soit, il résulte de cela que le ventricule paraît émettre un seul tronc, lequel se di- Fig. 57. - Raduia do Fa.r,o/«r,a ^^^e prcsquc immédiatement en Ugnaria. dcux : uuc aortc inférieure AO^y qui

Af, dent mcdiano; L, dent latérale. g^ ^gj^J Jg^S le torliUoU, et UUC aortC

céphalique AOi^ qui marche vers la tête et traverse le collier nerveux œsophagien.

Dans le milieu même du collier, l'aorte céphalique émet un tronc, qui, passant entre les ganglions pédieux et la première paire palléoviscérale, donne au long du pied le système de l'artère pédieuse, apiy a/?„ dans lequel on pourrait reconnaître un vaisseau paraneural.

Les différents conduits se terminent dans les lacunes très mal endiguées du mésenchyme, où, de maille en maille, le sang est dirigé vers l'organe de Bojanus, ou partie rénale de la cavité générale, et vers la branchie. De ces deux organes le sang revient dans la lacune péricardique, distincte évidemment de la cavité péricardique, comprise au contraire entre la paroi de celle-ci et le cœur, et de la passe dans l'oreillette qui communique avec la lacune en question.

Laissons de côté pour l'instant la portion génitale de la cavité générale, intéressante surtout par les complications de sa structure^

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et portons notre attention sur la section péricardique de cette cavité. Dans le cas ordinaire chez les Gastéropodes, cette portion péricardique de la cavité générale se prolonge d'un seul côté, du droit le plus souvent, par une région qui va s'ouvrir au dehors en or, et qui est la région néphridienne ou rénale. Ses parois, épaissies par une abondante concentration de mésenchyme (lig. 58), sont en outre creusées de lacunes, dans lesquelles arrive, comme nous venons de le dire, une partie du liquide hémolymphatique répandu dans les lacunes générales, et de la sorte ce liquide trouve en cet endroit une communication d'osmose avec le milieu ambiant.

En plus de cet organe excréteur néphridien, tout à fait ordinaire en somme, les Gastéropodes possèdent des glandes variées. Parmi les plus importantes, il convient de signaler la glande hypobranchiale située à la base de la branchie, ou bien entre celle-ci et le rectum.

Chez certains Gastéropodes, la glande hypobranchiale, ou une partie spécialisée de celleci, produit une substance qui, sous l'influence de la lumière, prend une coloration rouge violacée, et peut être utilisée pour teindre des étoffes : c'est la pourpre antique.

Dans la partie moyenne du pied existe assez souvent une forte glande, gp (fig. 56), qui s'ouvre au dehors par un petit pore médian. La sécrétion généralement muqueuse sert à lubrifier les corps sur lesquels rampe l'animal et à faciliter son glissement. Cette glande pédieuse est l'homologue de la glande h byssus des Acéphales.

Sur la surface du métapodium, certaines régions de l'épiderme produisent un dépôt corné ou calcaire sur lequel s'attache la partie musculaire du pied. C'est Vopercule, Op, enroulé en sens inverse de la coquille, et susceptible d'obturer la bouche de celle-ci lorsque l'animal est entièrement rétracté.

Nous donnerions une trop incomplète idée de la classe des Gasté-

Fig. 58. — Corps de Bojanus et péricarde chez les Gastéropodes.

K, ventricule du cœur; O, oreillette; Ao, aorte P, péricarde; rp^ communication rcno-péricardique — G, paroi épaissie et lacunaire de la cavité rénale ; R, région à paroi non épaissie ; cr, conduit rénal ; or^ son orifice.

ropodes en ne faiscint pas savoir que plusieurs ordres très importants [Opisthobranches, Pulmonés] ne présentent pas la torsion que nous avons considérée comme fondamentale pour caractériser la classe. Leur système nerveux, autrement dit, n'est fSiS chiastoneure mais orlhoneure^, c'est-à-dire que sa disposition est exactement pareille à celle que nous avons donnée [fig. 14] dans les caractères de Tembranchement. Il peut alors sembler surprenant que nous n'ayons point choisi ces Orthoneures comme type de notre classe. Nous serons justifiés de ne l'avoir point fait quand nous aurons montré plus loin, que l'orthoneurie des ordres que nous venons de citer, tout en affectant la figure de l'orthoneurie typique, diffère de celle-ci, non pas seulement d'une manière, mais de plusieurs manières très compliquées.

Quand nous aurons en outre prévenu que, parmi ces Orthoneures, dans l'ordre des Pulmonés, composé d'animaux qui vivent à terre ou à la surface des eaux, la branchie est supprimée et remplacée, au point de vue fonctionnel, par un lacis de lacunes situées sur le repli palléal de son côté qui borde la cavité palléale, il ne restera plus à signaler, pour avoir une connaissance très complète de la classe, que des caractères secondaires, intéressants sans doute, mais incapables de transformer d'une manière importante l'idée que nous nous sommes faite du type Gastéropode.

1. Nous indiquons à cette occasion les Pulmonés tels que Hélix ou Lymnées qui sont enroulés, fléchis, mais non tordus, et qui montrent ainsi l'indépendance des phénomènes d'enroulement, de flexion et de torsion.

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