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CHAPITRE IV

Division en Classes du Sous-Embranchement des Arthropodes.

Nous avons déjà, par Tindication de leurs caractères, tracé dans rembranchement des Articulés deux sous-embranchements : celui des Arthropodes (III a) et celui des Vers annelés (III i); nous allons maintenant y distinguer les classes, et d'abord étudier à ce point de vue le sous-embranchement des Arthropodes. 11 comprend les Insectes j \qs Myriapodes^ les Arachnides et les Crustacés. x\,

III. aa. Classe des Insectes. — Les Insectes se reconnaissent aisément à leur corps recouvert d'une substance cornée ou chitineuse et divisé en un certain nombre d'anneaux, qui, par des soudures plus ou moins complètes, se groupent en trois régions nettement séparées : la tête, le thorax, et Vabdomen.

La tète porte une première paire d'appendices articulés, dont la forme varie dans le détail en ce qu'elle peut être effilée ou renflée en massue ou terminée par un certain nombre de lamelles, etc., mais qui toujours servent comme organes de tact. Ce sont les antennes.

Sur les deux côtés de la tète sont placés deux gros yeux, qui ont ce caractère particulier d'être composés, c'est-à-dire formés par l'agglomération d'un grand nombre d'unités dont chacune pourrait à elle seule accomplir la vision. Celte composition est traduite à l'extérieur sur la surface oculaire par la subdivision de celle-ci en un grand nombre de petits polygones juxtaposés en mosaïque.

Fig. 59. — Tète d'un Insecte

(Orthoptèrc).

<r, yeux composés; or, ocelles ou

stemmiites; an, antennes; /, labre;

pm, palpes maxillaires; pi, palpes

labiaux.

Ihr

En outre de ces deux gros yeux composés, ou trouve sur le sommet de la tète un nombre variable de stemmates ou ocelles dits aussi yeux simples, parce que chacun est constitué comme Tune des unités dont nous avons signalé la présence dans les yeux composés (fig. 59).

La tète porte encore l'orîfice buccal, et celui-ci est entouré par trois paires d'appendices appropriés h la préhension ou à la mastication des aliments. Ces trois paires d'appendices sont la seule indication par laquelle se distinguent les anneaux constituant la tête, et sans laquelle ils sembleraient entièrement fusionnés. Parleur position relative, ces trois paires d'appendices sont groupées en un système absolument constant et réductible à un schéma unique, ainsi que Ta montré Savigny en 1810. Mais d'autre part, en raison

de la nature des aliments que rinsecte emprunte au milieu extérieur, la forme de ces appendices est susceptible de très grandes modifications. Cette dernière catégorie de phénomènes trouvera sa place dans les parties cinématique et dynamique de l'ouvrage. Nous allons ici nous borner à tracer le type général. Au-dessous d'une pièce chitineuse impaire, Ibr (Hg. 60), labre ou lèvre supérieure, qui semble èlrc une simple expansion des téguments de la tête, existe une première paire d'appendices, J/Z), nommés mandibules^ généralement simples.

La seconde paire des appendices buccaux, i^/-Yi, est formée des premières ma.iilles ou mâchoires. Chacune de celles-ci se décompose en deux séries de pièces, l'une interne, miy et l'autre externe, me^ dite galea ou casque en raison de sa forme assez souvent recouvrante. A ces deux séries il convient d'en îijouter une troisième, /7/7I, le palpe maxillaire, formé d'articles successifs ordinairement au nombre de quatre. Les deux appendices de la troisième paire se réunissent sur la ligne médiane et se soudent pour former un appareil médian. Ce sont les secondes maxilles^ mx^, dont l'ensemble est aussi appelé lèvre inférieure ou labium. Malgré la sou-

pin -m

Fig. 60. — Pièces buccales d'un Insecte broyeur.

Ibr^ labre; MD, mandibule; AfJTi, première maxille ; mi, pièce interne; me, pièce externe ou galea; />/», palpe maxillaire; st, tige de la maxille; LB, labium, ou lèvre inférieure; mx^, seconde maxille ;p/, palpes labiaux; ep, cpipharynx; Ay, hypopharynx; B, bouche.

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dure, on distingue encore la partie interne et la partie externe de chaque appendice, flanquées sur les côtés par les palpes labiaux, y;/, où Ton compte en général trois articles.

En plus de ces pièces fondamentales, on aperçoit aussi deux petiles pièces chitineuses, Vépipharynx, cp^ et VhypopharynXy hy, que nous signalons ici en raison du grand développement que parfois elles peuvent prendre.

La seconde région du corps ou thorax résulte de la réunion de trois anneaux, entièrement confondus du côté antineural (dorsal), mais dont les lignes de séparation sont parfaitement visibles du côté neural. Cette distinction suffisante a fait désigner, en partant de l'extrémité céphalique, ces trois anneaux par les noms respectifs de prothoraXy pt, mésothorax y mt, et metathorax y mlt^ (fig. 61).

Chacun d'eux porte de son côté neural une paire d'appendices locomoteurs ou pattes.

Du côté antineural, le mésothorax et le métathorax seulement donnent insertion à une paire d'expansions tégumentaires, les ailes, qui servent pour le vol.

Au résumé, l'Insecte

possède donc trois paires de pattes et deux paires d'ailes. Chaque patte se compose d'articles mis bout h bout, le type ordinaire est représenté sur la figure 61. Le nombre des articles est assez peu variable, sauf en ce qui concerne ceux du tarse; et la variation de ceux-ci sert à distinguer des tribus dans certains ordres (par exemple dans celui des Coléoptères).

Les ailes, par leur consistance variable suivant leur plus ou moins grande pénétration par la chitine, par leur forme, par leur grandeur qui peut être très réduite ou nulle, servent à caractériser des ordres.

L'abdomen, troisième région du corps, est formé d'anneaux toujours distincts de tous les côtés, et en nombre constant.

On n'y reconnaît aucun appendice net. Sur les anneaux de

Fig. 61. — Extérieur de riuscclo (nymënoptère).

an, antenne; <r, œil; pt^ prothorax; mt, mësothorax, nitt^ métathorax; a], aj, première et deuxième paires d'ailes; Cy coxa; t, trochanter; f, fémur; ti^ tibia; ta^ tarse; AB^ abdomen.

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VT

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Fig. 63. — Organisation générale do l'Inseclc.

<r, œil composé; an^ antenne; a6, appendices buccaux; st, stigmates; FF, réservoir trachéen; «, tube trachéen — 6X', ganglion cérébroïde; GX, ganglion de la chaîne ventrale — B, bouche ; A y anus; tU, tubes de Malpighi — ma, muscles des ailes; to, tubes ovariens; ov^ ovaire; rx, réservoir séminal ; ^f, glande annexe (venimeuse}; og-, ouyerturo génitale — CŒ \ya) vaisseau anUneural, région cardiaque; vd, v.iisscau dorsal; //m/, muscles aliformes.

rabdomen existent, en nombre d'ailleurs variable, des orifices ou stigmatesy st, (fig. G2) qui conduisent dans les tubes trachéens par lesquels Tanimal respire. Ces stigmates existent également sur le méso- et le meta thorax.

La surface intérieure du corps de rinsccte est, de la bouche à Tanus, plus ou moins contournée suivant le régime herbivore ou Carnivore de l'animal. Elle présente un certain nombre de dilatations qui jouent dans la digestion les rôles de Testomac et qui sont : le jabot, le gésier, et l'estomac sécréteur.

Les plissements de la surface digestive forment des glandes salivaires en nombre variable, et une paire de glandes anales.

Une des paires de glandes dites salivaires, celle qui peut en certains cas filer la soie, doit être distinguée des autres en ce que son ouverture dans la région buccale est en fait en dehors de la surface intérieure; cette ouverture est sur la surface extérieure, à la base de la deuxième paire des appendices buccaux. C'est une de ces glandes dites coxales^ dont nous trouverons beaucoup d'autres exemples chez les Arthropodes. Les replis de la surface interne, qui sont les plus spéciaux aux Arthropodes, sont les tubes de Malpighi, tM, Ces tubes sont, suivant les ordres, plus ou moins nombreux; on en compte depuis deux jusqu'à cent; ils débouchent dans le

LES CLASSES d'aRTIIROPODES 101

tube digestif en une région très restreinte et que Ton est convenu de prendre pour limite du rectum.

Dans les tubes de Malpighi on rencontre des cristaux d'acide urique, substance qui n'est en aucun cas produite par la digestion ou utilisée dans la digestion; on la trouve au contraire en tous les cas dans la région de la cavité générale qui s'ouvre au dehors et qui établit des communications osmotiques entre le liquide hémolymphatique et le milieu ambiant. L'acide urique signale cette osmose et en est le résultat.

Donc, chez l'Insecte, l'osmose entre le liquide hémolymphatique et le dehors a lieu sur une région localisée de la surface intérieure.

La néphridie étant ainsi remplacée dans son rôle, c'est une raison pour ne point s'attendre à découvrir de communication entre la cavité générale et le dehors. Il n'en existe pas en effet, et la cavité générale ne communique avec l'extérieur que dans sa partie différenciée en organes génitaux ou en glandes venimeuses et coxales.

Une paroi de la cavité générale, fortement épaissie, est transformée en masses musculaires, moy qui font mouvoir les pattes et les ailes sur les anneaux auxquels elles appartiennent et les anneaux du corps les uns sur les autres. Le reste de la cavité générale, prodigieusement refoulée de toutes parts, mal endiguée par la partie restée mince de sa paroi, communique par places avec les lacunes du mésenchyme^ que nous en avons distinguées jusqu'ici. C'est dans cet ensemble anfractueux de cavités et de lacunes, que baignent d'une part les tubes de Malpighi, ainsi que nous l'avons dit, et^ d'autre part, un amas de conduits excessivement ramifiés, qui se raccordent sur la surface extérieure aux stigmates et conduisent l'air atmosphérique jusque dans la profondeur du corps. Ces tubes ou trachées sont maintenus béants par un petit épaississement chitineux qui se poursuit en spirale sur presque toute leur longueur (fig. 63). L'abondante rami-

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Fig. 63. — Fragment de trachée d'Insecte. ecj oxine cellulaire; n, noyaux; /, iniine chitinisée.

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