‹ La forme et la vieChapitre 5 sur 243 · Cuvier, ibid., p · texte numérisé non relu

Cuvier, ibid., p

des corps vivants leur est plus essentielle que leur matière.* » — En d'autres termes, il n'y a pas lieu de chercher à savoir si le reste du Cosmos peut avoir une action quelconque sur cette forme ou dans quelque mesure contribuer à la déterminer. Elle est donnée, elle est abstraite de tout. La science de la forme, la Morphologie, est alors à ce point de vue statique indépendante de toute autre science, elle a un objet donné, auquel il suffit d'appliquer la méthode scientifique générale, et nous le ferons dans les pages suivantes.

Il y a bien toutefois une catégorie de phénomènes ayant pour siège les corps vivants et au sujet desquels il est impossible de faire abstraction complète du reste des objets; mais on réduit au minimum l'attention qu'on y prête. Suivons encore à ce sujet Cuvier, le maître incontesté le plus puissant et le plus intransigeant de la Statique.

€ Le premier point qui nous frappe dans Télude de la vie, c'est € cette force des corps organisés pour attirer dans leur tourbillon c des substances étrangères, pour les y retenir pendant quelque € temps après se les être assimilées, pour distribuer enfin ces « substances devenues les leurs dans toutes leurs parties, selon les € fonctions qui doivent s'y exercer.

« Ce pouvoir présente trois objets d'étude. Il faut voir quelles € matières ces êtres attirent et ce qu'ils en rejettent. Le résidu fort mera leur matière propre : c'est la partie chimique du problème.

€ Il faut décrire ensuite les voies que ces matières traversent « depuis leur entrée jusqu'à leur sortie : c'est la partie anatomique.

c II faut examiner enfin par quelles forces ces matières sont € attirées, retenues, digérées et expulsées : on peut nommer cette « recherche la partie dynamique ou proprement physiologique.

Telle est, exposée avec une admirable lucidité, la nature des rapports minima, abstraction faite de tout le reste, que la Physio^ logie statique veut bien reconnaître entre les vivants et le Cosmos. Et, par une heureuse rencontre, Cuvier aussi emploie le terme dynamique; mais par là, il veut exprimer l'étude des actions que la cause € être vivant ji c force vitale* » détermine sur une petite partie du monde, la seule qu'il lui plaise de considérer, celle qui est en quelque sorte choisie par l'animal. On doit voir quelles matières ces êtres attirent et ce qu'ils en rejettent, on doit voir dans le milieu juste l'aliment et l'excrément, et par suite faire abstraction de ce que les animaux subissent sans le chercher, par exemple de la pesanteur, de la chaleur, du froid, de leurs variations saisonnières, etc., etc.

L'animal n'est pas situé dans le monde ambiant comme actif et passif au même titre que tout objet quelconque; le monde ambiant

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