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CHAPITRE II

Théorie Cellulaire — Protoioaires et Métazoaires.

Nous avons dû, au début de ce livre, nous contenter d'invoquer la connaissance banale et nous n'avons défini d'une façon scientifique ni l'être vivant, ni l'animal.

Les renseignements sur la cellule, que nous venons d'acquérir au chapitre précédent, nous permettent d'indiquer à présent pour définir l'être vivant, un caractère absolu, adéquat et précis. L'être vivant est une cellule ou un composé de cellules.

Cette définition s'applique naturellement à l'animal; mais elle comprend aussi le végétal. Il y aurait lieu de voir à l'occasion s'il est possible de séparer l'un de l'autre ces deux groupes d'êtres par un signe objectif et qui ne soit pas de pure convention.

Pour le moment, contentons-nous d'examiner les caractères les plus généraux de l'animal, ceux par lesquels il est aussi un être vivant. Dès 1835, F. Dujardin, professeur k la Faculté des sciences de Rennes, avait reconnu une substance mucilagineuse qu'il nommait le sarcode, et qui, constituant tout le corps des êtres inférieurs aussi bien que les tissus des animaux supérieurs, établissait l'unité de structure pour les vivants ; mais sa découverte n'eut pas d'abord tout le retentissement qu'elle méritait.

Il était réservé au botaniste Schleiden (1838) et surtout au zoologiste ScHWANN (1839) d'introduire sans conteste le principe de cette unité dans la science. Schwann, cependant, avait sur la cellule même et sur sa genèse des idées autrement confuses que celles de notre compatriote. Nous croyons devoir les rappeler en quelques lignes, parce que quelques savants contemporains tendent à les restaurer en respectant bien entendu les connaissances techniques acquises depuis lors.

Le zoologiste allemand imaginait pour les cellules une formation spontanée, par une sorte de condensation autour d'un point central, au sein de la substance amorphe qui relie entre elles des cellules déjà existantes. Le point central de la condensation devient le noyau et la cellule se développe à l'entour, constituée à son achèvement par un noyau, une membrane et un vague contenu.

Ce contenu, dont Dujardin avait déjà montré l'importance, ne vit

enfin consacrer son essentiel intérêt que par le botaniste Hugo Mohl et sous le nom de protoplasme, comme nous Tavons déjà dit.

Quoi qu'il en soit des ignorances de Schwann relatives aux diverses parties de la cellule, nous voulons seulement mettre en évidence que pour lui Têtre vivant préexiste à la cellule ; celle-ci n'est en quelque sorte qu'une différenciation élémentaire dans la masse de celui-là. Nous pourrions autrement dire, pour préciser sa pensée : l'être vivant n'est point produit par la multiplication des cellules j mais la cellule est produite par la division de l'être vivant.

Parmi les biologistes contemporains, si quelques-uns, Whitman, A. Sedgwick, y. Delage, tendent à revenir à cette conception (et nous indiquerons^ les faits qui les y déterminent), l'immense majorité, au contraire, conçoit les phénomènes de la façon que nous allons exposer.

Dans la théorie cellulaire, c'est-à-dire dans celle où l'on considère la cellule comme une unité biologique de très grande importance, il est naturel de séparer les animaux en deux groupes fort distincts suivant qu'ils sont composés d'une seule cellule « Protozaires » ou de plusieurs cellules « Métazoaires m.

Dans le premier cas, la cellule indépendante exécute toutes les fonctions de la vie; dans le second, chaque cellule, vivant aussi pour son compte personnel, a néanmoins sa vie modifiée parce qu'elle dépend des cellules avec lesquelles elle se trouve toujours liée dans une forme fixe.

Un Métazoaîre n'est pas, ni quant à sa forme, ni quant à sa vie, un simple amas ou une simple somme de cellules toutes semblables entre elles; il est une intégrale d'éléments infiniment petits par rapport à lui (les cellules), et qui suivent une loi donnée de variation, n'étant pas en effet tous égaux entre eux mais écartés du type abstrait que nous avons décrit, les uns dans un sens, les autres dans un autre.

Cette notion du double aspect de la vie cellulaire dans le Métazoaire, d'une part, vie personnelle d'ailleurs modifiée, et, d'autre part, simple différentielle dans la vie intégrale de l'ensemble, se trouve énoncée déjà dans les mémoires de Schleiden et de Schwann.

Le rapport entre les différences de forme que présentent les cellules et le rôle qu'elles jouent dans l'organisme est signalé par H. Milne-Edwards à l'aide des expressions de différenciation orga^ nique et de division du travail physiologique y symbolique parfaitement adéquate à la constitution d'un Métazoaire.

Si les rapports réciproques de la cellule accomplie et du Métazoaire adulte dont elle fait partie n'ont été que précisés sans être

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