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THÉORIE CELLULAIRE

modîfiés depuis l'origine de la théorie cellulaire, il n'en est pas de même des rapports entre Tdnité cellulaire et l'organisme en formation .

Nous avons vu que Schwann considérait la cellule comme différenciée progressivement dans une sorte de blastème amorphe, qui donc constituait déjà l'organisme. La production cellulaire était pour lui un effet y non une cause d'organisation. Tel est le premier stade théorique.

Sur ces entrefaites, on s'aperçut que l'œuf des Métazoaires est une cellule, et la dernière difficulté que les gros œufs d'Oiseaux ou

Fig. 118. — Trois stades successifs dans la segmentation d'un œuf de Batracien.

de Reptiles paraissaient apporter à cette conception fut levée en 1861 par Gegenbaur.

Déjà en 1824 Prévost et Dumas avaient observé que l'œuf de la Grenouille commence son développement en se fragmentant en un nombre progressivement croissant de petites masses (fig. 118) qu'on appelait d'abord 5/;Aères de segmentation. Les recherches de von Baer (1834), de RuscoNi (1836) et de von Siebold (1837) montrèrent que le processus est général; et l'on finit par s'apercevoir que, si l'œuf est une cellule, les sphères de segmentation en sont d'autres qui proviennent de la première par division.

En 1840 ViRCHow émettait son aphorisme célèbre : Omnis cellula e cellule y et lorsque Bisghoff eut, en 1843, montré sur le Lapin que les cellules de la segmentation deviennent les cellules du corps lui-même, il parut évident que la division cellulaire et la formation des cellules sont la cause de r organisation et non point son effets comme le croyait Schwann.

Tel est le second stade théorique auquel sont restés la plupart des morphologistes.

Les objections qui sont aujourd'hui par quelques auteurs élevées contre cette manière de voir sont de diverses sortes.

Les unes, celles de Whitman*, ont trait au pouvoir de différen-

1. WHnPMAN. The Tnadequacy ofthe Cell-Theory of Development. J.of Morph. T. VIII, 1893, p. 639-658.

ciatioD; elles sont d'ordre purement cinématique et nous les étudierons plus loin. Les autres, celles de A. Sedgwick* ont trait à la non-fragmentation du Métazoaire en cellules distinctes et séparées, équivalant chacune à un Protozoaire.

D'après lui, toutes les cellules qui forment l'organisme sont réunies les unes aux autres par de grêles prolongements qui constituent à travers la masse générale un réseau protoplasmique continu, aux nœuds duquel se trouvent des noyaux. Ce sont les nœuds élargis du réseau que l'on prend pour des cellules capables d'une certaine indépendance. En d'autres termes, le Métazoaire ne serait pas, pour l'auteur anglais, une somme ou un agrégat d'éléments ayant chacun une valeur de même ordre qu'un Protozoaire ; mais tout l'organisme continu serait équivalent à un Protozoaire de très grande taille,

plurinucléé et subissant des différenciations locales.

Cette conception peut avoir quelque intérêt pour ce qui regarde la valeur des phénomènes de différenciation et l'importance du noyau, qui deviendrait ainsi l'unité biologique. Elle pourrait par là changer le concept « cellule »

que A. Sedgwick appelle pittoresquement « the cell-phantom » et aussi préciser celui d' « individu »

ce qui ne serait pas un mal. Mais au point de vue statique, attendu que les faits dont se prévaut l'auteur anglais ne sont ni généraux ni très fréquents, ils ne peuvent changer les notions que la théorie cellulaire a données sur le Métazoaire. La dépendance cellulaire, en effet, a surtout pour fondement des propriétés d'osmose entre les masses cellulaires à l'intérieur de l'être.

Qu'importe alors pour cet objet que les cellules soient des unités tout à fait séparées les unes des autres ou encore reliées par des fils ténus?

Deux ballons de baudruche. A, Jff, (fig. 119) placés côte à côte dans un même liquide seront-ils en communication plus ou moins grande si on les relie par le tube capillaire, c? En aucune façon. Les échanges qu'ils pourraient faire entre eux par cette voie sont presque nuls en face des échanges d'osmose réalisés sur toutes les surfaces. Réduisons toute cette figure à des dimensions microscopiques, et

Fig. 119. — i4, B, deux ballons à paroi perméable plongés dans un liquide; c, communication capillaire qui ne modifie pas sensiblement l'osmose.

2. A. Sbdowick. On the Inadequaey of the cellular theory of development. etc .., Q. J. of Micp. Science, 1895, T. XXXVIÎ. p. 87.

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nous voyons qu'en ce qui concerne leurs rapports dans l'organisme, rien n'est changé pour les cellules si elles sont séparées ou si elles sont réunies.

Nous exposerons donc les phénomènes en admettant que les cellules sont des centres suffisamment individualisés tout au moins pour qu'il puisse être question de chacun d'eux à part. Nous reviendrons d'ailleurs ultérieurement sur ce point important afin de préciser la mesure dans laquelle il modifie les idées sur la différenciation, ce qui est un point de vue tout autre.

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