Uektwig. Pre formation oder Epigenese ? lS9k
4. E. B. Wilson. The cell in development and Inheritance. 6. Voir Cinématique Technique. La Structure, ch. VII.
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Arrivons à l'atome véritable, dont le caractère par rapport à la donnée sensorielle est toujours d'être invisible. C'est un pur concept, en tous cas. C'est Vanité introduite en laquelle se décompose la cellule (concept fondé sur la fréquence) et qui se perpétue identique à elle-même indéfiniment. On voit comment ces doctrines négligent V assimilation et l'extraction de la vie hors du non-vivant, c'est-à-dire, en notre symbolique, toutes les manifestations dynamiques.
Beaucoup d'esprits sont arrivés à la conception de Vatome biolo^ gique et, au lieu de l'appeler simplement l'atome, on lui a donné des noms divers, pensant sans doute échapper à la Métaphysique en employant des termes qui n'y seraient pas encore connus. Voici au reste quelques échantillons de ces noms.
Physiological units (Spencer), gemmules (Darwin), pangènes (de Vries), plasomes (Wiesner), niicelles (N aegeli), plastidules (Haeckel et Elssberg), inotagmata (Engelmann), biophores (Weismann), hio" blastes (Beale), somacules (Forster), idioblastes (Hertwig), idiosomes (Whitman), biogènes (Verworn), microzymas (Bechamp et Estor), gemmse (Haacke).
Les doctrines en question ont le même fond théorique, qui consiste à reporter sur l'atome toutes les qualités du corps qu'il est censé constituer, et à échapper ainsi à toute recherche d'explication ; elles sont seulement raccordées d'une façon plus ou moins ingénieuse à la technique contemporaine de chaque auteur. A titre d'exemples, nous nous contenterons d'examiner celles de Naegeli, de Darwin et de Weismann.
D'après Naegeli, le protoplasme d'un œuf est composé de deux parties, l'une, le trophoplasme^ dont les propriétés sont générales et peu intéressantes, l'autre, Vidioplasme, caractéristique du germe de chaque espèce. L'œuf du Lapin diffère de l'œuf du Pigeon parce que leurs idioplasmes diffèrent entre eux autant que le Lapin et le Pigeon. C'est le principe statique posé dès le début : il suffit, et point ne serait besoin d'ajouter autre chose. Naegeli cependant suppose que l'idioplasmc est composé d'atomes ou de micelles, unités communes à tous les idioplasmes mais diversement groupées; et ce sont les arrangements différents qui caractérisent chaque idioplasme.
Darwin a donné à sa théorie atomique le nom de Pangenèse parce qu'il pense qu'elle est nécessaire et suffisante pour expliquer les faits d'hérédité dans tous les cas de genèse : fissiparité, réparation des lésions, bourgeonnement, sporogenèse, conjugaison et reproduction sexuelle.
Tous ces phénomènes doivent être étudiés en Cinématique et, s'il reste après cela quelques obscurités, on doit pour les faire disparaître
élargir le problème, augmenter la complexité des données, et transporter le sujet dans le domaine dynamique. Au lieu de cela, Darwin le restreint et cherche à lui faire subir la réduction statique qui consiste à introduire la discontinuité sous forme d'unités et d'atomes.
En effet, quand les cellules se divisent, Darwin émet l'hypothèse qu'elles engendrent de petits granules ou gemmules ^ ou atomes, qui se dispersent dans l'organisme tout entier. Influencé par les idées contemporaines sur la naissance des cellules, Darwin admet que, suffisamment nourries, les gemmules se développent ultérieurement en cellules pareilles à celles dont elles sont issues. Les éléments sexuels sont formés par la réunion des gemmules issues de toutes les régions du corps.
Il est évidemment bien simple alors d'expliquer tous les phénomènes puisqu'on doue l'atome, que l'on ne connaît pas, de toutes les propriétés des cellules, et le germe de toutes les propriétés de toutes les cellules. Il suffirait de dire cela, attendu que le concept gemmule n'introduit rien de plus que la notion d'unité et de quantité pour la substituer à celle de qualité, d'une façon qui semble donc appropriée à l'essence même de la spéculation scientifique, et qui cependant ne l'est pas du tout, car la quantité introduite n'est en aucune façon mesurable et, par suite, ne transforme en rien la donnée accessible aux sens.
Il n'est pas utile de suivre Darwin dans les applications qu'il fait de son arbitraire hypothèse et dans les explications qu'il en tire. Passons immédiatement aux théories de Weismann qui au fond ressemblent beaucoup aux précédentes.
Ses préoccupations initiales sont relatives aussi à l'hérédité des qualités. Un œuf, simple cellule, arrive par des divisions répétées h produire une masse de cellules différentes entre elles et différentes de lui-même. Ceci n'a pas lieu instantanément ni sans gradations, mais se réalise au contraire par des processus continus en fonction du temps. L'étude doit donc en être h tout le moins cinématique, et, pour résoudre les difficultés qui demeurent encore, il faudrait, nous le répétons, voir le sujet dans une complexité plus grande, et saisir les actions réciproques du milieu et de l'œuf à mesure que croit celui-ci en empruntant des matériaux hors de lui, en réalisant des acquisitions qui sont fonctions de la composition du milieu ainsi que de la composition propre de l'œuf et de sa structure. C'est la répétition rythmique des mêmes phénomènes et des réactions identiques des mêmes facteurs internes et externes que nous nommons hérédité; et le rythme même n'est absolument régulier que dans la mesure où tout demeure constant.
Loin de cela, Weismann simplifie le problème; il supprime la
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conception du réle des facteurs externes ; il supprime le jeu régulier des introductions matérielles en fonction du temps, ou plutôt il lui fixe implicitement une règle arbitraire comme nous allons le montrer; il ne croit pas que l'hétérogénéité consécutive à la différenciation puisse avoir été causée par la vie elle-même. Il suppose que si on voit snn^enir cette hétérogénéité à un moment donné, c'est qu'auparavant elle était déjà dans Tœuf, quoique non manifeste. N'est-ce pas là introduire volontairement des déterminations statiques qui n'ont rien d'objectif?
Une fois engagé dans cette voie il ne reste qu'à la suivre jusqu'au bout. Le corps divisé en cellules hétérogènes constitue le soma, les cellules génitales ou le germen gardent sous un aspect homogène l'hétérogénéité latente. Les cellules somatiques forment yn ensemble hétérogène, mais chacune est homogène en ce sens que de divisions en divisions elle n'a plus gardé qu'une détermination: il faut bien dire le mot.
Delbœuf, dans un article intéressant^ émet la proposition suivante : Soit un sac contenant 1.000 boules blanches et 1.000 boules noires; divisons-le en deux moitiés, complétons chaque moitié porportionnelle^ ment au nombre de blanches et de noires qu'elle contient. Redivisons chaque sac et complétons-le de la même façon que précédemment. Au bout d'un nombre suffisant d'opérations nous finirons par n'avoir que des sacs tout blancs et tout noirs. Le calcul le prouve.
Il a parfaitement raison, et la théorie de Weismann consiste seulement à prétendre que la croissance et la différenciation sont des opérations du genre de la précédente.
Si nous disions en effet : 1^ que l'œuf est un sac rempli de boules rouges, blanches, bleues, noires, etc; 2^ qu'il se divise en deux, que chaque nouveau sac se redivise en deux, etc ; 3<> que chaque sac après sa division est rempli proportionnellement au nombre de boules rouges, blanches, bleues, noires, etc., qu'il contient ; 4** on pourrait conclure qu'après un nombre de divisions suffisant, on n'aurait plus que des sacs tout rouges, tout blancs, tout bleus, tout noirs, etc.
Voyons le rapport avec la théorie de Wrïsmann : il suffit d'écrire cellule à la place de sac et bîophore à la place de boule. 1® L'œuf est une cellule remplie de biophores variés. Qu'est-ce qu'un biophore? Peu importe ; il joue vis-à-vis de la cellule le même rôle que tout à l'heure la boule par rapport au sac, et, à la suite de divisions répétées, on n'aura plus que des cellules à une sorte de biophores : les unes nerveuses, les autres musculaires, les autres conjonctives, etc. Le biophore est en quelque manière la vision quantitative et unitaire de la qualité,
1. Dblbœuf. Pourquoi nous mourons. Revue philosophique, 1891.
Reste la troisième condition que nous avons négligée et que Weismann n'a pas formulée non plus; mais elle est implicitement nécessaire à sa doctrine. Puisque tout s'y passe en effet au commencement et à la fin comme dans Fexemple de Delbœuf, nous sommes amenés à faire également concorder les phénomènes intermédiaires. Et" puisque aussi bien toute cellule, entre la division qui l'a formée et celle qu'elle doit subir, se complète en empruntant au milieu extérieur des matériaux, il faut croire qu'elle les assimile proportionnellement aux biophores qu'elle contient. Ce qui revient à dire que c'est le biophore qui assimile. C'est l'atome vital doué de toutes les propriétés de la cellule.
La représentation est assez adéquate aux faits tant qu'il s'agit du soma. Mais pour le germen ? Pour les cellules germinales qui doivent conserver tous les biophores? Il suffit de mettre une détermination statique de plus; qui empêche d'en mettre autant qu'il en faudra? Donc il y a une petite quantité du protoplasme dans l'œuf qui est mise comme à part, et qui, de cellule en cellule, passe jusqu'aux cellules génitales. C'est comme si, dans notre sac plein de boules variées, il y avait eu deux ou trois sacs plus petits, pleins de toute petites boules rouges, blanches, bleues, noires, etc., ils n'auraient pas été compris dans le jeu et seraient restés invariables et clos dans celui des sacs formés par division où le hasard les aurait mis. Mais à la fin, arrivés dans un sac homogène, ils auraient été prêts à grossir et à servir à leur tour — h la condition de contenir encore en eux d'autres petits sacs semblables prêts h fonctionner de la même façon quand leur moment sera venu.
C'est à proprement parler la vieille théorie de l'emboîtement des germes; tant il est vrai qu'il n'y a qu'une seule façon statique d'arranger les phénomènes. Ce qui varie seulement c'est le plus ou moins d'ingéniosité que l'on met à raccorder ce couronnement d'idées, pour ainsi dire immuables, aux connaissances techniques des diverses époques.
Il est à peine utile de signaler que, pour ce raccord, Weismann croit préciser en disant que les biophores sont arrangés en dèterminantSy ou si l'on veut les atomes en molécules. Les déterminants ne diffèrent entre eux que par l'arrangement des biophores. Après cela les déterminants se groupent en ides qui sont visibles, et qui sont les microsomes dont est formée la chromatine du noyau ; et les ides eux-mêmes s'arrangent en idantes, lesquels ont pour forme matérielle une anse chromatique.
Redescendons la série de réduction à l'unité. Unité cellulaire ou plutôt nucléaire c chromatique ou anse ou idante « matérielle ou chromosome ou ide
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Unité moléculaire ou déterminant « atomique ou biophore.
Cette construction théorique qui semble calquée sur celles de la Chimie est-elle pour cela acceptable ? En aucune façon, car la Chimie, arrivée au terme au-delà duquel la matière ne se laisse plus réduire et ne livre plus avec nos moyens actuels d'investigation aucune donnée sensorielle, entre, faute de pouvoir faire autrement, dans la Métaphysique et nous parle d'atomes matériels. Mais la Biologie n'a pas épuisé le champ de ses recherches, elle ne peut parler d'atome de la matière vhante avant d'avoir réduit la {>ie à la non-vie et la matière vivante à la matière tout simplement.