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CHAPITRE I

Les Abstractions de la Cinématique.

Le mouvement et le repos dans les qualités des Vivants, Existence d'une Biologie cinématique, — c II n'y a, dît Euler, entre le mouc veraent et le repos qu'une distinction purement nominale, et non € une opposition de fait, puisque tous les deux peuvent être attri- € bues en même temps au même point selon qu'on le rapporte à c des corps différents. Il n'y a entre le repos et le mouvement « d'autres différences qu'entre un mouvement et un autre. »

Le repos absolu pour un point ne peut être conçu que si l'on est capable de penser la suppression de tout l'Univers sauf ce point; et encore, ajouterons-nous, celui-ci ne peut-il être conçu comme immobile que par rapport à nous-même, dont nous admettons implicitement l'existence pour y penser.

Si donc le repos absolu est inconcevable, il est impossible d'admettre comme entièrement exact qu'il puisse être appliqué aux propriétés des animaux. Nous n'avons pu, en Statique, considérer leurs qualités comme stables qu'en faisant justement abstraction des phénomènes qui nous auraient donné la notion de leur mouvement.

En laissant de côté, par parti pris, les propriétés dont les changements sont manifestes, en considérant seulement les plus constantes

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et en les tenant pour tout h fait constantes, nous avons brutalement annulé des quantités qu'il convenait plutôt de traiter en infiniment petits, de différents ordres peut-être, et qu'il fallait en tous cas étudier et mesurer.

Rien que pour savoir si ces qualités sont vraiment d'ordre infiniment petit par rapport h celles que nous avons retenues fallait-il instituer des comparaisons et des mesures exactes? Nous aurions alors appris que les qualités négligées sont infiniment petites eu égard seulement au nombre de fois où elles sont visibles, et non eu égard a leur nature propre; et nous aurions ainsi connu que le véritable et seul objectif fondement de la Statique biologique est, comme nous l'avons fait prévoir, le caractère de fréquence. On conviendra que la première nécessité pour discuter la valeur d'un critère est de savoir discerner celui-ci.

Donc, s'il est parfaitement légitime de construire subjectivement un prototype abstrait pour un ensemble de qualités, combinant les plus générales d'entre elles, nous voulons dire les plus fréquentes^ il est ensuite nécessaire de mesurer les écarts que présente chaque réalité avec ce prototype traité comme origine commune.

Nous verrons, en le faisant, que les divers objets réels s'éloignent du prototype de quantités variables, et par suite, si le prototype abstrait est tenu pour un point fixe, les diverses réalités se présentent comme les états d'un mouvement rapporté a lui.

Les qualités des vivants peuvent donc être étudiées d'une façon cinématique, plus"" complète que la précédente et aussi moins abstraite.

D'après ce que nous venons de dire, les études de la Statique nous apparaissent maintenant comme susceptibles de fournir des concepts, repères fixes, auxquels nous devons rapporter le mouvement de qualités réellement variables. C'est à ce titre que la Statique doit être tenue pour une discipline élémentaire et initiale, et c'est pourquoi nous avons commencé par l'exposer. Au surplus, le degré de certitude et d'abstraction de sa méthode va nous apparaître singulièrement précisé par rapprochement avec celle de la Cinématique que nous allons rapidement développer.

U Isolement des^ivants dans le Cosmos, — La Biologie cinématique continue d'isoler les vivants dans le Cosmos, c'est-à-dire fait abstraction des conditions ambiantes, et ne s'inquiète pas de savoir si elles peuvent ou non déterminer la grandeur des qualités fréquentes ou rares. Ces grandeurs sont comparées entre elles, et seulement mesurées les unes par rapport aux autres. L'importante abstraction que l'on fait ainsi est, pour le dire tout de suite, la source des erreurs qui pourraient, si l'on n'y prenait garde, entacher les conclusions de la Cinématique.

Le Type et la Variation, — D'autre part, nous aurons à tenir compte de la variation et du temps.

Précisons tout d'abord ce qu'il convient d'entendre par la variation. Si on la définit comme un écart sur le type, encore faut-il chercher à savoir comment est introduit dans notre esprit ce dernier concept.

Il n'est pas douteux que le type ne soit la résultante des qualités les plus fréquentes à un moment donné.

Rien mieux que les intéressantes recherches de Galton^ ne peut nous montrer l'exactitude de cette proposition. Il a voulu, d'après ses propres termes, « rechercher seulement une méthode exacte et « compréhensive pour représenter la façon dont chaque qualité « mesurable est distribuée parmi les membres d'un groupe, soit de € frères, soit de membres d'un ensemble social ou local, soit d'une « nation tout entière ou d'une race. »

Voici sa façon de procéder exposée sur le cas particulier où il s'agit de mesurer au dynamomètre et d'exprimer en livres la force de traction. Le tableau suivant résume les données dont il fait emploi.

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